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Dieu le Père de Jésus-Christ, notre Père
Jean-Michel Maldamé op
Recueil de conférences
Août 1999

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9 La vie dans l'Esprit

    « L'Esprit se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu » (Rom 8, 16).

Notre démarche retrouve et confirme ce que nous avons dit de la révélation ; celle-ci n'est pas une violence faite à l'homme, mais un accompagnement. L'athéisme le vit comme une solitude, comme le montre la citation de Jean-Paul Sartre :

    « Je n'imagine pas qu'un seul croyant d'aujourd'hui ait été conduit au christianisme par les arguments de saint Bonaventure ou de saint Anselme ; mais je ne pense pas non plus qu'un seul incroyant ait été détourné de la foi par les arguments contraires. Le problème de Dieu est un problème humain qui concerne les rapports des hommes entre eux, c'est un problème total auquel chacun apporte solution par sa vie entière, et la solution qu'on lui apporte reflète l'attitude qu'on a choisie vis-à-vis des autres hommes et de soi-même.
    Ce que Gide nous offre de plus précieux, c'est sa décision de vivre jusqu'au bout l'agonie et la mort de Dieu. Il eût pu, comme tant d'autres, parier sur des concepts, décider à vingt ans de sa foi ou de son athéisme et s'y tenir toute sa vie. Au lieu de cela, il a voulu éprouver son rapport à la religion, et, la dialectique vivante qui l'a conduit à son athéisme final est un cheminement qui peut se faire après lui, mais non pas de fixer par des concepts ou par des notions. Ses interminables discussions avec les catholiques, ses effusions, ses retours d'ironie, ses coquetteries, ses ruptures brusques, ses progrès, ses piétinements, ses rechutes, l'ambiguïté du mot Dieu dans son oeuvre, son refus même de l'abandonner alors même qu'il ne croit plus qu'en l'homme, toute cette expérience rigoureuse, enfin, en fait plus pour nous éclairer que cent démonstrations. Il a vécu pour nous une vie que nous n'avons qu'à revivre en le lisant ; il nous permet d'éviter les pièges où il est tombé ou d'en sortir comme il en est sorti ; les adversaires qu'il a déconsidérés à nos yeux, ne fut-ce qu'en publiant leur correspondance, ne peuvent plus nous séduire. Toute vérité dit Hegel est devenue. On l'oublie trop souvent, on voit l'aboutissement, non l'itinéraire, on prend l'idée comme un produit fini sans s'apercevoir qu'elle n'est rien d'autre que la lente maturation, qu'une succession d'erreurs nécessaires qui se corrigent, de vues partielles qui se complètent et s'élargissent. Gide est un exemple irremplaçable parce qu'il a choisi au contraire de devenir sa vérité. Décidé abstraitement, à vingt ans, son athéisme eut été faux ; lentement conquis, couronnement d'une quête d'un demi-siècle, cet athéisme devient sa vérité concrète et la nôtre. A partir de là, les hommes d'aujourd'hui peuvent devenir des vérités nouvelles. » (Jean-Paul Sartre, Situations IV, Gide Vivant, p. 88-89).

L'expérience chrétienne, au contraire est vécue dans une présence, celle de l'Esprit-Saint.

9.1 L'expérience de l'Esprit

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L'expérience chrétienne est dite par les récits des Actes des apôtres. Ces textes nous montrent concrètement ce en quoi consiste le don du Père, ce par quoi il réalise son oeuvre d'amour à l'intime de chacun et dans la communauté.

