1. Voir par exemple l'ouvrage
récent de Y. REDALIÉ, Paul après Paul, Le temps, le
salut, la morale selon les épîtres à Timothée et
Tite, Genève, Labor et Fides, 1994.
2. Voir G.W. KNIGHT,
The Pastoral Epistles, A Commentary on the Greek Text, Coll. NIGTC,
Grand Rapids/Carlisle, 1992. L'A. plaide pour une rédaction tardive dans
la vie de Paul. S. de LESTAPIS, Lénigme des Pastorales de saint
Paul, Paris, Gabalda, 1976, reste dans la ligne de lexégèse
catholique classique : origine paulinienne des lettres, datation tardive
dans la carrière de Paul. Louvrage ne constitue pas une révolution,
et son originalité tient dune part au fait que la datation est
quand même "relativement" moins tardive que dans l'exégèse
"classique", puisque contemporaine de Romains, et quelle est
établie à partir dune étude des références
personnelles présentes dans les lettres
3. Tel est maintenant
le point de vue de C. SPICQ, Les Epîtres Pastorales, 2 vol.,
4e éd., Paris, Gabalda, 1969.
4. C.F.D. MOULE,
"The Problem of the Pastoral Epistles : A Reappraisal", dans
BJRL 47, 1965, p. 430-452.
5. J. MURPHY O'CONNOR,
"2 Timothy contrasted with 1 Timothy and Titus", RB 98 (1991),
p. 403-418.
6. M. PRIOR, Paul
the Letter-Writer and the Second Letter to Timothy, Coll. "JSNTS"
n° 23, Sheffield, 1989.
7. C'est moi qui
souligne.
8. M. DIBELIUS
- H. CONZELMANN, The Pastoral Epistles, Philadelphie, Fortress Press,
1972, p. 145.
9. P.N. HARRISON,
The Problem of the Pastoral Epistles, Oxford 1921. Nouveaux développements
dans "Important Hypotheses Reconsidered, III. The Authorship of the Pastoral
Epistles", dans Exp. Times, 67, p. 77-81 ; et dans Pauline
and Pastorals, Londres, 1964.
10. A. KENNY, A
Stylometric Study of the New Testament, Oxford, 1986.
11. J. MURPHY O'CONNOR,
Paul et l'art épistolaire, Paris, Cerf, 1994.
12. Op. cit.
p. 21.
13. Op. cit.
p. 38.
14. Op. cit.
p. 61. C'est moi qui souligne.
15. J. MURPHY O'CONNOR,
"2 Timothy contrasted with 1 Timothy and Titus", RB 98 (1991),
p. 403-418.
16. Voir KNIGHT,
op. cit. p. 209 qui cite de nombreux exégètes. Parmi
eux, Bornkamm, qui rappelle que la première lettre à Timothée
vise lorganisation dune communauté, et que la deuxième
ressort du testament apostolique ; autrement dit, et pour forcer le trait,
un écrit législatif dun côté, une lettre personnelle
de lautre.
17. Il est heureux
de constater que ce principe, qui trouve son origine chez certains commentateurs
protestants, est dénoncé fortement par certains d'entre eux, plus
lucides, tel G.W. Knight que je citerai longuement sur un point aussi important :
"Le coeur du problème est l'idée largement répandue
que Paul, et le NT dans son ensemble, ne s'intéresserait pas aux leaders
des églises et qu'à l'époque néotestamentaire, les
dons spirituels, et non le leadership, seraient la norme. Plusieurs commentateurs
caractérisent l'âge du NT de la sorte et indiquent aussi que des
leaders reconnus ne sont nés que plus tard dans lÉglise,
quand le rayonnement des dons charismatiques allait s'évanouissant. Mais
Ridderbos a montré que "le contraste entre le charismatique et l'institutionnel
est au fond tout aussi faux que celui entre les ministères charismatiques
et non-charismatiques dans lÉglise". Pasteurs et docteurs,
aides, et administrations (les charismes de gouvernement) figurent au premier
rang des charismata que le Christ donne à son église (Ep. 4,11 ;
1 Cor. 12,28)" (The Pastoral Epistles, NIGTC, Grand Rapids/Carlisle,
1992, p. 29-30). Le reste du développement, qui montre comment cet intérêt
pour le gouvernement des communautés est présent tout au long
des lettres de Paul, est tout aussi important : je ne peux qu'y renvoyer.
