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Luc DEVILLERS, op

La fête de l'Envoyé

La section johannique de la fête des Tentes (Jean 7,1-10,21)
et la christologie

Extrait présenté : Introduction de l'ouvrage
Études bibliques, nouvelle série 49, Gabalda, 2002, pp 9-25


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INTRODUCTION

1. Jean, un récit christologique

Le propos principal du quatrième évangile est d'ordre christologique. La première conclusion du livre le dit clairement :

« Jésus a fait sous les yeux de ses disciples encore beaucoup d'autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Ceux-là ont été mis par écrit, pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en croyant vous ayez la vie en son nom. » (Jn 20,30-31, BJ3)

Tout l'évangile est orienté vers cette ultime pointe : que les hommes reconnaissent en Jésus de Nazareth (cf. Jn 1,45-46) celui par qui ils pourront obtenir la vie, la vie éternelle. Cette affirmation du primat de la christologie dans l'évangile de Jean lui confère son caractère propre. Toutefois, il convient de préciser, avec Barrett et Léon-Dufour, que cette christologie est théocentrée. Elle est totalement orientée vers un Autre que Jésus, car en fin de compte elle vise le Père : « Montre-nous le Père et cela nous suffit » (Jn 14,8). La mission spécifique du Jésus johannique est de révéler le Père, et de mener à lui1.

Le quatrième évangile se distingue encore des trois synoptiques par sa structure. Il y a une quinzaine d'années, Mlakuzhyil avait recensé près de trente propositions différentes pour cette structure, fondées soit sur des critères littéraires soit sur des indices thématiques2. Lui-même en défendait une nouvelle, étroitement liée à l'intention christologique de l'évangéliste, comme en témoigne le titre de sa thèse 3.


1  « John is writing about, and directing our attention to, God » (C.K. Barrett, « Christocentric or Theocentric? », p. 363. Voir aussi pp. 375-376) ; « loin d'être le centre de l'intérêt de Jn, le Christ cède la place à Dieu le Père » (X. Léon-Dufour, Lecture de l'Évangile, I, p. 26).

2  G.M. Mlakuzhyil, The Christocentric Literary Structure, p. 17.

3  Mais cet auteur parle à tort de « Christocentric theology », au lieu de christologie théocentrée (G.M. Mlakuzhyil, op. cit., p. 243). Même erreur de perspective chez L. Camarero María, Revelaciones solemnes, p. 384.

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