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conférence La Trahison de JudasPsychologie, histoire et
théologie
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II. Les raisons d'une trahisonReconnaître la liberté inscrite dans la vie des apôtres permet d'avancer dans la lecture du texte évangélique. Puisqu'ils ont la responsabilité de leurs actes et de leurs choix, et que ce ne sont pas des marionnettes entre les mains du tout-puissant qui les aurait manipulés, il faut chercher à comprendre la raison de la trahison de Judas. On pourrait faire appel simplement à la faiblesse et à la noirceur du cur humain. Cette explication est juste, mais elle reste trop générale ; elle ne suffit pas à un esprit plus exigeant qui demande à voir quelles sont les motivations des acteurs de la Passion. Il ne suffit pas non plus de prendre comme motif l'amour de l'argent, car la somme versée par les autorités de Jérusalem est dérisoire... Il faut aller plus avant, ce qui permet de mieux comprendre non seulement le déroulement de la Passion, mais ses enjeux. Entrer dans cette perspective permet de voir que le salut n'est pas seulement affaire de morale (ne pas renier, ne pas trahir...), mais bien mystère du combat du bien et du mal, aux dimensions de l'universel humain. A. Espérances messianiquesJésus a choisi ses disciples pour les associer à sa mission. C'est donc à partir de la mission de Jésus que doit se comprendre le mouvement des évangiles et les actes de Jésus et de ses apôtres. La réponse peut être donnée à partir des récits évangéliques - il ne sert à rien ici de faire référence aux apocryphes ou à des textes écrits ultérieurement comme les textes gnostiques. 1. Jésus reconnu comme MessieSi nous suivons les évangiles synoptiques et tout particulièrement l'évangile de Luc, il apparaît que la première partie de la vie de Jésus a été consacrée à son activité en Galilée. Là, Jésus a rassemblé des foules. Il a fait des signes et des prodiges - surtout des guérisons ; il a groupé autour de lui nombre de disciples. Cette activité a entraîné l'adhésion de la foule parce qu'elle montrait que Jésus était bien "celui qui doit venir", comme Jean-Baptiste l'avait dit à ses disciples. Ainsi, selon saint Matthieu, c'est en raison des ses actes que Jésus a été reconnu comme Messie. C'est en ce sens que nous pouvons lire la profession de foi de Pierre. Celui-ci répond à Jésus qui interroge ses disciples sur son identité : "Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant" (Mt 16, 16). Le contexte de cette phrase est ecclésiastique (c'est l'ensemble des chapitres 14-18) et politique, puisqu'il est situé à Césarée de Philippe, donc face au symbole de la puissance romaine. Pierre parle au nom des Douze. Et donc exprime ce que Judas pensait alors. Saint Luc place cet épisode au terme de l'activité de Jésus en Galilée - ce qui lui donne un plein sens théologique. C'est au terme d'une aventure commune, menée dans le souci de l'instauration du Règne de Dieu que Pierre dit à Jésus : "Tu es le Messie de Dieu" (Lc 9, 20). Saint Jean est plus subtil : il place la parole de Pierre au moment d'une crise, après la multiplication des pains, quand beaucoup de disciples cessent de suivre Jésus qui n'a pas répondu à leur attente (Jn 6, 68-69). Judas est resté, ce qui prouve son adhésion au messianisme. Mais il apparaît tout de suite que cette confession est ambiguë et cela invite à demander : que signifie la confession de foi en Jésus Messie, Christ ou Fils de Dieu ? Quelle est la conception messianique mise en jeu ? Il importe de préciser que Pierre exprime le sentiment commun à tous ceux qui suivent Jésus. Il exprime une conviction commune et on peut inférer que ce fut celle de Judas. 2. Quel messianismeLe terme de Messie signifie d'abord "celui qui a reçu l'onction royale" ; il se réfère à la promesse faite à David que son descendant serait appelé Fils de Dieu et qu'il établirait le Règne de Dieu sur terre (1 Sam 7). Cette prophétie a été reprise comme fondement de l'espérance du peuple par le prophète Isaïe, espérant la venue du sauveur. Cette figure s'est universalisée pendant l'Exil. Elle s'est aussi spiritualisée face à l'absence de royauté en Israël. Elle est revenue avec force dans le mouvement nationaliste, conduit par Judas Maccabées, se révoltant contre la volonté d'hellénisation forcée du peuple. Le messianisme est donc un courant tout à la fois religieux et politique. Il est présent dans les convictions des apôtres. Il s'exprime à plusieurs reprises. Ainsi les pèlerins d'Emmaüs disent au Ressuscité qu'ils n'ont pas reconnu : "Nous espérions, nous, que c'était lui, Jésus, qui délivrerait Israël" (Lc 24, 41). Luc rapporte au début des Actes