18. C'est la traduction
de 1,5 dans la B.J. en fascicules ; voir aussi la note sur ce verset.
19. Car 1,5 n'oblige
pas à penser que Paul est passé en Crète, où il
aurait laissé Tite : l'expression peut s'entendre comme une sorte de
réponse à une question de Tite sur les projets de Paul. D'ailleurs,
l'expression "ceux qui nous aiment dans la foi" en 3,15 pourrait être
l'indice que Paul n'est pas personnellement connu des Crétois. Cela dit,
Paul a parfaitement pu faire un voyage en Crète dont Luc ne se serait
pas fait l'écho : on y reviendra plus loin.
20. Bien sûr,
les tenants de la pseudépigraphie verront dans ces exhortations un procédé
littéraire, répété en 2 Timothée (voir le
fameux manteau de 4,12) : elles n'ont pourtant rien que de très
naturel dans des lettres familières, et le prétendu pseudépigraphe
aurait été plus avisé de mieux copier le style et les orientations
des autres lettres s'il avait voulu faire plus vrai.
21. M. GUERRA Y GOMEZ,
Episcopos y Presbyteros, Evolución semántica de los términos
desde Hómero hasta el siglo segundo despues de JesuCristo, Burgos,
1962.
22. Op. cit.,
p. 169.
23. Cf. A. DEISSMANN,
Bible Studies, p. 230.
24. Voir en particulier
J.P. MEIER, "Presbyteros in the Pastoral Epistles", CBQ 35
(1973), p. 323-345.
25. Elle repose surtout,
semble-t-il, dans le fait "d'exhorter dans la saine doctrine et de confondre
les contradicteurs" (Tite 1,9), bref dans une mission de "prédication"
qui paraît plus spécifique de l'épiscope.
26. Encore que le
terme soit présent déjà dans un papyrus grec datant de
113 av. J.C. : cf. A. DEISSMANN, Licht vom Osten, Tubingue, Mohr,
1923, p. 315 n. 5.
27. SPICQ pense résolument
à des "diaconesses": op. cit., p. 460 ; DIBELIUS/CONZELMANN
sont beaucoup plus vagues et hésitent à se prononcer : op.
cit., p. 58.
28. Voir en particulier
Yann REDALIÉ, Paul après Paul. Le temps, le salut, la morale
selon les épîtres à Timothée et à Tite,
Coll. "Le Monde de la Bible, 31", Genève, Labor et Fides, 1994,
n. 22 p. 62.
29. Voir l'article
"églises" du Dictionnaire d'Archéologie Chrétienne
et de Liturgie.
30. Paul, Apostle
to the Gentiles. Studies in Chronology, Philadelphia, Fortress Press, 1984.
L'original allemand date de 1980.
31. Ph. ROLLAND,
"Discussions sur la chronologie paulinienne", dans NRT 114
(1992), p. 870-889, montre la grande fiabilité de Luc et considère
comme injustifié "le scepticisme moderne à légard
de la valeur historique des Actes". En même temps, il reconnaît,
ce qui est aussi la perspective développée ici, quil faut
parfois mettre en question la chronologie de Luc, et "tenir compte non
seulement des lacunes de son information, mais aussi de ses omissions volontaires".
32. Cest le
cas de Lüdemann, mais aussi de son critique, J. Murphy OConnor, dans
" Pauline Missions before the Jerusalem Conference " in
RB 89 (1982), p. 71-91.
33. Lüdemann
l'avait déjà fait de manière moins développée :
op. cit. p. 170.
34. J. TAYLOR, Les
Actes des deux Apôtres, Commentaire historique (Ac. 9,1-18,22), Coll.
"Etudes Bibliques, 23", Paris, Gabalda, 1994, p. 325-326. Rappelons
que cet auteur s'appuie largement, sans en reprendre toutes les conclusions,
sur le travail de M.E. Boismard et A. Lamouille paru en 1990 chez le même
éditeur, et visant à réhabiliter la version occidentale
des Actes des Apôtres.
