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SAINT
MARTIN
DE PORRÈS
APÔTRE
DE LA CHARITÉ |
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par le fr. Wilfrid-Marie
Houeto, op
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INTRODUCTION
Le titre d'apôtre de la charité est celui qui convient
très bien à S. Martin de Porrès. C'est aussi sur
la base de la charité que chacun d'entre nous sera jugé
à la fin de notre séjour ici-bas. Et vous vous demandez
qu'est-ce que cette charité ? Elle est à la fois
simple et mal comprise de nos jours d'où son intérêt.
D'abord une introduction géographique
et historique de S. Martin.
Martin est né dans la ville de Lima au Perou (Amérique
du Sud) en 1579. On se rappellera que l'Ordre des Prêcheurs autrement
connu sous le nom de Dominicains a été fondé en
1216 au sud de la France, trois siècles avant la naissance de
Martin dans ce monde. En 1492, l'Italien Christophe Colomb voyagea en
Amérique pour le compte de l'Espagne. L'Europe découvrait
ainsi un monde qu'elle appellera le "Nouveau Monde".
L'Espagne était au sommet de sa gloire et se servait de missionnaires
chrétiens pour coloniser le monde. Les colonialistes et ceux
qui devaient annoncer la Bonne Nouvelle de Dieu cheminaient et travaillaient
côte à côte. On raconte que les Espagnols conquistadors
malmenaient les Indiens Américains avec une telle cruauté,
les brûlant vifs que c'est un miracle que le catholicisme ait
pu transcender et survivre. Mais heureusement qu'en 1510, 12 Frères
Prêcheurs (Dominicains) Espagnols débarquent dans l'île
de Santo Domingo (ou Saint Domingue). Quelques jours après, un
beau dimanche (on raconte) qu'un des frères Domicains, le Père
Antonio de Montesino dénonce la cruauté et la barbarie
des colonisateurs Espagnols envers la population indigène. Le
Père Antonio de Montesino va jusqu'à menacer les colonialistes
qui malmenaient les populations indigènes de ne pas leur donner
l'absolution. Quelques années après un autre Dominicain
Bartolomé de Las Casas arriva dans le nouveau monde. Il sera
plus tard acquis à la défense des populations indigènes
qui néanmoins continuaient de subir de nombreux sévices
de la part des colonisateurs.
Et un saint naquit....
C'est donc dans cette atmosphère que naît le 9 Décembre
1579 Martin de Porrès. Son père Juan de Porrès
était d'une noble famille espagnole, un chevalier de l'Ordre
de l'Alcantara. Sa mère, Ana Velasquez était une esclave
africaine affranchie, une belle danseuse de cabaret. Martin avait une
sur du nom de Juana, (ou Jeanne en français). Les parents
de Martin n'étaient pas mariés et n'ont apparemment jamais
vécu ensemble, ni avant, ni après la naissance des deux
enfants. Ana élèvera toute seule ses deux enfants.
Juan de Porrès, le père de Martin ne l'avait pas accepté
à la naissance mais un peu plus tard. On raconte que l'acte de
naissance de Martin à l'État Civil de Lima indique jusqu'à
ce jour, "Martin, père inconnu". Un peu plus
tard, le père avait non seulement reconnu son fils, mais il remplit
pleinement et avec beaucoup d'affection son rôle de père,
pour Martin et pour sa sur Juana. Martin grandit près de
sa mère qui était une brave dame mais financièrement
démunie. Elle envoyait Martin faire les courses tous les matins
[au marché public], lui remettant le peu d'argent qu'elle avait
gagné la veille. Il advenait un des trois cas suivants :
Martin rentrait
souvent avec beaucoup de retard ; (1)
Il rentrait
avec un panier [on allait faire les courses avec un panier] à
moitié vide, dans le meilleur des cas ; (2)
Ou il rentrait
avec un panier presque vide alors qu'il avait dépensé
tout l'argent que sa mère lui avait remis. (3)
(1) Martin rentrait avec beaucoup de retard simplement parce
que sur le chemin du marché, il y a une église et
Martin s'y arrêtait souvent pour passer de long moments. On
raconte qu'il était souvent vu agenouillé et en silence
devant le crucifix ou devant la statue de la Vierge Marie: il avait
à peine sept ans.
