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Dieu le Père de Jésus-Christ, notre Père Jean-Michel Maldamé op Recueil de conférences Août 1999 |
| 4 Un Dieu qui a un Nom Une expérience douloureuse qu'il nous arrive de faire est de perdre un nom. Ainsi ignorer le nom des gens, l'oublier est source de confusion. De même se trouver devant un spectacle naturel ou dans une situation sans avoir les mots pour l'analyser est source de paralysie dans l'action et à la peur. Les jeunes qui aujourd'hui ne savent pas nommer leurs sentiments ou leur affects sont conduits à la violence. Ceci nous montre l'importance d'avoir un nom pour Dieu. Ce nom est révélé à Moïse. Il convient de prendre le temps de s'émerveiller du fait que Dieu ait donné son nom. Car le nom est aussi une marque d'amour, donner son nom c'est se rendre saisissable par autrui. Aussi le chemin qui est rapporté par les livres de la Bible est un chemin où Dieu se dit. Il importe de ne pas oublier comment il se dit. Dans cette histoire se manifeste un chemin qui est lié à l'action qui porte une connaissance. Ce qui est fait implique une certaine manifestation de Dieu. C'est en le vivant que le croyant l'apprend. « Moïse faisait paître le petit bétail de Jéthro son beau-père, prêtre de Madiân. [...] Il parvint à la montagne de Dieu l'Horeb. L'Ange du Seigneur lui apparu, dans une flamme de feu, du milieu d'un buisson. Moïse regarda : le buisson était embrasé mais le buisson ne se consumait pas. Moïse dit : "Je vais faire un détour pour voir cet étrange spectacle, et pourquoi le buisson ne se consume pas". Le Seigneur vit qu'il faisait un détour pour voir, et Dieu l'appela du milieu du buisson. [...] Il dit : "Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob". Alors Moïse se voilà la face, car il craignait de fixer son regard sur Dieu. » (Ex 3, 1-6).
Le terme d'exode vient du grec et désigne la voie qui permet de sortir d'un mauvais pas. L'exode biblique est le mouvement de sortie du lieu de la servitude, l'Egypte d'alors, où le peuple est menacé de disparition. Plus largement, le terme d'exode désigne la sortie de l'aliénation pour accéder à une plénitude.
1. L'exode est un mouvement de libération. La référence est sociale et politique d'abord. Ce fut la situation des Hébreux menacés de génocide en Egypte. Le meurtre des enfants figure l'abominable, puisque c'est la mort du peuple dans son avenir même. 2. La servitude est entendue plus largement de tout ce qui empêche l'homme d'être humain. La forme la plus radicale est celle de l'aveuglement. Le pire n'est pas d'être non-voyant de ses yeux, mais aveugle les yeux ouverts, prétendre être dans le vrai et habiter le faux. Dans l'évangile, le pire péché n'est pas un péché parmi d'autre, mais « le péché contre l'esprit », c'est-à-dire le refus d'envisager qu'il puisse y avoir une faute et un pardon à demander ou à accepter. Pour accéder à sa dimension d'humanité, il faut vivre un mouvement de libération. Aussi les actes fondateurs de toute communauté sont-ils des actes de libération : libération sociale et politique, libération psychologique ou morale, libération spirituelle ou corporelle. 3. La vive conscience du mal est le point de départ de tout exode. Le refus du mal et la révolte sont des préliminaires. L'exode peut aussi se faire à partir du désespoir. Le désespoir surmonté est véritable exode. Il consiste à trouver des raisons de vivre. En effet, aujourd'hui, au delà de la figure du peuple des esclaves résignés, l'insignifiance est le mal radical de l'homme moderne. Il se sait perdu dans un monde qui n'a pas de sens. Il importe de sortir de cette prison pour aller vers le salut.
