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Lecture théologique du Livre d'Isaïe Jean-Michel Maldamé op 1998 |
Pour comprendre les oracles, il faut indiquer la situation particulière qui est déterminée par les grands événements politiques qui agitent le monde. La mise en situation est nécessaire parce que si pour les auditeurs du prophète le contexte est connu, nous avons un effort à faire pour les entendre. Leur sens varie selon le contexte ; connaître le contexte permet de les comprendre - ceci apparaît dans les chapitres où l'oracle est situé dans un récit. En retour, la détermination du contexte permet de situer l'oracle dans la chronologie. Dans l'interprétation des oracles on voit se mêler concrètement, foi, religion, morale et politique.
La prédication d'Isaïe est bien indiquée dans le verset d'introduction par la mention des rois de Juda. La situation demande à être explicitée par les connaissances de la situation internationale. On la connaît par les découvertes des historiens et archéologues qui ont fouillé les sites d'Orient et complété ce qui était déjà dit par les livres historiques. 1. Le ministère d'Isaïe est daté de la mort du roi Osias (c'est-à-dire - 740). Le roi qui siège à Jérusalem est Joatham (740-736) ; celui-ci fut un monarque pieux ; Juda vit en paix et dans une prospérité relative. Le temps de la prospérité est cependant marqué par la corruption, tant au plan politique qu'au plan des moeurs. Isaïe dénonce cette corruption, car il voit qu'elle ne peut qu'entraîner le malheur. 2. Vers 735, Achaz accède au trône. C'est le commencement de la guerre Syro-ephraémite. Pour résister à Teglat-Phalazar III, roi d'Assyrie, qui menaçait tout le Proche-Orient, les royaumes de Damas et de Samarie constituent une ligue. Sur les conseils d'Isaïe, le roi Achaz refuse d'en faire partie. Les deux rois lui déclarent la guerre ; ce qui est un désastre pour Juda. Pris de panique Achaz, contre l'avis d'Isaïe, fait alliance avec l'Assyrie qui devient son protecteur. L'Assyrie entre en campagne et détruit Damas et Samarie. Les habitants de la Galilée et de la Transjordanie sont déportés. Juda est épargné, mais diminué. Isaïe est tenu à l'écart des sphères du pouvoir. 3. Isaïe reprend son ministère sous Ezéchias (716-687), roi qui veut réformer Juda en revenant à la Torah. Isaïe lui conseille la soumission à l'Assyrie et lui déconseille l'alliance avec l'Egypte et les voisins. Ezéchias ne l'écoute pas et s'allie avec l'Egypte. Mal lui en prit ! Shénnachérib après avoir écrasé l'Egypte envoie des troupes contre Jérusalem et demande la reddition de la ville. Isaïe plaide le refus, car Dieu est garant de la ville sainte. De fait, Shénnachérib lève le siège de Jérusalem parce qu'il doit intervenir d'urgence sur le front à l'Est de son empire. Isaïe a eu raison et il interprète ceci en terme d'intervention de Dieu. Son autorité est légitimée. Ensuite Isaïe n'intervient plus dans le débat public. Pour plus de détail, voir l'Atlas biblique de Lemaire et Baldi, Louvain, 1960.
La datation est directe ou indirecte en référence aux rois de Juda (Ozias, Joatham, Achaz et Ezéchias).
1. . L'oracle (2, 6-22) est dirigé contre l'orgueil de Jérusalem. Il se dresse contre l'illusion entretenue par la prospérité. «Oui, tu a rejeté ton peuple, la maison de Jacob, car il regorge depuis longtemps de magiciens, comme les Philistins [...]. 2. 3, 1-4, 6. La guerre syro-éphraémitique commence au temps de Joatham (cf. 2 R 15,37). Jérusalem n'est pas gouvernée, c'est l'anarchie, l'injustice sociale et le luxe ostentatoire des grands. Isaïe annonce le châtiment. Il oppose la situation à celle des temps messianiques. «3, 1 : Oui, voici que le Seigneur va ôter de Jérusalem et de Juda ressource et provision [...] Héros et homme de guerre, juge et prophète, devin et vieillard, capitaine et dignitaire, conseiller, architecte et enchanteur. Le terme de germe apparaît dans ce contexte, de même que celui de reste, termes caractéristiques de l'espérance messianique : «Ce jour-là le germe du Seigneur deviendra parure et gloire, le fruit de la terre deviendra fierté et ornement pour les survivants d'Israël. Le reste laissé à Sion, ce qui survit à Jérusalem sera appelé saint, tout ce qui est inscrit pour la vie à Jérusalem. 