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Fr. Michel VAN AERDE, op
"Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas" (A. Malraux)
Conférence donnée à l'invitation
du Lions Club de Toulouse-Languedoc, en janvier 2003

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3ème partie : Le 21ème siècle : Ré-enchanter le Monde ?
Entre New Age et intégrismes

A. Individualisation du croire

1. chiffres

En 1966, 89% des français déclaraient appartenir à une religion, et 10% s'affirmaient « sans religion » ;

en 2000, un tiers de siècle plus tard, les pourcentages respectifs sont : 55% et 45% 

Chez les moins de 50 ans, les sans-religion sont devenus majoritaires

Chez les 18-24 ans, les sans-religion atteignent même 63%.

2. Le New Age

a. Pas seulement un syncrétisme

Il s'agit d'un courant culturel très ample. Il ne s'agit pas seulement d'un syncrétisme, un pot pourri où l'on mélangerait un peu de toutes les religions. C'est un mouvement dont la religiosité est à géométrie variable et adaptation individuelle, sur mesure, pour vous vous faire rêver, pour vous consoler, pour vous stimuler lorsque vous avez peur de prendre une décision, pour vous conforter dans le merveilleux et l'illusion, pour vous éviter de vous cogner aux coins du réel quand il est blessant, quand il est décevant.

b. Le monde est celui de tes pensées

Le monde est tel que vous le pensez, ce sont vos idées qui forgent le réel. A la sortie, si vous pensez très fort que vous pouvez marcher sur la Garonne, elle se fera plus dure que le béton ; si vous vous concentrez suffisamment, vous pourrez nager sur la pelouse, vous trouverez une place de parking, vous aurez un travail, à la limite vous pourrez rajeunir, vous plairez à votre femme, vous pourrez réconcilier vos enfants, tout cela est possible, à votre portée, le cerveau humain est utilisé à peine à 10 %, utilisez vos capacités etc. etc. (S'il y a des volontaires ici, demain je lance ma secte, les ressorts en sont très simples et vous m'aidez, je vous donne 10 %...)

3. Le développement personnel,

a. une utopie de remplacement

Avec cette utopie de remplacement, on tourne le dos aux grands projets de révolution politique, économique ou sociale : la nouvelle voie est ce qu'il appelle la « supra-conscience ».

On y retrouve cependant toujours la même volonté de puissance, le désir de nier toutes les limites de la condition humaine.

« L'homme est quelque chose qui doit être dépassé »

(Nietzsche Ainsi parlait Zarathoustra Des vieilles et des nouvelles tables & 3)

100 ans après la mort de Nietzsche, le développement personnel nous lance dans l'aventure d'un prométhéisme psychique.

1. Renforcer le moi et aller au-delà de l'ego

Les objectifs sont au nombre deux et ils sont apparemment contradictoires ou concurrentiels.

1° Il s'agit d'une part de renforcer le moi.

C'est le cas du travail sur la mémoire, le leadership de l'intelligence, de la créativité, de la pensée positive.

2° Il s'agit, d'autre part, d'assurer le développement de notre potentiel spirituel. Avec l'expérience de l'extase, des états modifiés de la conscience, de la conscience élargie, on se situe au-delà de l'ego. Il s'agit d'apprendre à être « des hommes sans frontières », de dissoudre son individualité dans le grand Tout, de participer au monde sur un mode fusionnel.

La crainte de la culpabilité cède la place à la crainte de la médiocrité. On a peur de rester en deçà de ses possibilités, de négliger son potentiel, de laisser inexploités les 90% de son cerveau. Mais ce prométhéisme psychique pourrait conduire l'homme de demain à une nouvelle forme de conscience malheureuse. Le fantasme de la toute-puissance conduit à un nouvel impératif : le « devoir de se réaliser », avec pour revers la crainte de se « rater ».

2. Être à la fois compétitif et mystique

Deux objectifs, donc.

1° faire face à l'adversité, être plus efficaces dans la compétition, plus « employables ». Ce sont tous les programmes qui visent à développer les ressources humaines.

2° retrouver le chemin du surnaturel, renouer avec l'expérience religieuse, vivre des états mystiques.

Le modèle n'est plus « le sage, le héros ou le saint », mais le shaman, le prêtre-sorcier des tribus archaïques, initié aux techniques de l'extase et de la transe.

