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II. La vision de Corneille

La vision qui touche Corneille n’est pas plus une vision nocturne que celle de Paul : c’est une vision de plein jour, et Luc insiste sur le fait que le centurion voyait clair. En d’autres termes, Corneille n’a pas rêvé. Pourquoi Dieu l’a-t-il choisi lui ? Dieu n’a pas besoin de raisons, mais il nous en est néanmoins donné une : parce que c’était un homme de prière et d’aumônes. Celles-ci sont « montées comme un mémorial devant Dieu » : le terme « mémorial » ne se retrouve que dans le récit de l’onction à Béthanie (Mt 26,13 // Mc 14,9) ; mais c’est un mot très courant dans les LXX, où on le trouve environ 75 fois (voir Ex 12,14 ; 13,9 etc.), où il renvoie à une chose ou un geste qui tout à la fois rappelle Dieu à l’homme et rappelle l’homme à Dieu. En ce sens, Luc, très attaché à la prière, a raison de la qualifier de mémorial.

Après la dimension spirituelle de l’événement, sa dimension pratique est évoquée dans les versets 5-8 : remarquons que Luc maintient le « suspense » en ne faisant rien dire par l’ange de l’intérêt de la venue de Pierre.

Version 1.0 - septembre 1999
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