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III. Jérusalem

Un simple regard sur une concordance est instructif : sur 134 emplois du terme dans le Nouveau Testament, 88 se trouvent dans l’œuvre lucanienne (30 dans l’évangile, 58 dans les Actes soit plus du tiers des emplois). Mais il ne s’agit pas seulement d’une question de nombre : il faut plutôt considérer la place.

Dans l’évangile, Jérusalem représente un point d’arrivée : « Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem » (9,51). La raison d’un tel comportement est donnée dans un passage propre à Luc : « Mais aujourd’hui, demain et le jour suivant, je dois poursuivre ma route, car il ne convient pas qu’un prophète périsse hors de Jérusalem » (13,33). On ne s’appesantira pas sur le « il convient », peut-être relié au très difficile verset suivant sur « Jérusalem qui tue les prophètes », et dont l’origine est aussi peu claire que possible.

Dans les Actes, il est clair que Jérusalem représente un point de départ : les disciples sont d’abord invités à ne pas s’en éloigner (1,4), et leur mission est ensuite jaugée à partir d’elle (1,8). La Pentecôte a évidemment lieu à Jérusalem. Et l’annonce du salut aux nations se fait à partir de Jérusalem, après ce don.

C’est sans doute en tenant compte tout à la fois de l’évangile et des Actes que la place de Jérusalem peut se comprendre : outre son rôle central dans la spiritualité juive - pensons aux psaumes -, on ne peut négliger sa situation géographique, sur une montagne. Le mouvement de l’évangile aux Actes et au-delà constitue donc une montée - descente, une sorte de mouvement des hommes vers Dieu et de Dieu vers les hommes, un itinéraire symbolique de salut qui va de la naissance à la mort et la résurrection de tous les hommes.

Version 1.0 - septembre 1999
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