Le « développement personnel » séduit. Il propose de jouer sur les deux claviers, dans une vie intense, intégrale, quasiment surhumaine, glissant avec aisance du registre temporel au registre spirituel, pour, entre deux rendez-vous d'affaires, s'exercer à une séance de zazen ou de méditation transcendantale. En quelque sorte être à la fois Bill Gates et Krishnamurti ! La vie professionnelle et la vie intérieure. Performance et intériorité, dépassement de soi et poésie. A la fois un cadre performant et un yogi, un homme d'affaire et un mystique confirmé.

3. Des méthodes anciennes et nouvelles

Parmi les méthodes, se côtoient le meilleur et le pire, tout un arsenal de méthodes traditionnelles et de procédés récents, la respiration holotropique, la sophrologie, la régression dans les vies antérieures, l'hypnose et le chant. La danse pratiquée jusqu'à l'extase (on peut penser aux derviches tourneurs...). La relaxation profonde, la récitation des mantras, le jeûne, la privation de sommeil...

Ces techniques visent à provoquer une altération de la conscience grâce à laquelle se produira un sentiment de fusion avec le monde extérieur. Que l'ancien moi se désagrège, pour résumer l'univers entier, être Dieu, ne faire qu'un avec ses semblables, pénétrer dans l'intimité du noyau atomique, retrouver le fil perdu de son propre passé, de sa nie néo-natale, fœtale, et finalement, vaincre la mort elle-même.

Il y a là une parenté avec la drogue.

b. A l'opposé du dynamisme chrétien

Ces aspirations sont à l'opposé du messie chrétien. Il s'agit d'une auto-rédemption. L'homme s'accomplit lui-même, sans entrer dans une relation. Ici, pas besoin de l'Esprit Saint. Pas besoin d'une parole incarnée, pas besoin de mourir à soi-même pour ressusciter par l'amour du Dieu Père. L'homme se sauve et s'auto-réconcilie, par une sorte de dépassement de l'altérité. Il boucle sur lui-même, sans aucune place pour une transcendance ou quelque autre forme d'altérité : il est à lui-même sa propre source et sa propre fin.

c. Tolérance-indifférence

Ces multiples croyances qui s'épanouissent ont un point commun : l'individualisme, l'individualisation du « croire ». La tolérance qui est prônée est davantage une indifférence molle qu'un respect de l'autre pour un débat constructif.

Le 21ème siècle sera religieux. Mais quel type de religion ? Il semble hésiter entre deux abîmes tout aussi inquiétants : celui du New Age, une individualisation du croire, ou celui de l'intégrisme, une collectivisation du croire.

B. Collectivisation du croire

1. Une religion prêt à porter

a. Dieu pris en otage

« L'intégrisme, c'est celui qui fait toujours la volonté de Dieu, qu'il le veuille ou non. »

Ce n'est pas tant l'absence de Dieu qui fait problème que la manière dont nous le rendons présent !

b. Prêt à adorer

Toute entreprise totalitaire est un rêve, une utopie ou un sacré de remplacement. Avec l'intégrisme, nous avons des religions prêt à porter, prêt à penser, prêt à adorer, prêt à prier, prêt à tout ce que vous voudrez, sauf à libérer l'homme en vérité.

2. Qu'est-ce qu'un intégrisme ?

a. L'incapacité d'évoluer

C'est quand la forme qu'a prise la religion à un moment donné ne peut plus évoluer. Quand il faut reproduire à l'identique, en oubliant, en mettant en second rang, en réprimant, les désirs d'adaptation, de traduction, d'inculturation qui sont nécessaires à la transmission. Imaginez un coquillage qui ne puisse plus continuer à développer son habitat. L'intégrisme de Monseigneur Lefebvre, passablement imprégné par ses options politiques, s'est fixé sur le latin et la messe de Pie V, considérée comme la messe de toujours.

b. Une fausse fidélité au passé

Qui a donc inventé cette messe de toujours ? Sinon, Pie V, un dominicain, en faisant preuve d'adaptation et de créativité !

Certainement pas Jésus-Christ, qui a célébré la Pâque dans le rite juif et en araméen, certainement pas les apôtres, qui ont transcrit l'Évangile en grec. Etre fidèle, ce n'est pas répéter comme un perroquet ou une bande magnétique, dans une langue qui s'est perdue (une langue morte !), être fidèle, c'est accueillir la sève qui nous vient de la tradition, pour former de nouveaux rameaux et produire de bons fruits. Comme disait Jean Jaurès : « la fidélité d'un fleuve à sa source, est de couler vers l'estuaire ».

La fidélité aux grands hommes, c'est de faire nous aussi, ce qu'ils ont fait en leur temps. Ce n'est pas de répéter inlassablement leurs innovations vieillies.

