Le Vietnam
situation sociale, culturelle et religieuse

Le Vietnam : situation sociale, culturelle et religieuse - DOMUNI - 2006

1. Un bref rappel historique

Le Vietnam est un pays de la côte Est de l'Asie du Sud-est, limité par la Chine au Nord et par la mer de Chine à l'Est et au Sud, par le Cambodge et par le Laos à l'Ouest. Il couvre une surface de 329.566 kilomètres carrés, avec une population de 80 millions d'habitants.

Avec une histoire de plus de 4000 ans (2000 années d'histoire écrite), le Vietnam a été sous la domination de la Chine pendant approximativement 1000 ans depuis le IIIe siècle avant Jésus Christ jusqu'au XVIIIe siècle après JC. Pendant les 200 dernières années, le Vietnam a été 100 ans sous la domination française (1844-1945), deux ans sous les japonais (1943-1945, pendant la seconde guerre mondiale).

Depuis 1954 jusqu'à 1975, la nation a été divisée entre le Nord et le Sud. Une guerre civile sanglante a duré deux décades avec l'intervention américaine (alliée du Sud) et russe (alliée du Nord).
Depuis 1976, le Vietnam est réuni. Il est dirigé par le parti Communiste.

2. Situation culturelle et religieuse

Comme les autres pays asiatiques, le Vietnam a une culture et une religion très développée. Il faut noter que, même s'il est situé dans l'Asie du Sud-est, la culture du Vietnam est de l'Asie de l'Est. C'est une culture semblable à celle de la Chine. En fait, il intègre des éléments de la culture chinoise et d'autres qui proviennent du christianisme ou d'autres cultures étrangères.

La religion et les philosophies religieuses ont influencé la culture vietnamienne. Les valeurs morales et le comportement des Vietnamiens se sont structurées par la pratique des philosophies et des religions populaires comme le Confucianisme, le Taoisme, le Bouddhisme, le Christianisme et deux religions indigènes : Hoa Hoa et Cao Dai.

A. Bouddhisme

Le bouddhisme, principale religion au Vietnam avec plus de 50 % de la population qui s'en réclame, a laissé une profonde empreinte dans la pensée et le comportement des vietnamiens : la pratique du détachement, la compassion universelle, la non-violence, le respect de la vie, la bienveillance, le détachement.

B. Catholicisme

Le catholicisme est la seconde religion et regroupe quelques 7 millions de croyants, soit près de 9 % de la population. L'influence catholique sur le style de vie des vietnamiens ne peut être ignorée. L'Eglise a l'un des systèmes d'éducation les mieux organisés et propose au peuple une forme de langage écrit appelé « Quoc Ngu » (langage national). L'introduction de ce langage constitue le grand tournant de la littérature vietnamienne dans sa relation avec la civilisation Occidentale.

3. Le développement de l'Eglise catholique vietnamienne

Le catholicisme a été introduit au Vietnam en plusieurs lieux au même moment. Dans le Sud, les missionnaires dominicains arrivent de Malacca en 1550. Un autre groupe de dominicains venus des Philippines débarque dans le Nord du pays en 1583. Les jésuites pénètrent dans le centre du pays en 1615 et finalement les missionnaires français des Missions Etrangères de Paris (MEP) en 1659.

En 1659, le pape Alexandre VII établit deux diocèses au Vietnam : un dans le Sud incluant l'empire Champ et un autre dans le Nord incluant une partie de la Chine du sud.

A. Naissance et développement dans la persécution
(XVIe-XIXe siècles)

L'Eglise catholique vietnamienne a été continuellement persécutée depuis le début du XVIIe siècle jusque tard dans le XIXe siècle. Pendant cette longue persécution, 130.000 personnes (dont évêques, prêtres, religieux, catéchistes, séminariste, laïcs, étrangers ou indigènes) sont mortes pour leur foi.

En juin 1988, le pape Jean Paul II a canonisé 117 martyrs du Vietnam.

B. Développement au Service
(pendant la première partie du XXe siècle)

En dépit de la persécution, l'Eglise du Vietnam a continué à grossir au XXe siècle. En 1925, le Vatican a établi une nonciature apostolique pour l'Indochine à Hue, le centre du Vietnam. En 1933, après 400 années d'évangélisation, beaucoup de diocèses avaient des évêques locaux.

Ce qui a marqué la croissance de l'Eglise a été l'établissement de la hiérarchie catholique du Vietnam par le pape Jean XXIII en 1960.

C. L'Eglise est une société complexe
(1955 -1975)

Après 1950, le catholicisme a décliné dans le Nord où les communistes l'ont considéré comme une force réactionnaire opposée à la libération nationale et au progrès social. Dans le Sud, au contraire, sous le président catholique Ngo Dinh Diem (qui l'a promue comme un rempart contre le Nord Vietnam), l'Eglise profitait d'avantages sur les non-catholiques dans le commerce, les professions, l'éducation et le gouvernement.