des apôtres la parole des disciples dite à Jésus après sa résurrection : "Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu vas restaurer la royauté en Israël ?" (Ac l, 6). Ces citations sont contemporaines de la mort et de la résurrection de Jésus ; elles ne témoignent pas de l'état d'esprit des apôtres au début du ministère de Jésus. Elles montrent que les apôtres avaient toujours une conception du messianisme où le sentiment national, politique et religieux, jouait un grand rôle, centré autour de Jérusalem et d'Israël. C'est par rapport à cela qu'il faut comprendre l'attitude de Judas, semblable en cela aux autres disciples. C'est par rapport à cette conviction commune qu'il faut situer la tension entre ce que veut Jésus et ce que croient les apôtres. B. Une espérance déçue1. L'entrée de Jésus à JérusalemDans la conscience de l'importance de cette attente messianique, on peut proposer une interprétation de la trahison de Judas. Judas, comme les autres apôtres, était persuadé que Jésus montait à Jérusalem pour instaurer le Règne de Dieu, qu'ils imaginaient comme une prise de pouvoir au sens politique du terme. Ils se demandaient quelle serait leur place dans le futur gouvernement (Lc 9, 46 ; Mc 10, 35-40). Cette espérance se fondait sur l'entrée de Jésus à Jérusalem. L'acclamation de la foule est clairement messianique, en référence au "Fils de David", "celui qui vient au nom du Seigneur". L'entrée au Temple et sa purification s'inscrivait dans cette perspective qui accomplissait les Ecritures : "Voici, dit Dieu, que je vais envoyer mon messager... Soudain il entrera dans son sanctuaire le Seigneur que vous cherchez... Il purifiera les Fils de Lévi et les affinera comme or et argent..." (Mal 3, 1). Or cet espoir n'a pas été suivi d'une réalisation effective. Plus encore, Judas a vu que Jésus refusait de se comporter en homme désireux de prendre les moyens pour l'établissement du Règne de Dieu. Ces moyens étaient liés à la nature même du pouvoir messianique. Après la purification du Temple par l'exclusion des commerces et des trafics, les autorités demandent à Jésus de donner un signe de la légitimité de son action. Or Jésus refuse. On lit en effet la demande : "Dis-nous par quelle autorité tu fais cela ou quel est celui qui t'a donné autorité" (Lc 20, 2). Jésus refuse de donner une preuve et il répond : "Je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela" (Lc 20, 8). C'est d'ailleurs ici qu'à mon avis se situe l'événement repris pour l'inauguration de la vie publique de Jésus, lors du récit de la "tentation" de Jésus. Au Temple Jésus refuse de faire des prodiges. Il se contente d'enseigner. Or une telle attitude semble, du point de vue d'un messianisme radical, une dérobade. On peut dire également que ni Judas ni les autres n'ont compris le sens de l'entrée de Jésus à Jérusalem. Jésus a choisi d'entrer à Jérusalem monté sur un petit âne - en référence à la prophétie de Zacharie ("Voici que ton roi vient à toi ; il est juste et victorieux, humble monté sur un petit âne", Za 9, 9) et aussi à la bénédiction du patriarche Juda par son père Jacob ("Il lie à la vigne son ânon et au cep le petit de son ânesse", Gn 49, 11). 2. Incompréhension des disciplesLa présence de cette conception messianique dans le groupe des apôtres est également attestée lors du dernier repas. Là, dans un contexte qui aurait dû être particulièrement surchargé affectivement, à cause des paroles d'adieu de Jésus, les disciples se querellent pour savoir quel est le plus grand (Lc 22, 24s). Ils sont dans la logique de la prise du pouvoir politique lié au messianisme qui rassemble les disciples autour de Jésus et qui a présidé à leur montée à Jérusalem. 3. Une hypothèse : la raison d'une trahisonDans cette perspective, Judas est fondé à penser que Jésus a trompé ses disciples et les foules qui l'ont suivi depuis la Galilée. Non seulement il est déçu, mais il considère que Jésus est un traître. S'il n'avait été que déçu, il aurait pu s'en aller comme le feront plus tard les disciples d'Emmaüs. Mais s'il considère que Jésus s'est trompé et a trompé les autres, il pense qu'il doit être dénoncé comme imposteur ou faux messie à l'autorité religieuse de Jérusalem. Paul a pensé de cette manière lorsqu'il pensait que Jésus était un faux messie et pour cette raison, il a persécuté la communauté chrétienne. On peut donc conjecturer que Judas reste dans une perspective révolutionnaire - au sens moderne du terme - où le pouvoir doit être conquis par les armes. On peut donc interpréter le chemin intérieur de Judas en lien avec la conviction messianique partagée par le groupe des apôtres. La conduite de Jésus a été interprétée comme la preuve que Jésus n'est pas