« Il vous est bon que je m'en aille », parole de Jésus. « Sinon, vous ne recevrez pas l'Esprit Saint » et cette reconnaissance extraordinaire de nos propres capacités à prolonger et à surpasser ce qu'il a fait : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera, lui aussi les œuvres que je fais ; et il en fera même de plus grandes, parce que je vais vers le Père. Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. » (Jn 14, 12).

c. Une religion, sans la foi

En résumé, mais sans l'appliquer aux personnes, en parlant seulement en général, je dirai qu'un intégrisme, c'est une religion dans son extériorité, comme une carapace, sans son âme, sans créativité, sans capacité d'adaptation et de transmission, donc une religion sans véritable foi.

3. Le cas de l'Islam

a. Il n'y a pas véritablement d'histoire

Mais je parle dans le contexte chrétien qui, du fait de la tradition culturelle biblique, considère l'histoire comme une réalité. Je ne parle pas dans le contexte culturel de l'Islam, pour lequel il n'y a pas d'histoire, pas de développement de la révélation, mais simple répétition, à l'identique, d'Adam à Abraham, jusqu'à Jésus et finalement, définitivement à Mohammed.

b. Le rapport à l'Écriture est figé

L'Islam me semble être, jusqu'à preuve du contraire, une religion intrinsèquement fondamentaliste (on prend l'écriture à la lettre, sans distinguer les genres littéraires, par une saine exégèse qui considère l'histoire du texte et de sa rédaction). Il s'agit d'appliquer ce que demande le Coran. Le Coran étant parole de Dieu, comme telle, écrit dans la langue de Dieu (l'arabe du Coran), celui-ci doit s'appliquer directement, sans possibilité de quelque distance que ce soit, sans interprétation ni relecture à divers niveaux. Mais, contrairement aux apparences, il y a, dans l'Islam, une très grande diversité.

c. La mystique est une transgression

Il s'y trouve des mouvements dissidents et mystiques comme les soufis. J'aime les lire et les rencontrer. Mais ils ne sont pas considérés comme orthodoxes et se trouvent persécutés. Je pense en particulier à un mystique musulman que j'aime et admire énormément, Al Hallaj, mort crucifié à Badgad après un procès de 8 ans, en l'an 922.

C. Mon choix

1. Renoncer à la toute-puissance infantile.

a. L'homme sans Dieu est devenu inhumain

Pour s'être mis à la place de Dieu, l'homme est devenu inhumain. Alors, pour que ce « sur-homme-raté » puisse découvrir le vrai Dieu, il faut d'abord que Dieu lui apprenne à vivre comme un homme.2 Il faut que Dieu se fasse humain, assume la condition humaine dans toutes ses limitations, même les plus extrêmes, celles de la souffrance et de la mort. C'est donc depuis le plus bas, depuis la condition d'esclave, celle de l'homme défiguré3, que le Christ manifestera la vérité qui est tout à la fois vérité de l'homme4,5 et vérité de Dieu. « Qui m'a vu a vu le Père ». 6

Les Pères de l'Eglise le disent dit, chacun à leur manière :

« Il s'est fait homme pour que nous devenions Dieu ; il s'est rendu visible en son corps, pour que nous nous fassions une idée du Père invisible ; il a supporté les outrages des hommes afin que nous ayons part à l'immortalité. » St Athanase (de l'incarnation du Verbe, SC n° 54)

et encore, de manière admirable :

« Le Verbe de Dieu s'est fait homme

pour que nous apprenions d'un homme

comment l'homme peut devenir Dieu »

Clément d'Alexandrie (cité par Vincent Leroy p 21 Christologie)

b. Dieu s'est fait homme pour nous diviniser

Les juifs n'ont pas reconnu Dieu au condamné pendu au gibet. « Qu'il descende de la croix, et nous croirons en lui ! » (Mc 15, 15). Mais, dans la passion du peuple messianique, ils reconnaissent quelque chose de ce mystère terrifiant. Elie Wiesel dans un livre autobiographique très court, « La nuit », raconte comment, alors que l'on va pendre un enfant juif dans un camp de concentration une conscience s'éveille au paradoxe insoutenable. Les « kapos » obligent les prisonniers à regarder l'exécution et leur donnent des coups de fouet pour qu'ils relèvent la tête. Alors, dans les rangs, quelqu'un murmure sa révolte : « Où donc est Dieu ? ». Un murmure se fait entendre : « C'est lui ! ». Sous entendu, en ce condamné, c'est Dieu même qui est mis à mort.

