Jean-Michel Maldamé op dominicain, professeur à l'Institut catholique Le scandale du mal Une question posée à Dieu Une lecture du livre de Job 2001 |
« De tous les livres de l'Ancien Testament, Job est le plus sublime, le plus poignant, le plus hardi, et en même temps le plus énigmatique, le plus décevant et j'irais presque jusqu'à dire le plus rebutant. Le langage est si fort, il déchaîne, comme la foudre, une telle déflagration à la fois de lumière, d'images, de son, que le lecteur reste étonné et confondu, en même temps, dès que l'homme de Hus élève la voix, qu'il est saisi aux entrailles. Quelle voix ! Qui a jamais plaidé la cause de l'Homme avec une telle énergie ? Qui jamais a trouvé dans les profondeurs de sa foi ouverture à un tel cri, à une telle vocifération, à un tel blasphème ? ». Ainsi parle Paul Claudel (Job, Paris, 1946). Le scandale du mal, une question posée à Dieu se réfère à la révélation chrétienne et donc à une approche fondée sur les Écritures et parce que sa qualité est immense, mon attention sera centrée sur le livre de Job, parce qu'il pose la question sans détour et dans sa radicalité. Pour le faire, il importe de voir pourquoi la figure de Job est si fortement contrastée. Pourquoi ? Avant de procéder à l'analyse du texte, selon les exigences de l'exégèse scientifique, il convient de souligner que le livre de Job exprime la foi d'Israël. Dieu est l'Unique ; il est créateur de tout ce qui est ; il est responsable de tout ce qui advient, du meilleur comme du pire. |