3. Le chapitre 5, 1-30 commence par l'apologue de la vigne (5, 1-7) et se poursuit par des malédictions. L'image de la vigne est récurrente (3, 14) pour désigner le peuple élu. Il est déjà présent chez Osée et deviendra classique ensuite. L'oracle annonce l'invasion. «Que je chante à mon bien-aimé le chant de son amour pour sa vigne. Les annonces de malheur présentent les Assyriens comme les exécuteurs du châtiment de Dieu. Les malédictions explicitent la dénonciation de l'injustice : «Malheur à ceux qui ajoutent champ à champ et maison à maison jusqu'à ne plus laisser de place et rester les seuls habitants du pays. (8). 4. Le poème de 9, 7-20 décrit le malheur du Royaume du nord. «Le Seigneur a soutenu contre ce peuple son adversaire Raçon, il a excité ses ennemis, Aram à l'Orient, les Philistin à l'Occident ; ils ont dévoré Israël à belles dents. Avec cela sa colère ne s'est pas détournée, sa main reste levée»
Le fond historique est celui de la guerre syro-éphraémitique. L'étude critique rattache à ces circonstances plusieurs oracles qui disent le malheur de la conquête qui tient Jérusalem encerclée. 1. 1, 2-31. La guerre commence, la situation est décrite. L'oracle contient les thèmes du livre en son entier : dénonciation des fautes sociales et des injustices, dénonciation du culte formaliste, annonce d'un châtiment qui ne laissera qu'un petit reste, appel à la conversion et retour à l'état de justice originel. «Le boeuf connaît son possesseur, et l'âne la crèche de son maître, mais Israël ne connaît pas, mon peuple ne comprend pas. Malheur ! nation pécheresse ! peuple coupable ! race de malfaiteurs, fils pervertis ! L'oracle montre la situation de Jérusalem, ville isolée dans un pays ravagé. Isaïe rattache ce fait à la miséricorde de Dieu pour la ville qu'il a choisie. «Elle est restée la fille de Sion comme une hutte dans une vigne, comme un abri dans un champ de concombres, comme une ville assiégée. 2. 17, 1-11. Les oracles contre Damas et Samarie annoncent le châtiment et dénoncent l'idolâtrie. Le prophète s'adresse à Israël qui a oublié son Dieu pour s'adonner à des cultes païens. 3. 7 et 8, 1-20 : Conflit entre le roi et le prophète. Les oracles sont pris dans le récit des événements, ce qui permet de comprendre leur portée. 7, 1-9 rapporte une première rencontre entre Achaz et Isaïe accompagné de son fils. Le message est une parole de réconfort accompagné d'une menace conditionnelle. «Au temps d'Achaz, fils de Yotam, fils d'Osias, roi de Juda, Raçôn, roi d'Aram, monta avec Peqah, fils de Remalyahu, roi d'Israël, vers Jérusalem pour l'attaquer. [...] On annonça à la maison de David ; "Aram a fait halte sur le territoire d'Ephraïm". Alors son coeur et le coeur de son peuple se mirent à chanceler comme chancellent les arbres de la forêt sous le vent. La théologie d'Isaïe est exprimée dans la conclusion de l'oracle qui a une longue postérité dans l'hl'histoire de la théologie : «Si vous ne croyez pas vous ne vous maintiendrez pas». (7,9). 7, 10-25 rapporte une nouvelle entrevue à la cour. Isaïe s'adresse à la maison de David. Il demande au roi de prier Dieu pour obtenir un signe qui fondera la confiance. Achaz se dérobe. Le signe donné par Dieu est la conception de l'Emmanuel par la femme nommée Almah. «Le Seigneur dit à Achaz : "demande un signe au Seigneur ton Dieu" [...] Et Achaz dit : "Je ne demanderai rien, je ne tenterai pas le Seigneur". Le mot Almah désigne une femme qui n'a pas enfanté, soit parce qu'elle est stérile, soit parce qu'elle est abandonnée, soit parce qu'elle est encore vierge (ce qui alors n'est pas un titre de gloire). Comme le mot est rare, il a permis une relecture plus spirituelle dans la traduction grecque qui a traduit par "vierge" ce qui est possible, mais ne s'impose pas dans le contexte. Il semble plutôt qu'il faille voir ici la volonté de garder l'anonymat de la mère du sauveur. En effet, puisque le roi a fauté par manque de foi, l'héritier sauveur ne sera pas l'enfant de la reine, mais d'une autre femme de la cour, dont le nom est méconnu. 8, 1-20 : Le fils d'Isaïe reçoit un nom symbolique qui se rapporte au pillage de Damas et de Samarie par l'Assyrie. Jérusalem est menacée. «Je m'approchai de la prophétesse, elle conçut et enfanta un fils. Le Seigneur me dit : donne-lui le nom de Maher-Shalal Hahs-Baz, car avant que le garçon ne sache dire "papa" et "maman", on enlèvera la richesse de Damas et le butin de Samarie, en présence du roi d'Assur» (8, 3-4) «Sachez, peuples, et soyez épouvantés ; prêtez l'oreille, tous les pays lointains. [...] Faites un projet, il sera anéanti ; prononcez une parole : elle ne tiendra pas, car "Dieu est avec nous"» (8, 9). 