c. Qui m'a vu a vu le Père

Pour découvrir le Père de Jésus-Christ, il faut réviser les idées préconçues que l'on a de Dieu : que signifie exactement des expressions comme « Dieu Tout Puissant », « Le jugement de Dieu »... Les représentations, les préjugés ambiants doivent être passés au crible de l'Evangile. Il faut laisser les fausses images, les idoles, les vieilles habitudes et se décentrer radicalement. Comme l'aveugle guéri, il s'agit d'ouvrir les yeux comme pour la première fois : « Qui m'a vu a vu le Père ». 7

2. L'expérience des mystiques

« A partir d'un certain moment, il n'y a plus de chemin », dit saint Jean de la Croix. Plus de chemin, cela veut dire aussi « plus de religion » ! Il n'y a plus de mots, plus d'images, seulement la confiance : c'est de nuit. Dieu est connu comme inconnu. « Imprévisible et tant attendu ». « Inconcevable et enfin conçu ». (Noël, Pâques). Il est toujours déroutant (Abraham, Moïse), renversant (Paul).

C'est seulement à ce stade d'expérience que le dialogue inter religieux est possible.

Un jour, j'étais à Valencia pour un colloque des trois religions révélées. Quelqu'un dans la salle a fait remarquer qu'à partir d'une citation d'un mystique, on ne peut identifier à quelle religion il appartient. Qui a dit « Celui qui est malade de Jésus-Christ ne peut pas guérir » ? C'est Ibn Arabi. Qui a dit « C'est dans la religion de la croix que je mourrai » ? C'est Al Hallaj. Etc.

Les mystiques ont une religion personnelle, ou tout au moins ils vivent très personnellement et intimement leur religion. Leur foi est portée par une religion historique, qui leur permet d'aller au plus profond, qui leur permet aussi d'éviter plus facilement les impasses et les illusions, parce qu'ils bénéficient de l'expérience et de la sagesse de toute une tradition. On ne réinvente pas tout à chaque génération !

Les mystiques vivent aux extrêmes, sans être fanatiques pour autant. Ils sont personnels, sans être individualistes non plus. Ils expriment leur foi dans l'action comme dans la contemplation (que l'on considère Catherine de Sienne, François d'Assise, Bonhoeffer, Charles de Foucault, Teilhard de Chardin etc.)

Conclusion

Depuis la date emblématique du 11 septembre 2001, avec l'attentat réussi des kamikazes de Al Qaïda contre les tours jumelles du World Trade Center, la question des religions est perçue comme une question clé, vitale pour l'avenir de la Planète. La rencontre des religions était déjà d'actualité, avec les rencontres d'Assises, à l'invitation de Jean Paul II qui furent un succès, dans la voie d'une rencontre positive, de dialogue et de prières sinon communes, du moins juxtaposées.

Les guerres à répétition maintenant, dans le Golfe ou en Afghanistan, mais aussi la menace de conflit nucléaire entre l'Inde et le Pakistan, comme le conflit interminable entre israéliens et palestiniens, mobilisent chaque fois davantage les arguments religieux et l'instrumentalisation des religions fait atteindre un niveau de fanatisme et de violence encore jamais vu.

Le courage de la lucidité intellectuelle conduit les incroyants les plus notoires, à l'opposé de toutes leurs options personnelles (Malraux, Camus, Régis Debray), à affirmer la nécessité de croire. Alors que l'on attendrait d'eux le discours opposé, ils disent la nécessité de la référence à une transcendance pour la survie de l'humanité.

Nous le savons bien, la question n'est pas intellectuelle : c'est un problème existentiel, une question de vie ou de mort. Et cela sur deux fronts, celui de l'origine : la nature de l'homme « l'homme est la seule créature qui refuse d'être ce qu'elle est ! », comme sur le front de l'avenir, l'horizon et la fin de l'histoire. Juste avant de mourir, dans sa toute dernière interview, Sartre écrit : « Je sais que je mourrai dans l'espoir, mais il reste à fonder l'espoir ». Y a-t-il un Alpha et un Oméga, une transcendance présente aussi à chaque moment du temps, qui donne sens à l'histoire du monde et qui fonde la morale humaine et un espoir commun ?

Mais les conflits que nous venons d'évoquer manifestent qu'il ne suffit pas de se référer au religieux. Il faut savoir `lequel' car le religieux est ambigu. Il peut être le refuge de toutes les projections infantiles, comme nous l'avons vu, nous pouvons facilement sombrer de nouveau dans les guerres de religion. Comme chrétien, je dis qu'il faut évangéliser le religieux.