9.1.1 Libération du péché

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L'expérience chrétienne fondamentale, c'est cette possibilité réelle de sortir de la fatalité du malheur où le péché domine. Dans l'Evangile, le Christ demande à ses adversaires : « Est-il plus facile de dire : lève-toi et marche ou de dire : tes péchés te sont remis ? » (Mc 2,9). « Comment, arrivé à l'âge mûr, recommencer sa vie à neuf ? », demande Nicodème (Jn 3, 4). La conversion de Paul et la conversion d'Augustin sont exemplaires dans l'Eglise ; elles attestent qu'il est possible de changer sa vie. Il est possible de vivre ! Il est possible d'être heureux et d'entrer dans la droiture de la vie avec Dieu. Paul le persécuteur, devient l'apôtre des païens. Il est le témoin de ce renversement. La conversion des pécheurs est l'oeuvre de Dieu qui agit par son Esprit. Seule la force de l'Esprit seule est capable de faire de ceux qui viennent du paganisme des êtres neufs :

    « Avons-nous besoin, comme certains, de lettres de recommandation pour vous ou de votre part ? Notre lettre, c'est vous... lettre écrite dans vos cœurs, connue et lue par tous les hommes. De toute évidence, vous êtes une lettre du Christ confiée à notre ministère, écrite non avec de l'encre, mais avec l'Esprit de Dieu vivant, non sur des tables de pierres, mais sur des tables de chair, sur vos cœurs" (2 Co 3,1-2).

9.1.2 Libération de la peur

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Les Apôtres étaient enfermés par crainte des Juifs. Au jour de la Pentecôte, l'Esprit leur donne la force de la hardiesse d'annoncer la résurrection sans avoir peur. Le don de l'Esprit est mentionné par Jean :

    « Alors que par crainte des Juifs, les portes de la maison où se trouvaient les disciples, étaient verrouillées, Jésus vint. Il souffla sur eux et leur dit : "Recevez l'Esprit-Saint" » (Jn 20,19).

Le jour de Pentecôte, rempli de l'Esprit-Saint, Pierre annonce « en toute liberté ce que Dieu a fait » (Ac 2,29). Devant les tribunaux juifs et romains, les Apôtres sont libérés de la peur. Un mot caractérise cette liberté : le mot parresia qui signifie assurance, courage, force et permet de parler sans honte, ouvertement, hardiment (Jn 7,4). Cette attitude se trouve en Jésus.

    « L'heure vient où je vous parlerai ouvertement du Père ». (Jn 18, 20) : « J'ai parlé ouvertement du monde, j'ai toujours enseigné dans les synagogues et dans le Temple où tous les Juifs se rassemblent. Je n'ai rien dit en secret. »(Jn 16, 25).

    « Quand vous serez devant les tribunaux, ne vous inquiétez pas de votre défense, l'Esprit sera là » (Lc 12, 12).

    Le mot assurance marque la nature de la prédication des Apôtres :

    « Ils constataient l'assurance de Pierre et de Jean et, se rendant compte qu'il s'agissait d'hommes sans instruction et de gens quelconques, ils en étaient étonnés »(Ac 4, 13).

    « Maintenant, Seigneur sois attentif à leurs menaces et accorde à tes serviteurs de dire ta Parole avec une entière assurance [...] A la fin de leur prière, le local où ils se trouvaient fut ébranlé ; ils furent tous remplis de l'Esprit-Saint et disaient, avec assurance, la parole de Dieu » (Ac 4, 29).

    « Paul recevait tous ceux qui venaient le trouver, proclamant le règne de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur avec une entière assurance » (Ac 28, 39).

    « Forts d'une pareille espérance, nous sommes plein d'assurance » (2 Co 3, 12).

    « Que l'Esprit suscite votre prière sous toutes ses formes. [...] Pour moi aussi : que la parole soit placée dans ma bouche pour annoncer hardiment l'Evangile dont je suis l'ambassadeur enchaîné. Puissé-je, comme j'y suis tenu, de le dire en toute hardiesse » (Ep. 6, 18).

C'est en ce sens que Jean appelle l'Esprit-Saint le Défenseur, « Lui, par sa venue, il confondra le monde en matière de péché, de justice et de jugement » (Jn 16, 2).