L'exode permet d'accéder à la liberté ; le moyen le plus spécifiquement humain est la maîtrise de la parole. La pire maladie de la vie humaine et de la pensée est le mutisme. Il n'y a plus moyen de ne rien dire ou plus rien à se dire, la vie est un enfer. Pour beaucoup, la vie est comme un jeu où on va de parties nulles en parties nulles. L'exode commence quand la signification apparaît. Dans le mouvement de l'exode, apparaît une raison d'échapper au malheur qui vient, figuré dans le récit biblique par l'ange exterminateur (cf. Ex 12). Il y a sens à s'équiper à la hâte pour aller ailleurs. Il y a sens à partager avec les siens pour avoir la force de vivre. Il y a sens à risquer sa vie en outrepassant les limites définies par l'habitude. Il y a sens à se réjouir de la perte de l'ennemi dans les eaux de la mort. Il y a sens à célébrer la joie d'être vivant. L'exode est ainsi une figure métaphysique : celle de l'homme qui découvre et accède à sa raison d'être. L'homme est sauvé quand il atteint la source et la plénitude de son être. Il vit selon la relation originaire qui le fait humain au plus intime de lui-même.
Dans sa figure biblique, l'exode n'est pas seulement une sortie hors de la terre de servitude. Il est aussi un combat. La première sortie est un premier pas. Les livres bibliques nous montrent que l'histoire qui suit le passage de la mer des roseaux n'est pas ultime. Certes, le premier pas est décisif, car avec lui commence un autre temps. Après ce départ ou cette sortie, commence l'épreuve de la durée. Or l'épreuve est la preuve que nul n'est tout-puissant. L'exode ouvre un temps de tentation. Le récit biblique montre que le désert est le lieu des « murmures ». Les murmures ont une double source. Pour certains, murmurer c'est dire : « c'était mieux avant » ; pour d'autres, : « c'est impossible ». L'exode est un combat pour surmonter ces deux épreuves, celle de l'impossible et celle de la nostalgie du passé. La figure de l'exode dit l'exigence de la découverte du vrai au-delà de ce qui est déjà su, du bien au-delà de ce qui est possédé. Elle dit ceci dans la conscience que la liberté trouvée peut être perdue et que l'on peut être de nouveau pris dans l'aliénation.
La lecture des textes bibliques montre que Moïse n'est pas, comme le suggère l'iconographie, un homme qui aurait reçu la Loi comme un texte achevé qu'il n'aurait eu qu'à recopier. La Loi qu'il donne à son peuple apparaît comme le résultat de l'effort de toute une vie couronnée par une oeuvre législative. De manière radicale le récit biblique précise qu'il était bègue - ou du moins malhabile pour parler - (Ex 4, 16) ; il a du faire effort pour parler à son peuple et aux autorités politiques. Il a dû se libérer de la servitude égyptienne dans un combat sans merci. Faire naître un peuple, cela coûte du sang, des larmes, de la solitude, de l'espérance et de l'impatience. C'est toute cette action qui donne sens à l'alliance et à la Loi qui en est la charte. Moïse a reçu la Loi en la faisant naître comme un résumé de son expérience politique et comme un projet de vie religieuse. L'effort de l'exode est aussi un chemin pour que le peuple accède à l'intériorisation de la Loi. Il participe ainsi à l'action de Dieu qui est vis-à-vis du peuple comme un père, dans cette fonction éducatrice. Il participe à la paternité de Dieu - ce qui ouvre sur des perspectives morales dont nous reparlerons. La Loi est commandement. Elle tranche dans l'indécision.
