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conférence

La Trahison de Judas

Psychologie, histoire et théologie

par Jean-Michel MALDAMÉ
Dominicain


Introduction

I. Quand Jésus appelle

A. La manière dont Jésus connaît l'avenir
B. La nature du salut
C. Le plan de Dieu

II. Les raisons d'une trahison

A. Espérances messianiques
B. Une espérance déçue
C. L'attitude de Jésus

III. Pardon et désespoir

A. Le démoniaque
B. Le temps du repentir
C. Le sens de la gratuité

Conclusion général

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Conclusion générale

Notre réflexion n'avait pas pour but de juger Judas. Dieu seul le fait lui qui sonde les reins et les cœurs. Nous ne voulons ni accabler, ni justifier Judas. Nous voulons comprendre le salut et dans l'histoire comprendre ce qui a été vécu. Nous avons donc perçu que pour éviter de faire de Jésus un manipulateur qui utilise les autres il fallait reconnaître la valeur de son humanité. Sa connaissance est dans le temps et donc limitée dans ses prévisions d'avenir. Pour éviter de faire de Jésus un être cruel qui utilise le mal pour faire le bien, nous avons vu comment ses paroles sont toujours circonstanciées et toujours emplies de respect et de bienveillance.

Quant à Judas, il reste une part inaccessible à toute enquête, celle de la liberté humaine, celle des choix qui se font à l'intime. Toute explication historique, sociologique, psychologique ou religieuse ne pénètre pas au plus intime de la conscience humaine.

Notre propos avait donc pour but de montrer la vérité et la profondeur de ce qui se joue dans la passion et la mort de Jésus.

Il y a un mystère de salut. Nous avons montré que Jésus était toujours mu par la bonté. La bonté de Jésus suppose la lucidité et le respect ; Jésus l'a vécu dans sa relation à Judas. Comme Jésus a donné sa vie pour le salut du monde, nous pouvons penser que Judas a été sauvé lui aussi parce que Celui qui l'avait choisi, lui avait donné son amitié une fois pour toutes. Hommage soit enfin rendu à Charles Péguy qui a écrit :

      « Comme il [Jésus] sentait monter en lui sa mort humaine
      Sans voir sa mère en pleur et douloureuse en bas,
      Droite au pied de la croix, ni Jean, ni Madeleine,
      Jésus mourant pleura sur la mort de Judas »2.


2 Charles PEGUY, Le Mystère de la Charité de Jeanne d'Arc, La Pléiade, Paris, Gallimard, 1957, p. 483.

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