En 1954 les Communistes expulsent les français du Nord. En 1955, il reste 600.000 catholiques, ensuite estimés à 650.000, qui fuient vers le Sud. Tous les missionnaires étrangers ont fui dans le Sud ou bien ont été expulsés.

L'Eglise est privée de son autonomie traditionnelle pour diriger des écoles, des hôpitaux, des orphelinats. Son droit traditionnel à posséder est aboli. Les prêtres et les religieuses sont forcés et encouragés à retourner à la vie séculière. Beaucoup d'entre eux, aussi bien que des laïcs sont emprisonnés sans aucun jugement.

Ce régime a été appliqué aussi par les Communistes aux Catholiques du Sud à partir de 1975. 400 prêtres et séminaristes et 56.000 laïcs catholiques ont semble-t-il fui le pays juste avant la victoire des communistes.

4. La situation présente

A. Les symptômes d'une société bloquée 1

Le Vietnam fait partie maintenant des pays les plus pauvres, avec un Produit National Brut par habitant de 280 $.

25 % de la population vit au dessous du niveau de pauvreté et le taux de chômage est de 20 %.

Les valeurs morales s'effondrent. La corruption, les gangs criminels, le trafic de drogue et la prostitution créent des problèmes journaliers.

L'industrie du sexe associe de jeunes enfants, elle a cru de 13 % en 1996 à 16 % en 1997 et 25 % en 1998. Près de 25.000 enfants des rues sont pris dans la prostitution. Il y a près de dix mille jeunes filles de moins de 16 ans qui se prostituent au Cambodge, sans compter la Thaïlande, Taiwan ou Hong-Kong. La situation s'explique par les problèmes économiques et le manque de formation religieuse.

B. La longue marche vers la liberté2

1. Liberté de parole et de la presse

La constitution promeut la liberté de parole et de la presse, mais dans la pratique, le gouvernement limite sévèrement ces libertés, spécialement pour la politique et la religion. Le Parti, le Gouvernement et les organisations des mass média contrôlées par le parti contrôlent tout ce qui est imprimé ou sur support électronique. Le Gouvernement approuve la publication d'un certain nombre de journaux, mais restreint l'accès à Internet et censure les publications étrangères.

2. Liberté de réunion pacifique et d'association

Le droit de se réunir est réduit par la loi et dans la pratique. Les gens qui veulent se réunir doivent demander un permis que les autorités peuvent donner ou refuser arbitrairement. Les citoyens ne sont pas autorisés à s'organiser en des organisations que ce soient des partis politiques, des syndicats, des groupes religieux ou des associations d'anciens combattants.

3. La liberté religieuse

La Constitution et les décrets du Gouvernement défendent la liberté de culte mais le gouvernement continue à restreindre les activités religieuses qu'il perçoit comme en désaccord des lois et règles de l'Etat. Le Gouvernement maintient aussi des règlements pour contrôler les hiérarchies et les activités religieuses.

Les organisations religieuses doivent obtenir du Gouvernement la permission d'avoir des séminaires, des rassemblements ou des célébrations en dehors du calendrier religieux habituel, pour construire ou restaurer les lieux de culte, pour ordonner ou déplacer le clergé.

Le Gouvernement cherche à contrôler la Hiérarchie, en demandant à tout le clergé de faire partie de l'Association Patriotique Catholique, contrôlée par le Gouvernement. Les évêques et les prêtres sont autorisés à voyager librement dans leur diocèse mais ils sont limités pour les autres régions. Le gouvernement a limité l'Eglise à 6 grands séminaires pour tout le pays, et à ne recruter de nouveaux séminaristes que tous les deux ans. Les séminaristes doivent recevoir l'autorisation du gouvernement aussi bien pour entrer au séminaire que pour recevoir l'ordination sacerdotale. Ainsi, bien entendu, le nombre des séminaristes et des prêtres reconnus par le gouvernement reste très limité, particulièrement au Nord Vietnam.

L'Eglise du Vietnam ne souffre pas seulement du manque de liberté religieuse, mais aussi de la misère. Beaucoup des propriétés de l'Eglise ont été confisquées. En ce moment, l'Eglise n'a pas d'école ni d'hôpital... tandis que beaucoup d'églises ont été détruites par les guerres. Pour donner un seul exemple, dans le diocèse de Bac Ninh dans le nord du Vietnam, 80 % des églises ont été détruites par les guerres. L'évêque et son peuple ont fait de leur mieux, avec l'aide du reste du monde, pour reconstruire leurs églises. Cependant comme les besoins sont grands et que leurs ressources sont limitées, 70 % des paroisses et sous-paroisses n'ont pas encore d'églises pour célébrer leur foi et vivre en communion ensemble, avec leur évêque et avec l'Eglise universelle dans une situation aussi difficile et aussi compliquée.

Février 2006


1 Cf. World Mission, June 1999, p. 26.

2 Cf. the document of the Bureau of Democracy, Human Rights, and Labor, January 30, 1997


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