Dans notre recherche sur le sens que doit recevoir la paternité de Dieu, l'aspect impératif de la loi doit être souligné. Le rôle du père est de donner la loi. Ce don implique l'obéissance. Or dans l'acte d'obéir, il y a un point aveugle. Ce qui fait la difficulté de l'obéissance. Mais cet élément est indispensable pour accéder à la connaissance. C'est en faisant ce qui lui est demandé que l'enfant accède à la lumière. Ceci a des implications pour comprendre la notion de révélation. La révélation dans la Bible, ce n'est pas une dictée de Dieu ou la transmission d'une information toute faite, mais une vie, un agir, un faire, un vivre et un mourir qui sont une route de dévoilement. L'image naïve d'un inspiré qui, dans un état extatique et hors de lui-même, dirait ce qu'il ne comprend pas est fausse. Au contraire, l'inspiré dit ce qu'il a appris en obéissant, c'est-à-dire en faisant ce qui lui est demandé par une loi qu'il interprète et actualise. On voit que la connaissance de Dieu ne vient pas de manière théorique ou par une réflexion intense, mais dans le mouvement même de l'action. Il en va de même pour la connaissance d'autrui. On connaît autrui en vivant et en agissant avec lui. C'est en agissant sur la parole d'un autre, à partir d'une confiance préalable, que s'ouvre une route où paraît une lumière. « Celui qui fait la vérité vient à la lumière » (Jn 3, 21). Cette parole de l'Evangile rappelle que c'est par l'action que se fait la lumière. L'action est le lieu d'une connaissance. On vérifie cette dimension de la connaissance de manière négative. Il est des conditions de vie qui empêchent de comprendre et de voir. Dans l'Evangile, le riche ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Il est aveuglé ; il ne peut voir la réalité telle qu'elle est. « Avoir des oreilles pour ne pas entendre, avoir des yeux pour ne pas voir » (Ps 135, 15-16), c'est la situation négative qui empêche que la vérité ne soit faite. Cette conception de l'action influe sur la notion même de Loi et donc sur le visage de Dieu qui s'y révèle autrement que par la violence. On découvre cette dimension dans l'histoire d'Israël avec la personne de Moïse.
Au coeur de l'Alliance et de la Loi qui en est l'injonction pratique, se trouve l'idée de justice qui est l'idée centrale de la Bible. Ceci se voit dans le lien entre le combat pour la justice mené par les prophètes et la reconnaissance de la justice du Dieu fondateur de la Loi. L'engagement pour la justice marque l'authenticité du discours sur Dieu et sur sa manière de mener le monde. Le fait qu'il y ait une loi, fonde la reconnaissance de l'altérité et donc à la justice, au sens le plus général du terme. Le Dieu qui se révèle à Moïse est le Dieu qui prend le parti des opprimés, « l'étranger, la veuve et l'orphelin ». L'exigence de justice est une exigence de paternité qui doit prendre la défense du petit contre les grands et défendre la justice. Cette situation est fondatrice : l'enfant connaît toujours la jalousie à la naissance des puînés, mais par la parole du père doit apprendre à les reconnaître. La loi est médiatrice de la défense du faible. Dieu n'est pas l'authentification de l'ordre des choses ; il n'est pas la caution donnée à la fatalité devant laquelle il faudrait s'incliner. Il est dans la figure du père qui veille à la paix par la justice dans la fratrie. La tradition juive insiste sur ce point avec force, comme le rappelle Emmanuel Lévinas, dans ces textes de Difficile liberté : 1. « La relation morale réunit donc à la fois la conscience de soi et la conscience de Dieu. L'éthique n'est pas le corollaire de la vision de Dieu, elle est cette vision même. L'éthique est une optique. De sorte que tout ce que je sais de Dieu et tout ce que je peux entendre de Sa parole et Lui dire raisonnablement, doit trouver une expression éthique. Dans l'Arche Sainte d'où Moïse entend la