34bis. Les critiques
faites par J. Murphy O'Connor ("Pauline Missions before the Jerusalem Conference",
dans RB 89, 1982, p. 71-91, spécialement p. 88-89) à
la reconstruction chronologique de Lüdemann, critiques faites sur la base
d'une interprétation contestable de la "Conférence de Jérusalem",
et donc d'Ac. 15, ne portent pas face à la reconstruction de Ac. 15-18,22
qui a été proposée plus haut : l'hypothèse
de deux visites à Corinthe dans les annés 43-52 est parfaitement
plausible, sinon même vraisemblable.
35. Op. cit.
p. 164-171.
36. Deuxième
aux dires de Luc, d'après l'information que celui-ci possède.
Il est possible qu'au cours de cette période, Paul ait entrepris plus
d'un voyage...
37. C. SPICQ, Les
Épîtres Pastorales, 2 vol., 4e éd., Paris, Gabalda,
1969, dépense beaucoup dénergie à établir
qu'en vérité, Timothée devait être plus âgé
et plus aguerri que ne le laisse entendre le sens obvie des affirmations de
1 Timothée : ne serait-ce que pour présider une communauté.
En dehors du fait que le chef de communauté ne pouvait être un
converti de fraîche date (cf. 3,6), ce que n'était pas Timothée
puisqu'il a sans doute, comme on va le voir, connu Paul dès le premier
voyage en Asie, on ne sait rien en fait des règles qui régissaient
cette présidence, et lon ne peut présumer quelles
étaient identiques à celles "du siècle". Il nest
que trop clair que la plaidoirie de Spicq résulte dune idée
a priori, celle du caractère tardif de la lettre dans la carrière
de Paul. Un exemple suffira : "... Pour saint Paul, qui est alors
un vieillard (Phm 9), et pour lequel Timothée restera toujours lenfant
quil a enlevé à laffection de Loïs et Euniké
(2 Tim. 2,5)..." (p. 512).
38. Op. cit.,
p. 231.
39. Op. cit.,
tableau p. 272.
40. Op. cit.,
p. 191.
41. Dans la B.J.
en fascicules, en Tite 3,3, on trouve toutefois pote traduit par naguère...
41bis. B. GINESTE,
"Genomenos en rhômè (2 Tim. 1,17) : Onésiphore
a-t-il été à Rome ? », dans RT 1996/1,
p. 67-106.
42. On le verra
plus loin, les indications données à la fin de la lettre suggèrent
tout autre chose que Rome comme lieu d'écriture de la lettre.
43. M. PRIOR, Paul,
the Letter-Writer and the Second Letter to Timothy, JSNT 23, Sheffield,
1989, p. 67 : "cette suggestion n'a pas été prise au
sérieux".
44. Du fait du contexte,
où il largement question de faiblesse et de force ; du fait de la
lexicographie ; du fait du rapprochement avec 4,22b dans le Codex Bezae
("porte-toi bien, en paix") ; du fait -aux yeux de l'A.- que
la mention de Rome s'accorde mal avec l'écriture à Césarée
que suppose toute la lettre etc.
45. Sur tous ces
points, op. cit., ch. 5.
46. Ce n'est sans
doute pas un hasard si cela correspond aux parties bien connues en "nous".
47. 1 Cl.
5,6
48. Op. cit.
p. 65-66.
49. Op. cit.
p. 277-278.
50. Op. cit.
p. 277. G.W. Knight apporte ici un intéressant commentaire qui va dans
le même sens que Spicq : "Quand on s'intéresse à
l'usage de pistis dans les Pastorales, un modèle émerge
selon lequel pistis sans l'article (par ex. 1 Tim. 1,2.4.5.14.19a ;
2,7.15 ; 3,13 ; 4,12 ; 5,12 ; 6,11) paraît être
utilisé en son sens subjectif et pistis avec l'article (1 Tim.
1,19b ; 3,9 ; 4,1.6 ; 5,8 ; 6,10.12.21) dans son sens objectif.