9.1.3 Libération de la chair et de sa convoitise

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« Dépouiller le vieil homme, être crucifié pour le monde », dit Paul. Celui qui vit de l'Esprit est libre de toute débauche, de toute impiété, de tout adultère : « Jadis, vous étiez péché, maintenant, vous voici libres, l'Esprit habite en vos corps » (1 Co 6). Paul se réfère à la morale du temps :

    « On connaît les oeuvres de la chair : libertinage, impureté, débauche, idolâtrie, discordes, jalousies, emportements, discussions, factions, envies, beuveries, ripailles et autres choses semblables ; leurs acteurs n'héritent pas du royaume de Dieu. Mais voici le fruit de l'Esprit : amour, joie, douceur » (Ga 5,19).

Tel est le don du Père qui fait de nous des enfants de lumière !

9.2 L'Esprit qui fait dire « Abba, Père »

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Pour expliciter la richesse de l'expérience de l'Esprit donné par le Père en qui le croyant peut dire « Abba-Père », nous lirons un texte de la liturgie, la séquence de la messe de Pentecôte, admirable poème, riche de sens.

    « Viens, Esprit-Saint en nos cœurs
    et envoie du haut du ciel
    un rayon de ta lumière. »

9.2.1 Un Dieu proche

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L'homme a facilement le sentiment que Dieu est un être puissant, redoutable et plein de menaces. L'idée de Dieu est souvent liée à celle de force et corrélativement de soumission. Au contraire Dieu nous donne son Esprit. Par cet Esprit, le Père est plus proche de nous dans l'amour que la mère ne l'est de l'enfant de son sang, qu'elle enveloppe de sa tendresse, à qui elle donne toute son affection et toute son attention. Dieu veut être pour nous un amour qui nous comprend parfaitement, un amour qui partage nos sentiments et se donne lui-même.

L'homme a facilement le sentiment que Dieu le juge et le condamne. Sa sainteté serait une exigence haute et sévère. En réalité, Dieu se tourne vers nous. Il le fait avec plus d'intimité qu'un coeur aimant ne se tourne vers l'aimé.

L'homme a facilement le sentiment que Dieu est un être lointain, irréel. Dieu serait dans le flou et le vague. Il serait l'absent, l'éloigné de tout, alors que tout ce qui nous entoure serait bien réel : les choses quotidiennes, notre maison, les gens ; notre joie, notre souffrance, nos amis. Par le don de son Esprit, le Père se fait proche et réel.

Beaucoup ne voient en Dieu qu'une idée, une abstraction, une doctrine, un état d'âme ou un souvenir de leur enfance. Pourtant Dieu est réel. Sa réalité s'éprouve. Elle s'éprouve non seulement comme ce qui résiste et ce qui s'impose par la force, mais comme celui qui est proche. Dieu-Père donne son Esprit dont la liturgie dit qu'il est « Consolateur excellent, hôte de l'âme, Fraîcheur reposante ».

9.2.2 Un Dieu consolateur

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    « Consolateur souverain,
    hôte très doux de nos âmes,
    adoucissante fraîcheur. »

Qu'est-ce que la consolation ? Une consolation n'advient pas par raisonnement ; en effet argumenter et prouver ne consolent pas. Devant le mal, le discours explicatif des raisons, les descriptions des enchaînements de causes, les analyses métaphysiques ou les propos d'ordre général ne valent rien. Il faut dans la consolation quelque chose de vivant dans la proximité. Qui veut consoler doit aimer. Il doit tendre vers l'autre pour le rejoindre en ce qu'il a d'intime, voir quels sont les axes de détresse, les parties où la souffrance est vive, les zones d'ombre et de douleur. Il doit prendre un autre chemin que la connaissance rationnelle. La force consolatrice doit entrer au plus vif de la douleur et veiller sur elle. Elle doit fortifier de l'intérieur en rejoignant le dynamisme vital de celui qui souffre.

Consoler, c'est avoir le souci d'éveiller, et en appeler à ce qu'il y a de meilleur pour construire au milieu de la désolation.

La consolation délivre, soutient, dilate, de telle sorte que l'autre se redresse à partir de son propre centre. Ce qui console c'est l'amour. L'amour éveille la force vitale cachée, de l'intérieur, cette force apporte à celui qui souffre une énergie salutaire.