(2) & (3) Martin rentrait avec un panier vide
ou à moitié vide car il y avait tellement de pauvres
mendiants dans les rues de Lima que Martin ne pouvait les ignorer.
Il leur donnait ce qu'il avait- ce qui ne faisait pas du tout la
joie de sa mère qui n'en avait pas en abondance !
Lorsque Martin avait entre 8 et 10 ans, son père fut nommé
Gouverneur de Panama. Il prit avec eux pour une courte période
Martin et sa sur Juana, ce qui leur permit de bénéficier
d'une éducation élémentaire. Les deux enfants revinrent
vivre avec leur mère quelque temps après.
Lorsqu'il avait environ 12 ans, Martin décida de faire l'apprentissage
pour devenir coiffeur, un métier qui était combiné
avec celui de médecin traditionnel.
Chez les Dominicains...
Á l'âge de 15 ans, Martin décida de se rendre au
couvent des Dominicains du Saint Rosaire dans sa ville natale de Lima.
Il était déjà bien connu dans Lima pour ses grandes
vertus de charité et pour sa profonde vie spirituelle.
Au Prieur des Dominicains, il demanda à être accepté
comme un "donatus " ou "donaldo" en
espagnol. Ceci correspondrait au "familier" que l'on
retrouvait dans les couvents dominicains ou qu'on retrouve encore dans
certains monastères de nos jours. Le "donatus"
était au bas de l'échelle dans de l'Ordre des Prêcheurs.
Non seulement il ne faisait aucun vux, mais il offrait ses services
en échange d'un logement au couvent et de sa prise en charge
par les frères. Les "donatus" étaient
membres du Tiers Ordre Dominicain aussi appelé Laïc Dominicain.
Au couvent des Dominicains, Martin accomplissait des tâches variées.
Il faisait la cuisine pour les frères, était le linger
du couvent, l'homme de ménage [raison pour laquelle il est souvent
montré avec un balai à la main.] Martin était le
"One man show" du couvent des Dominicains. En dehors du couvent,
il avait quelques apostolats de taille : il a continué à
s'occuper des malades de la ville, un boulot qu'il pratiquait avec celui
de coiffeur avant de rejoindre les Dominicains. Martin avait organisé
une soupe populaire et on raconte qu'il nourrissait quelques centaines
de Péruviens par jour ; il recevait un soutien financier
des riches de Lima qui lui faisaient entière confiance. Martin
recevait sans demander des milliers, peut-être des centaines de
milliers de francs : on était au 17ième
siècle dans un pays pauvre. Avec l'argent que l'on lui confiait,
Martin s'occupait des uvres et des enfants de Dieu. Ainsi, il
ouvrit un orphelinat et en confia la gestion à sa sur.
Pendant les cinq premières années au couvent du Saint
Rosaire, Martin s'était constamment vu offrir des positions "meilleures",
tel que faire les vux et accéder au rang de "frère",
mais Martin constamment refusa disant qu'il préférait
être un simple objet dans la maison de son Seigneur. Cependant,
à l'âge de vingt ans, Martin fut obligé par le Prieur
de faire ses vux, devenir frère coopérateur, et
donc devenir membre à part entière de la famille dominicaine.
Il obéit, et fit ses vux. Pendant 40 après cela,
Martin mena une vie de charité basée sur un intense
prière.
ET QU'EST-CE QUE LA CHARITÉ?
C'est le Pape Jean XXIII qui, pendant la cérémonie de
canonisation de Martin de Porrès le 5 mai 1963, lui donna le
titre d'apôtre de la charité. Et c'est ce qu'il est en
réalité.
La prière fut ce que Martin découvrit très
tôt dans sa vie. On se souviendra que déjà dès
l'âge de sept ans, peut-être bien avant, Martin passait
de longs moments dans les églises. Plus tard, lorsqu'il devint
coiffeur, on l'a souvent surpris enfermé dans sa chambre qui
devint son sanctuaire, absorbé par la prière. Il était
souvent en extase.