voix de Dieu, il n'y a rien d'autre que les tables de la Loi. La connaissance de Dieu que nous pouvons avoir et qui s'énonce d'après Maïmonide, sous forme d'attributs négatifs, reçoit un sens positif à partir de la parole : « Dieu est miséricordieux » signifie : « Soyez miséricordieux comme lui ». Les attributs de Dieu sont donnés non pas à l'indicatif, mais à l'impératif. La connaissance de Dieu nous vient comme un commandement, comme une Mitzwah. Connaître Dieu c'est savoir ce qu'il faut faire. Ici l'éducation - l'obéissance à l'autre volonté - est l'instruction suprême : la connaissance de cette Volonté même qui est la base de toute réalité. » « Une religion d'adultes ». Tioumliline I, 1957, Difficile Liberté., p. 33. 2. « Que dit la voix d'Israël et comment la traduire en quelques propositions ? Peut-être n'énonce-t-elle rien d'autre que le monothéisme où la Bible juive a entraîné l'humanité. On peut, de prime abord, reculer devant cette vérité trop vieille ou cette prétention trop douteuse. Mais le mot dénote un ensemble de significations à partir desquelles l'ombre du Divin se projette, au-delà de toute théologie et de tout dogmatisme, sur les désert de la Barbarie : suivre le Plus-Haut, n'avoir de fidélité que pour l'Unique ; se méfier du mythe par lequel s'imposent le fait accompli, les contraintes de la coutume et du terroir, et l'Etat machiavélique et ses raisons d'Etat ; suivre le Plus-Haut, rien n'étant supérieur à l'approche du prochain, au souci pour le sort « de la veuve, de l'orphelin, de l'étranger et du pauvre » et aucune approche « les mains vides » n'étant une approche ; c'est sur la terre, parmi les hommes, que se déroule ainsi l'aventure de l'esprit ; le traumatisme que fut mon esclavage en pays d'Egypte constitue mon humanité même - ce qui me rapproche d'emblée de tous les prolétaires, de tous les miséreux, de tous les persécutés de la terre ; en la responsabilité pour l'autre homme réside mon unicité même : je ne saurais m'en décharger sur personne, comme je ne saurais me faire remplacer pour ma mort ; d'où la conception d'une créature qui a la chance de se sauver sans tomber dans l'égoïsme du salut ; l'homme est ainsi indispensable aux desseins divins dans l'être ; d'où aussi l'idée d'élection, qui peut se dégrader en orgueil, mais qui exprime originellement la conscience d'une assignation irrécusable dont vit l'éthique et par laquelle l'universalité de la fin poursuivie implique la solitude, la mise à part du responsable ; l'homme est interpellé dans le jugement et la justice qui reconnaissent cette responsabilité - la miséricorde atténue les rigueurs de la Loi sans la suspendre ; l'homme peut ce qu'il doit ; il pourra maîtriser les forces hostiles de l'histoire en réalisant un règne messianique, un règne de justice annoncé par les prophètes ; l'attente du Messie est la durée même du temps. » Article « Judaïsme » de l'Encyclopaedia Universalis, dans Difficile liberté, p. 44-45.
La révélation au Sinaï souligne la transcendance de Dieu. Elle manifeste une distance infranchissable. La relation à Dieu n'est pas fondée sur la continuité charnelle, physique ou biologique, mais sur la reconnaissance et la foi, dans la réciprocité d'une relation libre et confiante - ce qui n'exclut ni l'exigence, ni la souffrance.
Il n'y a pas de Dieu-avec-nous sans nous ! Le Dieu de l'Alliance appelle une relation réciproque. La révélation que Dieu fait de lui-même est que Dieu n'est Dieu que si l'homme est vraiment homme. La réalité de la présence est liée à la plénitude. C'est le fond de la notion de promesse : la promesse est tournée vers un accomplissement. Le terme d'accomplissement se réfère à la fois à la volonté de Dieu et à la réalisation du bonheur de l'homme. Le Dieu qui se révèle aux Pères est le Dieu de la promesse. Le chrétien est dans la même dynamique : il attend la plénitude du Royaume de Dieu.