Entre les intégrismes d'un côté et le New Age de l'autre côté, les grandes religions historiques ont le mérite de l'expérience. Elles détiennent une certaine sagesse pour discerner ce qui vient de Dieu et ce qui pure auto-affirmation humaine et désir de puissance déréglé.

Bien des questions se présentent à nous :

Celle de la culture, pour dépasser les réactions primaires et les débats sur le plan des slogans. L'enseignement général du fait religieux dans le cadre scolaire me semble une nécessité.

Celle de l'institution. Il est clair qu'il serait paradoxal de vouloir institutionnaliser le prophétisme ! Mais l'amour prend corps. Il va jusqu'à s'incarner dans les structures, dans les lois, dans les institutions. L'Islam parviendra-t-il, stimulé par le ministère de l'intérieur français, à s'organiser en une institution représentative ? Comment va-t-il jouer le jeu de la laïcité ? Nous allons en France commémorer bientôt cent ans de séparation des Eglises et de l'Etat... Par ailleurs, ce qui va se passer en Turquie, état laïc avec actuellement un gouvernement islamiste sera significatif.

Mais le plus intéressant de tout, c'est l'approfondissement de la notion de Dieu, le dialogue des mystiques, la collaboration de tous les hommes de bonne volonté, la convergence, dans les actes, de l'espérance humaine et des plus belles convictions.

En terminant, je vous rappelle le bon mot sur lequel j'ai commencé :

« Nous avons tout juste assez de religion pour nous haïr,
mais pas assez pour nous aimer ! »

Jonathan Swift

Bibliographie

André Malraux Les voix du silence ; Le musée imaginaire de la peinture et de la sculpture mondiale ; La métamorphose des dieux NRF Gallimard

Albert Camus L'homme révolté

Régis Debray Dieu, un itinéraire ed. Odile Jacob 2001

Michel Lacroix La spiritualité totalitaire : Le New Age et les sectes Plon 1995 ; L'idéologie du New Age Flammarion 1996, collection Dominos ; Le Mal Flammarion, Dominos


2 « Par le régime de son humanité et de sa chair, dans lequel nous vivons par la foi, Dieu nous rend conforme à lui et nous crucifie, en faisant, des dieux malheureux et orgueilleux que nous étions, de vrais hommes, c'est à dire des hommes dans leur misère et leur péché. Parce qu'en Adam nous étions élevés à la ressemblance de Dieu, il descend jusqu'à la ressemblance avec nous, pour nous ramener à la connaissance de nous-mêmes. C'est cela, le sens de l'Incarnation. C'est cela le royaume de la foi, où règne la croix de Christ, qui anéantit la divinité que nous cherchons perversement à atteindre et qui ramène l'humanité et la faiblesse méprisée de la chair que nous avions perversement abandonnées. » M. Luther (WA, V, 128, 36 cité par J. Moltmann dans « Le Dieu crucifié » p 242)

3 Lire ici le chapitre 53 d'Isaïe le prophète.

4 « Christ, je t'aime,
Non parce que tu es devenu une étoile
Mais parce que tu m'as révélé que l'homme a du sang, des larmes et des douleurs
Et les clés pour ouvrir les portes fermées de la lumière et de la vérité »
Che Guevara (culture et foi oct.78 p7)

5 « La connaissance de Dieu sans celle de notre misère fait orgueil. La connaissance de notre misère sans celle de Dieu fait le désespoir. La connaissance de Jésus-Christ fait le milieu, parce que nous y trouvons et Dieu et notre misère. » Pascal (Pensées Br.527)

6 « Dieu se fait voir, Dieu parle du Dieu qu'il a vu. Dieu ne peut être compris que par Dieu »
St Hilaire de Poitiers, (De Trin., lib V n°20)

7 « L'incarnation de Dieu en Jésus veut dire que dans la totalité de la parole, de la proclamation, du comportement et du destin de Jésus, la Parole et le vouloir de Dieu ont pris un visage humain.
Dans la totalité de sa parole et de son action, dans toute sa personne, Jésus a annoncé, manifesté et révélé la Parole et le vouloir de Dieu.
Lui, en qui parole et action, enseignement et vie, être et agir se recouvrent parfaitement, est corporellement, est en figure humaine Parole, volonté et Fils de Dieu. »
Hans Küng « Dieu existe-t-il ? » p 748
Cité dans R.S.P. par Sesboüé sj oct. Déc. 1979 p 582

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