L'apôtre S. Paul nous enseigne en long et en large la charité
à travers ses épîtres : Rom. 12 :9, Rom.
13 :10, Rom. 14 :15, Rom. 15 :30, 1Cor. 4 :21, 1Cor.
8 :1, 1Cor. 13 et suivants, 1Cor. 14 :1, 1Cor. 16 :14,
etc., etc......
La charité est donc une vertu et en tant que telle, elle est
une disposition à aimer, ici, aimer Dieu. Dieu appelle
chacun d'entre nous à une amitié spéciale avec
Lui un peu comme un parent s'attend naturellement à une certaine
amitié avec son enfant. Mais c'est Dieu qui le Premier nous aime.
Lorsque nous l'aimons, nous ne faisons que répondre à
son amitié. Les saints sont ceux qui ont aimé Dieu de
tout leur cur et c'est aussi ce que chacun d'entre nous est appelé
à faire, aimer Dieu. La charité est un amour d'amitié
qui se manifeste de deux façons :
nous entrons
dans une amitié (ici avec Dieu). Deux personnes sont attirées
l'une vers l'autre parce qu'il y a quelque chose dans l'autre qui
attire et que nous aimons.
ou nous entrons
dans un amour d'amitié simplement parce que nous désirons
le bien pour l'autre ; c'est ce qui caractérise la charité
car elle nous pousse à simplement désirer le bien de
l'autre, notre ami.
Dans un monde où on parle beaucoup d'amour et où on se
sert de ce concept pour toutes sortes d'abomination et de perversion,
on comprend que le mot puisse prêter à confusion.
Notre ami ici est Dieu et nous entrons dans une amitié naturelle
avec Dieu. Notre amitié est plutôt une réponse à
l'amour de Dieu. Or, nul n'a jamais vu Dieu qui soit encore de ce monde.
Nous ne pouvons voir Dieu qu'à travers ses uvres. Ses uvres
sont notre prochain, tous ceux qui nous entourent aussi bien que tout
ce que Dieu a créé. Nous savons que ce que Dieu
a créé est très bon ~Gen 1 :31. Le
bien que nous voulons faire à Dieu dans notre élan de
charité, nous le faisons à ses créatures :
notre prochain et tout ce que Dieu a créé.
Au couvent des Dominicains, Martin était complètement
dédié au service de ses frères. Il s'assurait que
la cuisine était faite, bien faite et à temps. À
la lingerie, Martin prenait grand soin du linge du couvent. Il était
chagriné lorsque des souris entraient dans les placards et rongeaient
le linge y laissant des trous. Martin aurait pu mettre du raticide pour
se débarrasser des souris qui n'étaient que des parasites
très nuisibles. Mais là encore, Martin avait quelque chose
d'un peu franciscain en lui en ce sens qu'il se rendit compte que la
souris est aussi une créature de Dieu. Il ne voulu point les
détruire. "Pauvres bêtes ", s'écria t-il
un jour exaspéré. "Elles n'auraient pas rongé
le linge si elles avaient quelque chose à manger." Et
il refusa de poser des pièges ou encore de répandre du
raticide pour tuer les souris. Un jour, alors que Martin travaillait
dans la lingerie, il vit une petite souris sortir d'un trou. Martin
se mit à lui parler. "Va chercher toutes les autres souris
et je vous ordonne de quitter cette lingerie et d'aller faire votre
demeure au milieu du jardin. Là-bas, je viendrai vous apporter
à manger tous les jours." Les frères qui avaient
assisté au sermon de Martin à la souris racontent que
le rongeur écouta Martin très attentivement les oreilles
dressées vers l'avant alors que ses yeux scintillaient de peur.
La bête retourna dans son trou. Quelques minutes après,
les frères virent sortir de plusieurs endroits de la lingerie
une légion de souris et toutes se mirent comme en rang pour se
rendre dans le jardin comme Martin le leur avait demandé. Là-bas,
elles creusèrent de nouveaux trous et y firent leur nouvelle
demeure. Martin leur apportait à manger tous les jours comme
il le leur avait promis.