Tout aussi évidente apparaît l'imbrication de ces deux formes"
(The Pastoral Epistles, NIGTC, Grand Rapids/Carlisle, 1982, p. 64).
51. Le terme de
piété est caractéristique des Pastorales : il ne se
trouve dans le NT en dehors d'elles que dans les Actes (nouveau point de contact
avec l'oeuvre lucanienne) et en 2 Pierre. Les termes de racine euseb-
se rencontrent à deux reprises en Tite (1,1 et 2,12) comme en 2 Tim.
(3,5.12), mais ils sont surtout l'apanage de 1 Tim. (2,2 ; 3,16 ;
4,7-8 ; 5,4 ; 6,3.5.6.11). En Tite 1,1, il est question de "la
connaissance de la vérité qui est selon la piété",
ce qui suggère d'emblée que le terme de piété est
référé à la connaissance ; en 1 Tim. 6,3, c'est
maintenant la doctrine qui est "selon la piété".
52. F. YOUNG, The
Theology of the Pastoral Letters, Cambridge, University Press, 1994, p.
75 : "Le terme grec pour enseignement, didaskalia, revient
15 fois dans les Pastorales, contre six en tout dans le NT (..) En outre, de
manière unique dans le NT, Paul y est décrit, en plus du qualificatif
classique d'apôtre, comme enseignant à deux reprises (..) Inversement,
l'enseignement des démons, l'heterodidaskalein, se trouve deux
fois en 1 Tim. et nulle part ailleurs dans les autres textes chrétiens
postérieurs".
53. J. BONSIRVEN,
Le judaïsme palestinien au temps de Jésus-Christ, vol.
II, Paris, Beauchesne, 1934, p. 49.
54. Op. cit.,
p. 50
55. PHILON D'ALEXANDRIE,
De Migratione Abrahami, § 43-44. On trouvera de nombreuses autres
références dans la note sur ce passage, dans l'édition
des oeuvres de Philon au Cerf.
56. Sur cette date
et ce lieu, voir The Old Testament Pseudepigrapha, J.H. Charlesworth
ed., Darton, Longman et Todd, Londres, 1985, vol. II, p. 533-536. L'auteur de
4 Mac. est considéré comme "un juif profondément influencé
par la pensée philosophique grecque et tout à fait à l'aise
avec la langue grecque. Son oeuvre est remarquablement exempte de tout sémitisme,
et les citations de l'AT suivent toujours les Septante".
57. Qui est aussi
celle des Pastorales où les termes de racine euseb- sont les
plus fréquents.
58. E. SCHÜRER,
The History of the Jewish People in the Age of Jesus-Christ, ed. revue
par G. Vermes, F. Millar et M. Black, Edimbourg, T&T Clark, 1979, vol. II
p. 415.
59. mAb.
2,6.
60. Op. cit.,
p. 47.
61. C. SPICQ, Les
Epîtres Pastorales, Paris, Gabalda, vol. II, p. 646.
62. Le terme d'appréhension
est évoqué, non sans circonspection ("peut-être"..),
par C. SPICQ, op. cit., vol. I, p. 360.
63. A ces deux égards,
ils se différencient nettement du texte de Tertullien évoqué
par DIBELIUS/CONZELMANN, op.cit., p. 38 : "Nous prions sans
cesse pour tous les empereurs ; nos prières consistent à
demander que leur vie soit abondante, que leur empire soit en sécurité,
que leur maison soit sauve, que leurs armées soient fortes, le Sénat
fidèle, le peuple confiant, le monde en paix, et bien d'autres prières
que l'on peut faire pour un homme et pour l'empereur" (Apologie,
30). Voir encore 1 Clément 61.
64. Il ne faut pas
voir là l'expression d'une nostalgie, mais d'une rigueur scientifique :
la pseudépigraphie ne peut être que l'explication de la dernière
chance pour des lettres qui se présentent textuellement et littérairement
comme ayant Paul pour seul auteur, et qui, en outre, manifestent tant de points
communs avec le reste de son oeuvre (cf. J.N.D. KELLY, A Commentary on the
Pastoral Epistles, HNTC, New York, 1963, rééd. Grand Rapids,
1981, p. 16s).