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II. LA CIRCONCISION

La scène de la circoncision tourne autour du thème du nom. La circoncision marque l'entrée dans l'alliance, un renouveau de la personne : c'est à ce moment qu'on choisit le nom, signe de cette alliance. Comme on le fera longtemps ensuite avec le baptême chrétien.

Et c'est sans doute à cause de cette signification fondamentale de la circoncision comme entrée dans l'alliance qu'Élisabeth va refuser d'attribuer à son fils, selon une tradition humaine du fils aîné, le nom de son père (=Dieu se souvient) pour proposer un nom en rapport précis avec l'événement de cette naissance : Dieu fait grâce. Cette appellation avait bien sûr été préparée par l'apparition de l'ange (v.13), mais le choix d'Élisabeth n'est pas qu'obéissance servile à cet appel : il marque la reconnaissance, l'entrée dans le mystère.

D'ailleurs, l'intervention même d'Élisabeth dans le choix du nom est peut-être singulière : il ne semble pas d'après le texte (son intervention parait une intrusion, et l'on se tourne ensuite vers le père) que la mère était appelée à donner son avis ; si elle le fait, c'est que Dieu agit, parle par elle. Zacharie confirme car c'est lui qui a eu la vision de l'ange ; en confirmant, il accueille lui aussi le mystère et la volonté de Dieu : d'où la fin de son mutisme.

Les versets 65-66 sont un trait typique de la rédaction lucanienne : crainte révérentielle et questionnement. Voir des passages de même structure en 4,36-37 ; 5,26 ; 7,16-17 etc. Ils constituent une sorte d'appel indirect au lecteur pour qu'il formule les mêmes questions que celles qui sont exprimées, et pour que, à l'instar des voisins, chacun "mette ces choses en son coeur" : ce que fera Marie en 2,51.

Version 1.0 - septembre 1999
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