Consoler, c'est libérer dans une vie désolée une source qui était cachée ; elle irrigue et rend capable de porter fruit.

On rend à soi-même celui qui est désolé. L'oeuvre est détruite, les espoirs déçus, les cités dévastées, mais celui qui aime s'allie à ce qui est situé plus profondément encore que ce qui a été enlevé, l'oeuvre détruite, l'espoir brisé. Il rejoint la volonté créatrice, il éveille à une nouvelle activité.

Le consolateur sait rejoindre au-delà de ce qui est perdu et qui défigure. Il sait rejoindre une beauté qui demeure quand la beauté a disparu sans pouvoir revenir. Le consolateur accepte ce qui est perdu et le reconquiert dans une autre démarche où il prend le temps d'inventer.

9.2.3 Un Dieu qui crée et pardonne

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L'Esprit du Père rejoint celui dont le coeur est souillé. Celui qui aime rejoint la part encore vive qui souffre et vit enfouie sous la faute et la laideur du péché. A partir de là, il éveille une nouvelle confiance qui rend possible de dépasser toute laideur. L'Esprit du Père sait rejoindre celui qui s'est rendu coupable et qui dans la détresse de sa conscience ne trouve pas d'issue. Sans aucun orgueil, celui qui l'aime montre où est le mensonge, encourage la connaissance que le coupable a de lui-même, délivre et fortifie sa volonté, montre les voies et les possibilités du renouveau. C'est en ce sens que la liturgie appelle l'Esprit et le prie ainsi :

    « Viens en nous, père des pauvres,
    viens, dispensateur des dons,
    viens, lumière de nos c
    œurs »

Dans le monde de violence et d'injustices, les pauvres sont ignorés et isolés. Tels que nous sommes, nous ne nous soucions guère des pauvres. Celui qui mérite d'être appelé leur père, c'est celui qui est avec eux, dans leur misère, c'est le Dieu riche, l'amour éternel, le Paraclet.

Sont pauvres, en effet, ceux auxquels manquent les choses nécessaires à la vie, les désemparés, les abandonnés. Egalement ceux qui paraissent avoir beaucoup mais dont le coeur est défaillant. En effet, être pauvre ne signifie pas seulement ne pas avoir ce que l'on devrait avoir, mais aussi ne pas être capable de posséder intérieurement ce que l'on possède extérieurement et donc être étranger à la joie et ne pas connaître de sens à sa vie. Cette pauvreté est amère.

    « Sans ta puissance divine,
    il n'est rien en aucun homme,
    rien qui ne soit perverti.
    Lave ce qui est souillé,
    baigne ce qui est aride,
    guéris ce qui est blessé.
    Assouplis ce qui est raide,
    réchauffe ce qui est froid,
    rends droit ce qui est faussé. »

L'amour humain, vraiment pur et désintéressé, a ses limites. Dieu n'est pas limité ainsi. Le Saint Esprit console parce qu'il est le lien du Père et du Fils : l'Esprit de vérité.

9.3 Un Père qui aime

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9.3.1 Dieu au-delà du désespoir

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Le Saint-Esprit est la proximité de Dieu. Il est la proximité de Dieu avec lui-même. Il est son intériorité. Il est le fond de sa sainteté. « L'Esprit seul scrute les profondeurs de Dieu », dit saint Paul. C'est cet Esprit qui nous est donné. Il nous pénètre, afin que nous puissions être recréés.

    « Dans le labeur, le repos,
    dans la fièvre, la fraîcheur,
    dans les pleurs, le réconfort. »

Le désespoir de l'homme est infini. Son amertume est inépuisable, multiple comme l'existence elle-même quand elle s'est détachée de Dieu. Désespoir de détresse. Désespoir de l'existence bornée et sans avenir. Désespoir de la douleur que personne n'apaise. Désespoir de la faute qui tourmente. Désespoir de la solitude, quand les jours sont vides parce que ce qui arrive n'a pas de sens.

