Michel VAN AERDE op Intelligence de l'Ecriture et lecture chrétienne de la Bible 2002 |
Le commentaire de la parabole de la brebis perdue est facile. La parabole suivante lui ressemble, celle de la `pièce de monnaie perdue'. Il peut être d'un très bon exercice d'essayer de la commenter ! Est-ce que la pièce de monnaie égarée, représente encore toute l'humanité ? Oui ! Ici encore, parce que sur la pièce, il y a un visage, un visage humain. Et ce qui est perdu, c'est ce visage. Or ce visage est à l'image et ressemblance de Dieu. La femme qui cherche, en laquelle se profile la Sagesse de Dieu, recherche l'image royale, l'image et ressemblance qu'il y avait sur la drachme... Grégoire de Nysse : « Cette femme allume sa lampe, parce que la Sagesse de Dieu a brillé dans l'humanité... et, dit le texte de l'Evangile, `elle bouleverse toute sa maison' : aussitôt que la divinité eut paru dans la chair, notre conscience fut toute bouleversée ». On dit aussi qu'elle balaie : elle nettoie, pour retrouver l'image du créateur dans l'homme défiguré. Il est bon de percevoir le contenu théologique profond de ces simples paraboles. Dernier exemple, plus difficile cette fois : `la marche de Jésus sur la mer' (Mt. 14, 22-33 ; Mc 6, 45-52 ; Jn 6 16-21). Les apôtres sont dans la barque, ils rament à contre-courant. Ils aperçoivent le Christ, marchant à leur côté sur les eaux. Ils l'appellent et quand il monte à bord, cela produit deux effets : le vent tombe et le bateau touche terre aussitôt ! N'est-ce pas curieux ? Tout d'abord qu'est-ce que cette barque qui avance à coups de gaffes... toujours à contre-courant, toujours menacée de sombrer mais jamais submergée ? Cette barque où se trouvent les apôtres, c'est l'Eglise de Jésus-Christ, bien entendu ! Elle est affrontée aux courants contradictoires, aux flux et reflux de l'histoire. Elle subit les assauts des vagues du temps. Celui qui marche aux côtés de l'Eglise et que l'on peut reconnaître avec les yeux de la foi, c'est le Christ ressuscité, bien sûr ! Il est avec nous, sans être comme nous, sans vivre le même rapport aux éléments, aux lois physiques de ce temps. On comprend donc que lorsque le Christ rejoint la barque, ou plutôt que la barque rejoint le Christ, alors le vent tombe et l'on touche terre : on est arrivé ! C'est l'aboutissement. C'est le point culminant de l'histoire humaine, et donc aussi de l'histoire de l'Eglise : on entre dans une ère de grand calme et de paix. Tout est accompli. C'est ici le quatrième sens, le sens eschatologique. Dans la barque, Christ nous accompagne. Nous pouvons lui parler par l'oraison. Il n'est pas loin de nous. Nous voyons bien qu'il ne s'agit pas ici d'une histoire passée, terminée. L'Evangile ne nous conte pas un épisode d'il y a 2000 ans, il vaudrait mieux lire autre chose ! L'Evangile nous parle de notre vie et du Christ vivant aujourd'hui, lui, le Seigneur des vivants et des morts qui conduit tout à son accomplissement. |