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STRUCTURE LITTÉRAIRE DU « DISCOURS COMMUNAUTAIRE » DE MATTHIEU 18
RÉSUMÉ
Le Discours communautaire de Mt 18 permet de mettre en lumière, de façon privilégiée, une technique littéraire caractéristique, qui consiste assembler des unités élémentaires en « périodes » ternaires par des procédés simples répétition, inclusion, crochets, puis à les grouper en une grande section selon un schéma riche de symétries et de sens.
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SUMMARY
The Community Discourse of Mt 18 sheds light, in a particularly clear manner, on a specific literary technique which consists of assembling elementary unities in triple « periods » by simple means : repetition, inclusion, link-words, then to gather them in a long section, following a schema rich in symmetries and meaning.
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INTRODUCTION
Une lecture judicieusement rythmée du ch. 18 du premier Évangile permet, non seulement de faire ressortir la structure interne de cet ensemble organisé par Matthieu, mais de détecter certains procédés de composition littéraire qui ont été mis en uvre là par l'Évangéliste, et qu'il vaudra la peine de pister ensuite dans le reste de son livre.
Pour rendre la démarche plus facile à suivre, je vais commencer par exposer en quelques mots, à titre d'hypothèse, le principe de base que je crois nécessaire d'adopter pour se donner les meilleures chances de parvenir à ce que j'ai appelé une lecture « judicieusement rythmée ». La suite montrera si cette hypothèse fonctionne bien, c'est-à-dire ouvre à une lecture intéressante. Et la reprise synthétique, en fin de parcours, des résultats engrangés achèvera, je l'espère, de convaincre que le point dé départ et la méthode étaient bons.
Ce principe est d'ailleurs fort simple il consiste à admettre (et qui le contestera aujourd'hui ?) que Matthieu a travaillé sur un matériau de base composé de petites « unités de sens » distinctes. Celles-ci, qui sont très inégales en longueur et parfois (mais minoritairement) dotées d'une structure rythmique interne, sont diverses par leur origine immédiate, comme le montre la comparaison avec les autres Synoptiques.
Mon hypothèse est que Matthieu a groupé ces unités, à un premier niveau, en petits ensembles littérairement signalisés avec grand soin. Pour fixer un vocabulaire commode et un peu cohérent, j'appellerai « mesures » les unités élémentaires et « périodes » les ensembles du premier niveau.
On verra que ces périodes elles-mêmes s'ordonnent, à un niveau supérieur, en une construction plus vaste qui est celle du Discours.
Le « rythme » ou, si l'on préfère, le découpage que je vais proposer se sépare sur plusieurs points de celui qui est présenté dans le dernier en date des commentaires complets et scientifiquement fouillés de l'Évangile de Matthieu, celui de W. D. Davies et D. C. Allison Naturellement, il coïncide avec lui sur bien d'autres points. Les conclusions que j'en tire sont, elles, assez différentes et, je l'espère, plus susceptibles d'être généralisées à l'ensemble du premier Évangile.
Je numéroterai les périodes et, à l'intérieur de chacune d'elles, je désignerai les mesures par les lettres A, B, C...
J'abrégerai le texte des mesures par trop longues. Et je marquerai par le signe / les éventuelles symétries intérieures à une mesure.
Je donnerai, après le texte de chaque mesure (ou parfois partie de mesure) les références aux autres Synoptiques. Le signe // entre deux références signifiera que deux passages sont parallèles, c'est-à-dire situés à la même place dans la séquence commune des Synoptiques ; le signe = signifiera que deux passages sont équivalents mais non parallèles.
Je soulignerai, dans le texte, les locutions qui jouent un rôle dans la construction de la période. Et, dans les notes qui suivront chaque période, je distinguerai typographiquement les mots directement empruntés au texte.
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