le messie. Pire encore, Jésus apparaît à Judas comme un faux messie, puisqu'il ne fait pas les signes qui attestent sa légitimité de Fils de David, fils de Dieu. Or être un faux messie mérite l'intervention des pouvoirs légitimes en matière religieuse et politique. Cette conception messianique n'est pas propre à Judas. C'était celle de Pierre comme le montre sa réaction lors de la première annonce de la Passion qui suit immédiatement la confession de la messianité de Jésus. Pierre s'oppose à Jésus, car il ne peut accepter l'idée d'un messie souffrant et humilié à Jérusalem. La notion de messie n'est pas la même pour Jésus et pour des Douze. Si pendant un temps, l'équivoque était possible, il n'en est plus ainsi au moment où les événements se précipitent. La situation à Jérusalem ne permet pas la coexistence des deux manières de concevoir le messianisme. Le moment où tout bascule est celui de la décision de Jésus de rompre avec toute perspective de prise de pouvoir à Jérusalem. Il me semble que l'on peut dire que la décision de Judas est prise après que Jésus ait prononcé la parole sur le pain, lors du dernier repas. La parole lie explicitement le pain rompu avec le corps brisé par la passion. Jésus dit clairement qu'il a consenti à sa mort. Du point de vue messianique, c'est intolérable. Judas conclut qu'il doit livrer Jésus, qu'il perçoit désormais comme un imposteur. C'est même un devoir de livrer un faux messie ! L'attitude de Judas peut se replacer dans la série des attentes messianiques qui scandent l'histoire d'Israël pendant des siècles : messianisme de Bar Kokeba au début du deuxième siècle et de bien d'autres ensuite. La trahison de Judas n'est pas une déception affective, mais le signe que la nouveauté de ce que Jésus apporte avec lui n'est pas reçue. Une autre explication a été donnée dans la même ligne. Judas aurait voulu que Jésus ne puisse esquiver le conflit entre ses disciples et les autorités de Jérusalem. Il aurait donc agi de manière à provoquer Jésus en l'obligeant à utiliser tout son pouvoir. Cette explication me semble moins sûre, car elle ignore la relation personnelle entre Jésus et ses disciples qu'il faut maintenant examiner. C. L'attitude de JésusFace à la situation de Judas, l'attitude de Jésus surprend. Pourquoi Jésus n'est-il pas intervenu pour prévenir une telle issue ? Est-ce par ignorance ? Il ne semble pas, puisque Jésus annonce à l'avance une trahison. Est-ce une négligence ? Ceci ne concorde en rien avec les récits qui montrent qu'à tout moment Jésus a maîtrisé la situation - saint Jean insiste sur ce point. Est-ce une complicité avec le mal ? Auquel cas nous revenons à ce qui a été dit plus haut sur la cruauté de Jésus et de Dieu. Pour répondre, il faut donc examiner de près la relation de Jésus avec ses apôtres et avec Judas. 1. Jésus face aux siensNous avons exclu de Jésus toute dimension surhumaine qui serait inhumaine, celle de celui qui saurait tout à l'avance et qui verrait l'avenir se dérouler devant lui, comme du sommet d'une tour on voit le paysage et le mouvement des passants. Mais si Jésus n'est pas inhumain, il n'est pas sans intuition ni intelligence des situations. Saint Jean note : "Jésus fut troublé en son esprit et déclara : "L'un de vous me livrera" (Jn 13, 21) et Marc rapporte la parole : "Celui qui me livre est ici, à table avec moi", (Mc 14, 18 ; cf. Lc 22, 21). Cette phrase sans équivoque montre que Jésus ne se faisait pas d'illusion au cours du repas qu'il sait être le dernier. Que signifient ces paroles ? Jésus parle comme quelqu'un qui a une responsabilité à la tête d'un groupe. Il a une perception d'ensemble de ce que vit le groupe comme entité qui surpasse et englobe tous les participants. Notre expérience des responsabilités nous apprend que, quand un groupe se trouve dans une situation délicate ou critique, voire dramatique, le responsable perçoit l'ensemble comme un seul organisme vivant et a conscience que quelqu'un peut craquer - mais il ne peut dire avec certitude qui ce sera. Ceci permet de comprendre la parole de Jésus sans falsifier son humanité. Jésus sait que la situation de la communauté est arrivée à un extrême, puisque les autorités de Jérusalem ont décidé sa mort et qu'en venant célébrer la Pâque à Jérusalem, elle s'était mise avec lui "dans la gueule du loup". Il sait aussi qu'il est impossible de revenir en arrière. Il lui faut aller de l'avant, car c'est ce qu'il y a de mieux à faire ! Mais en toute lucidité, devant le danger objectif, comme le groupe a atteint ses limites il sait qu'il est fort probable qu'il y aura une déchirure, une cassure, une rupture et que ce sera le maillon le plus faible qui cèdera à la pression. Mais il ne sait pas exactement qui. C'est pourquoi Jésus dit : "L'un de vous me livrera". Ce peut être n'importe lequel des disciples ! Jésus ne peut dire lequel avec certitude, puisque tous ceux qui sont là partagent les mêmes convictions, les mêmes aptitudes et donc ont les mêmes limites de résistance à l'épreuve face au danger extrême. S'il l'avait su, il aurait dû aller au devant du plus faible, comme le bon pasteur en quête de la brebis perdue. 