Le danger est alors de lire l'épreuve de la foi (d'Abraham, Isaac et Jacob) d'une façon qui la détourne de son sens, à propos du fait que Abraham est un homme qui a souffert et qui devait souffrir pour arriver à la maturité. La foi apparaît comme un saut. Or en tout saut d'un point à l'autre il faut passer par dessus le vide - et nous n'aimons pas le vide, car nous avons besoin de sécurité. C'est un droit ! On insiste beaucoup dans la foi sur ce mouvement négatif et donc sur la nuit, sur l'inconnaissance, sur le risque. Ces éléments sont réels. L'existence et l'importance de ces diverses épreuves de la foi sont trop confirmées par l'expérience pour ne pas pouvoir être niées. Mais il faut bien les entendre. La souffrance n'a pas valeur comme telle ; elle est passage. Ce n'est pas la mort du grain qui a de la valeur, mais la germination et la maturation qui l'accompagne. La mort n'est que passage pour un mieux être.
Le chemin de la foi est une responsabilité. Il ne faut pas rêver une présence de Dieu qui serait « avant » et « après » et qui oublierait le présent. La foi donne accès à la présence de Dieu. Il n'est pas un moment où Dieu ne soit présent. la solitude (à l'image de celles des Pères) n'est pas l'abandon de Dieu ; elle est corrélative du fait que Dieu ne prend pas notre place. Si la foi est un saut (et donc une inévidence), Dieu est avec nous pendant ce saut. Dieu est père en ce sens qu'il donne la foi et constitue une liberté plus grande que le don. Dieu est présent à toute la démarche de la foi. Dieu n'est pas seulement au principe et au terme. Beaucoup s'imaginent que Dieu a créé le monde et qu'ensuite il l'a abandonné jusqu'au moment où il le retrouvera au jugement dernier. Non ! Dieu est présent. Dieu est vivant. Il est celui qui vient. Sa présence ne peut se fixer, ni se figer. L'espace de cette présence est la vie tournée vers son achèvement. Dieu est ainsi celui qui est avec les siens. C'est ce que Moïse découvre dans la vision du buisson ardent. Dieu a toujours été avec les siens, même dans le noir de l'épreuve.
La liturgie de la Synagogue invoque Dieu sous le titre de Père. Il est notre père. C'est ainsi que Jésus a prié. Quand Israël dit : « Notre Père », il reconnaît que Dieu est en relation d'alliance. Dieu est appelé père parce qu'il remplit l'office de père en constituant le peuple comme tel dans l'alliance. La liturgie se fonde sur plusieurs textes, en particulier ceux-ci : « Ainsi parle le Seigneur à Pharaon : "Mon fils premier-né c'est Israël. Je t'avais bien dit : "Laisse aller mon fils, qu'il me serve" » (Ex 4, 22-23). « N'est-ce pas lui ton père, qui t'a engendré, lui qui t'as fait et par qui tu subsistes ? » (Dt 32, 6). Ayant écarté toute confusion avec les continuités fusionnelles, il devient possible de dire que Dieu est père, au sens où il est celui qui adresse la parole pour éduquer le peuple. Le schéma lacanien est profondément juste pour la Bible. Le Père est celui qui donne un nom. Il est celui qui interdit la fusion qui empêche de grandir et de trouver son autonomie, et, par là, permet d'accéder à son identité. C'est cela qui, nous le verrons plus loin, permet de quitter la vision imaginaire d'un Dieu tout-puissant pour ouvrir à une relation trinitaire. Il est important de remarquer que la notion de fils est assumée par tout le peuple. Elle peut néanmoins être assumée par le représentant du peuple, dans la mesure où il parle en son nom à Dieu. C'est la fonction du roi. Pour cette raison la notion de fils de Dieu est un titre royal. Dans les psaumes, l'expression est au singulier pour désigner le roi. Comme l'expérience royale a été décevante, - la royauté a même disparu -, la notion de fils de Dieu pour qualifier une personne seule a été appliquée au Messie, celui qui doit venir. Le messianisme implique donc une référence toute spéciale à la paternité de Dieu. Dans les psaumes où le titre revient souvent, il s'agit d'une filiation par adoption.
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