Michel VAN AERDE op Intelligence de l'Ecriture et lecture chrétienne de la Bible 2002 |
Si l'on s'inscrit dans la grande Tradition, et si l'on a l'humilité d'accepter de ne pas être le premier ni le seul à mettre le nez dans l'Ecriture, alors, il faut bien reconnaître que, même si l'Ecriture a plusieurs sens, on ne peut pas lui faire dire n'importe quoi. - Il y a un sens, une direction, que nous indique l'Esprit Saint, lui, l'auteur unique, l'inspirateur, qui nous communique dans le baptême et toute l'initiation catéchuménale, « l'intelligence de l'Ecriture ». - Il y a aussi la méditation des Pères de l'Eglise, qui nous aide à entendre des harmoniques spirituelles et théologiques qui nous échappent souvent mais qui sont d'une vitale nécessité si nous voulons affronter sereinement les questions de l'exégèse moderne ou tout simplement les questions des enfants, face à certains passages de l'Evangile invraisemblables ou obscurs. Nous retrouvons ici les appels du Concile Vatican II qui invite, entre autres, à percevoir les différents genres littéraires de la Bible (Lumen Gentium n° 12). Est inspiré ce que l'auteur a voulu dire et non pas les mots ou images qu'il emploie pour s'exprimer. Encore faut-il avoir un bon instrument de travail, qui présente des introductions avant chaque livre, des notes en bas de pages, des références marginales et à la fin une table alphabétique des notes les plus importantes. A l'aide de cette table des notes on peut naviguer dans la Bible comme dans un univers connu et organiquement unifié. Exemple : s'il s'agit de préparer une réunion sur un sujet comme le Baptême, on peut aller voir à la table finale les renvois multiples à des passages traitant de ce sujet. De là on est orienté par des notes qui renvoient ailleurs, etc..... etc.... Et quand on lit une parabole, les références marginales indiquent immédiatement s'il y a une citation ou une allusion à un autre passage biblique. Ainsi la Bible apparaît comme un seul livre où tout se tient. Lire la Bible, cela s'apprend. Il faut y être initié. C'est un peu comme s'il s'agissait de regarder un album de photos de famille. Comment savoir que ce nourrisson, entre les bras d'une jeune femme, c'est vous... et que là, c'est le vieil oncle Albert si personne ne me le dit ? Lire la Bible en chrétien, cela s'apprend dans le peuple des croyants, en se mettant à l'école de l'Eglise à travers ses grands contemplatifs, ses grands méditants, ses grands théologiens. « Qui est ma mère, qui sont mes frères ? Ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent ! » * * * Michel VAN AERDE op |