Martin était le coiffeur du couvent. Un jour, après avoir
coupé les cheveux d'un frère, il l'entendit se plaindre
de sa nouvelle coupe de cheveux à un autre frère. Martin
réalisa qu'il n'avait pas bien pris soin d'une créature
de Dieu [Quelqu'un d'autre se serait révolté qu'on critiquait
ce qu'il pense avoir fait de bon cur.] Martin pensa plutôt
à réparer sa "faute". Il alla cueillir des fruits
et vint offrir au frère mécontent de sa coupe de cheveux
un panier de fruits frais et variés lui demandant pardon. Le
frère en fut bouleversé.
Dans la ville de Lima, il y avait beaucoup d'Indiens qui étaient
déshérités et qui s'adonnaient à des substances
de dépendance. Ils vivaient dans les rues. Á eux et pour
les nombreux dépourvus de Lima, Martin organisait une soupe populaire.
Il leur donnait à manger une fois par jour. Pour eux, Martin
était une star, un vrai héros. Tous les jours lorsqu'il
apparaissait pour prier avant de servir le repas, la foule jubilait.
Mais Martin priait, les exhortant à "sauver leurs âmes
par le sang du Christ versé pour nous." On entend ici la
préoccupation du salut des âmes, cher à S.
Dominique mais mieux encore. Martin aimait tellement tout le monde,
surtout les déshérités. Il veut que bien au-delà
de la nourriture terrestre, ces braves âmes puissent gagner le
vrai combat : aller un jour au ciel. Ce n'est que la charité
qui pousserait à ce désir pour l'autre.
Martin voyait et aimait Dieu à travers les orphelins. Aussi
il fonda un orphelinat dont il confia la gestion à sa sur.
Lui qui avait fait des vux de pauvreté et ne possédait
ni compte courant bancaire, ni quelque bien que ce soit. Ceux qui en
avaient en abondance voyaient le bien fondé de l'uvre de
Martin, et y participaient. Il est dit de Martin qu'il savait
aimer le pauvre sans haïr le riche, ce que certaines personnes
animées d'une bonne volonté peuvent avoir du mal à
concevoir. Pour Martin, nous sommes tous des enfants de Dieu, riches
ou pauvres.
Au couvent et pour tous ceux qui en éprouvaient le besoin, Martin
était l'infirmier. Il aimait s'occuper des malades pour qui il
avait une attention singulière. Pour Martin, le malade est
quelqu'un qui est dans une lutte, c'est-à-dire la souffrance.
Cette lutte est à la fois physique, psychique, etc. mais surtout
spirituelle. Pour Martin, la malade est beaucoup plus qu'un cas médical
car l'âme du malade aussi bien que le salut de l'âme sont
impliquées dans la lutte spirituelle.
C'est Dieu qui créa tout ce qui existe dans la nature et tout
ce qu'il créa est bon. Aussi, lorsque exaspéré
par l'odeur nauséabonde d'un chien sale et couvert de gale qui
était tout le temps devant le couvent des Dominicains un frère
le tua et l'enterra dans le jardin du couvent, Martin n'approuva pas
ceci. Il alla déterrer le chien le ressuscita, soigna
ses plaies, lui donna à manger et lui demanda d'aller loin,
très loin du couvent.
Martin respirait la charité. Il la vivait à tout
moment, c'est-à-dire qu'il était arrivé à
développer une vraie amitié avec Dieu. Il était
constamment en présence de Dieu à travers Ses créatures.
Et Dieu se manifestait constamment à travers les nombreux
miracles que Martin accomplissait : "si vous
ne croyez pas en lui, croyez en ses uvres, car Dieu est sans aucun
doute avec lui." La vertu de charité semble déborder
sur d'autres :
l'humilité :
devant les merveilles de Dieu, on ne peut être que déboussolé.