9.3.2 L'Esprit de vérité

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    « O lumière bienheureuse,
    viens remplir jusqu'à l'intime
    le coeur de tous tes fidèles. »

La vérité n'est pas seulement une affaire d'idée. Elle est une vie. Nous avons depuis notre enfance et la première perception de la réalité, une histoire. Notre esprit est vivant. Il a un rythme de croissance. Nos idées ne sont pas des choses stéréotypées ; notre connaissance de Dieu n'est pas comme l'effigie des pièces de monnaie, frappée une fois pour toutes.

La connaissance de Dieu pénètre dans toute notre vie comme une semence vivante. Elle cherche à croître, à se développer : elle emprunte sa substance à ce qui vit en nous : les événements, les expériences faites, les joies et les souffrances rencontrées. C'est un travail d'assimilation qui rend nouvelle chaque étape et chaque conversion.

9.3.3 La force de la transfiguration

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    « A tous ceux qui ont la foi
    et qui en toi se confient,
    donne tes sept dons sacrés.
    Donne mérite et vertu,
    donne le salut final,
    donne la joie éternelle. »

La séquence à l'Esprit-Saint exprime la dimension de l'homme transfiguré par Dieu . Le mystère de Dieu, c'est que sa clarté soit intimité profonde ; que sa force soit amour, que sa plénitude créatrice soit lumière.

Cette force qui détruit le péché sans blesser celui qui s'est écarté de Dieu. « Sans ton rayonnement, il n'est rien qui vive en l'homme, il n'est pas d'innocence ».

Le Paraclet est la force qui nous fait participer à sa propre pureté dans le mystère de son amour. Quand tout est blessé par la douleur ou par les déchirements intérieurs qui sont au-delà de la psychologie, seul Dieu peut intervenir. L'amour du Père seul a le pouvoir de libérer ce qui est raidi : la volonté mauvaise, la haine, l'endurcissement dans le mal, l'indifférence, la dureté, la détresse qui sent avec désespoir que cet état est inéluctable et qu'on ne peut seul en sortir. Son Esprit vient en nous, il nous conduit hors de la prison que nous sommes à nous-même, pour nous mener à la liberté des enfants de Dieu. Il détend ce qui est raidi, il fait fondre les obstacles. Il vient dans le chaos intérieur qui n'a pas d'issue. Il veut faire que l'on recommence à marcher, que de nouveau un but et une voie apparaissent.

Dans l'Esprit, se trouve le principe du salut. Se trouve aussi son accomplissement. Cet accomplissement est transfiguration. L'Esprit transfigure toute chose, il donne la joie éternelle, celle qui échappe à tout devenir, à toute usure et qui est la configuration du Ressuscité.

9.3.4 Conclusion

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Pour conclure, nous lirons un texte liturgique ancien :

    « O Source d'amour, Esprit
    O source des saints dons
    Ayant répandu tes flammes
    Enflamme l'intime des c
    œurs

    Toi qui d'un lien d'amour
    Relies le Père et le Fils
    Nous aussi rassemble-nous
    Par des liens d'amour mutuel

    (Et aux premières Vêpres de la Pentecôte)
    Viens Esprit céleste
    Lavée par le sang du Christ
    Et déjà capable de toi, la terre
    Ouvre son coeur desséché

    Accomplis la promesse du Christ
    Lorsqu'il monta aux cieux
    Et maintenant purifie nos c
    œurs
    Par un baptême de feu.

    Enseigne ce que le Christ prudent
    Différa, ses disciples étant encore ignorants
    Nouveau Maître, fais-le comprendre
    A nos esprits préparés.

    Autrefois la vérité était en figure
    Dévoilée à quelques voyants
    Maintenant par toi elle est claire
    Aux nations répandues dans le monde entier

    L'onction divine maintenant
    Nous informera tous.
    Inscris en nos coeur la loi
    Gravée sans bruit de paroles. » (Liturgie gallicane)


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