2. Le sens des annonces de l'abandon et de la trahisonPourquoi Jésus a-t-il prononcé cette parole : "L'un de vous me livrera !" ? Je l'entends comme son souci du groupe. C'est l'attitude du responsable qui met en garde ses compagnons contre leur propre faiblesse, un appel à la vigilance. Ce n'est pas une provocation, mais l'invitation à aller de l'avant avec plus de prudence et avec la même résolution. Jésus sait que les autorités de Jérusalem ont décidé sa mort. Il sait aussi que sur la base d'un malentendu, il peut paraître aux yeux de ses disciples comme un imposteur. Mais quand il prononce la phrase, il ne sait pas exactement ce qu'il en sera. Jésus n'est pas un prophète de malheur, mais il fait office de maître dans le groupe des apôtres. Une fois que les choses se seront passées, ce ne sera plus pareil. Mais avant qu'elles n'arrivent, elles sont encore dans le domaine du possible. De plus en plus probables, mais encore incertaines. Pour que la formule générale ("l'un de vous") se précise, il faut une relation personnelle. On voit la même chose lors de l'annonce du reniement de Pierre qui est précédée par une parole plus générale qui s'adresse à tous : "Voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment" (Lc 22, 31). La parole s'adresse à tous puisque Jésus dit "vous". C'est la même généralité que "l'un de vous". 3. La bouchée de painLa généralité du propos disparaît lorsqu'il y a une relation personnelle entre Jésus et Judas. Elle est mentionnée dans les évangiles qui rapportent un geste de Jésus : la bouchée donnée Judas. Il faut se souvenir qu'un tel geste est habituel en Orient. Dans un repas le maître donne à un commensal un morceau de choix, pour l'honorer et l'inviter à se rassasier. Ce geste institue une relation personnelle. Ce geste peut se faire sans parole, mais il ne va pas sans regard. Lorsque Jésus donne à Judas une bouchée, il est en contact personnel avec lui. Il a l'intuition qu'il n'a plus un disciple en face de lui, mais un adversaire, quelqu'un qui le considère comme un faux messie, puisque la parole sur la première coupe puis celle sur le pain rompu a confirmé sans équivoque l'imminence de sa mort. Du renversement de l'effet d'un geste d'amitié nous pouvons avoir l'expérience. Dans nos crises conjugales et nos querelles de famille, c'est souvent un geste ou une parole, qui émanent d'un bon sentiment ou d'une bonne intention, qui sont l'occasion de la colère où se révèle une profonde inimitié ou la gravité d'un désaccord. Le geste déclenchant de la colère est souvent un signe d'amitié ou d'affection. Un geste d'indifférence ne ferait rien paraître, car il n'atteindrait pas le cur des personnes impliquées et le nud de leur relation. C'est ainsi que peut se comprendre comment le geste d'amitié de Jésus (la bouchée) suscite en Judas l'excès qui le mène à trahir. C'est un geste personnel qui suscite l'irréparable. Cette interprétation des faits minimise la portée de la demande de Jean pour savoir qui serait le traître ; la réponse de Jésus ne signifie pas que Jésus était sûr que ce soit Judas ; c'est, à mon avis, avec une certaine incertitude que Jésus est entré en contact avec Judas dans le geste qui le singularise par une marque d'honneur. À ce propos, on peut aussi ajouter que Jésus n'a pas l'intention de livrer un des disciples à la vindicte commune pour en faire le "bouc émissaire" de la violence latente. C'est sans doute pourquoi, il lui déclare : « Ce que tu as à faire fais le vite ». Au terme de cette analyse, une question se pose parce que Jésus n'intervient pas. Pourquoi une telle attitude ? On peut répondre que si Jésus n'intervient pas, c'est parce qu'il ratifie le chemin qui passe par sa mort et qu'il s'identifie au Serviteur souffrant d'Isaïe. Toute tentative pour retenir Judas serait inutile. Mais cette réponse ne suffit pas, car dans le cadre d'une relation personnelle, on peut ajouter que le consentement de Jésus est dû au respect de la liberté de Judas. Judas est parti au milieu du repas. Beaucoup se demandent quand. En unifiant les récits de Luc et de Jean, on peut penser que c'est après son départ que Jésus a béni la coupe à propos de laquelle il parle de son sang versé. Le drame de Judas s'inscrit entre les paroles sur le pain et les paroles sur la coupe. |