On reconnaît sa petitesse. Une fois, l'Archevêque de Panama
voyageait au Pérou où il tomba malade d'un violent mal
de tête. On consulta tous les médecins de la ville sans
succès. Pris de panique, le Prieur du Couvent des Dominicains
eut l'idée de faire venir le fr. Martin dans la chambre de
l'archevêque. Á peine fut-il arrivé qu'il imposa
les mains sur le prélat et la fièvre disparut. Après
ceci, Martin fut troublé et remarqua que le prélat ne
devait pas se moquer d'un pauvre mulatto de la sorte.
la sagesse :
Martin n'aimait pas passer jugement sur les autres[ il se sentait
toujours en présence de créatures de Dieu]. S'il était
amené à donner son opinion, il cherchait toujours le
bon côté.
l'obéissance :
Martin n'aimait pas désobéir. Cela serait aller contre
un de ses vux religieux mais pire, cela vaudrait aller contre
la volonté de Dieu. Au moins une fois cependant, Martin se
trouva dans une situation difficile. Il amenait les malades et les
blessés des rues de Lima pour les soigner dans sa cellule au
couvent. Ceci indisposait les frères qui se sont plaints, auprès
du Prieur. Celui-ci ordonna Martin de ne plus amener les malades ou
les blessés au couvent. Martin se conforma à cet ordre.
Un soir, Martin rentrait au couvent lorsqu'il aperçut un Indien
qui était blessé et saignait abondamment. Martin se
souvint de l'ordre d'interdiction qu'il avait reçu mais réalisa
que s'il laissait le pauvre homme sur le trottoir, il allait mourir
avant le lever du jour. Il prit le risque d'outrepasser l'ordre d'interdiction.
Il amena une fois encore le malade dans sa cellule, pansa sa blessure,
lui donna une petite douche et quelque chose à manger. Tôt
le matin, pensant que personne ne l'avait vu, il congédia son
hôte. Mais un frère avait aperçu Martin passer
outre l'ordre du Prieur. Ce jeune frère alla en parler au Prieur
qui tout furieux, appela Martin pour lui demander si c'était
vrai qu'il avait désobéi. Après que Martin eut
avoué sa faute, le Prieur furieux lui infligea une punition.
Martin l'accomplit rapidement et surtout très gaiement. Bien
après, lorsque toutes les passions étaient calmées,
Martin retourna voir le Prieur pour le supplier de lui pardonner sa
désobéissance. Le Prieur supplia Martin de lui expliquer
ce qui s'était réellement passé, comment lui
qui est un réel modèle de vie religieuse admiré
par tous les frères a pu passer outre l'ordre du Prieur. Martin
prit la parole et dit au Prieur que lorsqu'il s'était trouvé
devant la situation, il s'était bien rappelé l'ordre
d'interdiction mais qu'il avait pensé que le précepte
de charité précède le précepte d'obéissance.
Le Prieur n'avait jamais pensé le problème en ces termes
et n'avait même pas pensé à la vie religieuse
en ces termes. Il regretta avoir prêté attention au frère
venu lui rapporter le fait, demanda pardon à Martin pour l'avoir
puni et lui dit à la fin : "Vous avez bien agi cher
frère ; la prochaine fois vous pouvez recommencer de la
même façon."
Pour une vie entièrement vécue dans la charité,
Dieu n'abandonne pas ses amis. Mieux, Il est plus proche de Ses amis
que nous ne l'imaginons. Dieu se manifestait à travers Martin
par les nombreux miracles que le frère accomplissait presque
tous les jours.
Il m'arrive [à moi votre pauvre serviteur] de penser
que Martin, tout comme beaucoup d'autres saints arrivent à avoir
une vision du ciel pendant qu'ils sont encore de ce monde. Et le ciel
doit être d'une certaine inimaginable beauté que personne,
conscient de l'état misérable qui est le nôtre
ne s'en sentirait digne.
Martin était l'ami d'une multitude de gens
à Lima
dont au moins deux ont été canonisés :
Ste Rosa de Lima et S. Juan Macias,
tous trois reposant au couvent du Saint Rosaire à
Lima.
Le
fr. Martin naquit au ciel le 3 novembre
dans l'année du Seigneur, 1639.
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