4. La naissance du Messie est rapportée au chapitre 9 ; le nord d'Israël est envahi. Le message d'Isaïe est un message d'espérance. Les noms de l'enfant montrent qu'il y aura un avenir de paix et de prospérité. «Un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce nom : conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince de la paix, pour que s's'étende le pouvoir dans une paix sans fin sur le trône de David et sur son royaume, pour l'établir et pour l'affermir dans le droit et la justice.» (9,5). Cette confiance s'appuie sur un motif théologique qui constitue le coeur de la théologie d'Isaïe qui sera étudiée plus loin : «Dès maintenant et à jamais, l'amour jaloux du Seigneur a fait cela»
1. L'oracle de 14, 28-32 est daté explicitement de la mort d'Achaz, contre les Philistins. 2. 28, 1-6 rapporte un oracle contre la Samarie et l'alliance avec l'Egypte, puisque le roi de Samarie, Osée, s'allie à l'Egypte. 3. Oracles contre l'Assyrie (14, 24-27), contre Moab (15 et 16), sur Edom (21, 11-12) sur les tribus arabes (21, 13-17). Ces oracles sont bien en situation dans les mouvements de guerre qui ont eu lieu en 715. L'oracle contre l'Assyrie correspond au règne de Sargon ; il invite à l'espérance les peuples dominés. «Quand le Seigneur Sabaot a décidé qui l'arrêtera ? Les oracles sur Moab sont complexes. Ils sont à la fois favorables et critiques. Il semble que ce sont des Moabites victimes de l'Assyrie qui soient venus se réfugier à Jérusalem et y ont cherché du secours. Le prophète leur a recommandé de devenir vassaux de Jérusalem. «Envoyez l'agneau du maître du pays, de Séla, située dans le désert, à la montagne de la fille de Sion.» (16, 1). Cet oracle a une grande importance dans la lecture chrétienne qui y voit une prophétie du règne du Messie. «Quand l'oppression aura cessé, que la dévastation aura pris fin, que seront partis ceux qui foulent le pays, le trône sera affermi dans la piété, et sur ce trône, dans la fidélité, sous la tente de David, siégera un juge, soucieux du droit et zélé pour la justice» (16,5). De même les Edomites demandent conseil à Jérusalem. Isaïe leur donne une parole d'encouragement et d'espérance : «Vers moi, on crie depuis Séir : "Veilleur où en est la nuit ? Veilleur où en est la nuit ?"le veilleur répond : "Le matin vient" » (21, 11). Ainsi apparaît un message d'espérance universel centré sur le messianisme. 4.Oracles contemporains de la coalition d'Azot vers 713. 17, 12-14 et 18, 1-7 : Isaïe refuse la proposition de l'alliance contre Assur. Dieu n'a pas besoin de l'Egypte pour réaliser son plan de salut centré à Jérusalem. 19 : oracle sur l'Egypte au moment du changement de pouvoir 22 : Refus de l'alliance avec l'Egypte ; la politique d'Isaïe a été récusée par le roi de Juda qui s'est allié avec l'Egypte, à l'instigation de son intendant Sebna qui est ici pris à partie. «Voici que le Seigneur va te rejeter, homme ! "Je vais te chasser de ton poste, je vais t'arracher de ta place. Et le même jour je vais appeler mon serviteur Elyaquim. [...]» (22, 17). Cet homme reçoit des attributs royaux. Le texte sera relu ensuite comme un promesse messianique : «Je mettrai la clé de la maison de David sur son épaule, s'il ouvre personne ne fermera, s'il ferme personne n'ouvrira [...] Il deviendra un trône de gloire pour la maison de son père» (22, 22). 20, 1-6 : fin de la coalition anti-assyrienne qui est liée à la prise d'Azot en 711. 5. Maladie d'Ezéchias et ambassade de Mérodak-Baladam (38 et 39). L'appendice historique reprend le livre des Rois. Le récit est clair. Il ne demande aucune explication. 6. Une série d'oracles prononcés en 702-703, lors d'une coalition contre l'Assyrie, à l'initiative d'Ezéchias. 28, 7-31 : contre l'alliance avec l'Egypte. Dans cet oracle apparaît un thème qui recevra ensuite une grande importance, celui de la pierre angulaire où la tradition a vu l'annonce du Messie : «Ainsi parle le Seigneur : Voici que je vais poser en Sion une pierre, une pierre de granit, pierre angulaire, précieuse, pierre de fondation bien assise : celui qui s'y fie ne sera pas ébranlé. 28, 33-34 : la parabole du laboureur a pour but d'expliquer la conduite déconcertante de Dieu. La souffrance est préparatoire à la bénédiction. 29, 1-8 : malédiction et délivrance d'Ariel, pseudonyme donné à Jérusalem. 29, 9-16 : polémique contre les mauvais conseillers 29, 17-24 : perspective de salut développée en contrepartie des polémiques et des menaces «N'est-il pas vrai que dans peu de temps le Liban redeviendra un verger et le verger fera penser à une forêt. 30, 31 et 32 : contre l'alliance avec l'Egypte conclue par Ezéchias pour résister à Assur. En contraste, Isaïe annonce un roi juste qui ne s'appuiera pas sur la puissance de l'Egypte, mais sur la foi : «Voici qu'un roi régnera avec justice et des princes gouverneront selon le droit. Chacun sera un abri contre le vent, un refuge contre l'averse, comme des ruisseaux sur une terre aride, comme l'ombre d'une roche solide dans un pays désolé. 7. La situation change du tout au tout. La victoire de l'Assyrie sur la Phénicie entraîne la capitulation d'Ezéchias qui paie tribut. Isaïe prêche la résistance, au nom de la promesse de Dieu, qui protège la ville sainte. C'est le sens du chapitre 33 : Oracle contre l'Assyrie. Les chapitres 10 et 11 se rattachent à ce contexte ; ils sont liés à l'annonce de la chute de l'Assyrie et annoncent le règne messianique. Le thème du reste apparaît dans ces textes: «Ce jour-là, le reste d'Israël et les survivants de la maison de Jacob cesseront de s'appuyer sur qui les frappe ; ils s'appuieront en vérité sur le Seigneur, le Saint d'Israël. Le thème du reste est développé dans un oracle qui annonce le règne du Messie dans la descendance de David : «Un rejeton sort de la souche de Jessé, un surgeon poussera de ses racines. Sur lui reposera l'Esprit du Seigneur, esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur. Le thème se développe dans une perspective de réconciliation universelle. «Le loup habitera avec l'agneau , la panthère se couchera avec le chevreau. Le veau, le lionceau et la bête grasse iront ensemble conduits par un petit garçon. La vache et l'ourse paîtront, ensemble se coucheront leurs petits. [...] Les chapitres 36 et 37 rapportent le dénouement de l'invasion par Shénachérib et sa rertraite précipitée.
1. Psaume du chapitre 12 ; le psaume est dit par les rachetés. Il reprend des thèmes d'Isaïe 1-11. On le considère comme un résumé concluant les oracles antérieurs. 2. Les chapitres 14 et 15 sont une prophétie contre Babylone. Il s'agit de Nabuchodonosor. 3. 21, 1-10 à l'occasion de la ruine de Babylone qui a eu lieu en 539. 4. Le chapitre 23 est contre Tyr et Sidon. 5. Les chapitres 34 et 35 constituent un épilogue en décrivant le nouvel exode.
L'ensemble 24-27 se situe dans la perspective d'un événement qui suscite la joie du peuple élu. Il se situe dans la perspective d'un jugement universel. 1. 24, 1-6 : Tout l'univers sera jugé. Le thème est référé à Noé. 2. 24, 7-16 : premier chant d'action de grâces du peuple élu. 3. 25, 1-5 : deuxième chant d'action de grâce 4. 25, 6-8 ; troisième morceau eschatologie : le salut consécutif au jugement. Il y a un festin messianique pour tous les peuples. 5. 26, 1-19 : troisième cantique des Juifs délivrés et solennelle action de grâce. 7. 26, 20-27, 1 : jugement des Nations (Assyrie, Babylone et Egypte). 8. 27, 2-13 : Dernier cantique : description lyrique du bonheur de la communauté et retour en Terre sainte des exilés.
Cette présentation du livre selon l'ordre chronologique, si elle dissocie le texte en unités plus réduites, permet de bien comprendre l'enracinement des oracles. Elle permet aussi de bien souligner l'originalité du message du prophète. Elle permet de rendre au prophète sa vraie place : celle de celui qui annonce la parole dans des circonstances qui sont par nature changeantes. Il ne faut pourtant pas perdre de vue la composition de l'ouvrage dans son entier ; elle obéit à des règles strictes. Ainsi le livre est divisé en deux parties : la première rassemble des oracles concernant le peuple élu, tandis que la seconde rassemble les oracles concernant les Nations. Il y a aussi une composition stricte de l'ensemble 6-12 qui est tient tous les oracles messianiques. Les enfants y occupent une place symbolique importante. C'est la raison pour laquelle les oracles sont repris à Noël et bien connus dans le peuple chrétien. |