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Tiré du livre " Psychologie de l'expérience intérieure " Jean-Luc HETU éd. du Méridien 1983.
a. Description de l'expérience intérieure |
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Par ordre décroissant de fréquence, voici les sentiments ou les phénomènes qui sont mentionnés par les personnes interrogées :
Un sentiment de paix profonde
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55%
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La certitude que tout va bien finir
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48%
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Le sentiment de devoir partager avec les autres
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43%
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La conviction que l'amour est au centre de tout
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43%
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Un sentiment de joie et de rire
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43%
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Une expérience de forte intensité émotive
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38%
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Un grand accroissement de ma compréhension et de ma connaissance
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32%
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Le sentiment de l'unité de toutes choses et d'avoir ma place au sein de cette unité
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29%
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La confiance dans ma survie personnelle
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27%
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Le sentiment que tout l'univers est vivant
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25%
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La sensation d'être envahi par quelque chose de beaucoup plus puissant que moi
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24%
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Le sentiment d'une très grande expansion personnelle
soit psychologique soit physique
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22%
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Une sensation de chaleur ou de feu
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22%
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Le sentiment d'être baigné dans la lumière
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14%
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b. Expérience intérieure et religion |
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croyants et non-croyants
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85%
-
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14%
+
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43 %
+
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57%
-
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100% des non-croyants
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100% des croyants
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Sur quatre personnes qui disent avoir vécu une expérience intérieure intense, l'une d'entre elles se déclare non croyante. Il n'est donc pas nécessaire de croire en Dieu pour vivre de telles expériences.
pratiquants et non-pratiquants
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74%
-
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26%
+
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56%
+
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45%
-
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100% des non-croyants
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100% des croyants
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l. l'expérience intérieure intense a nettement tendance à être plus fréquente chez les croyants et les pratiquants.
2. L'expérience intérieure intense ne respecte pas tout à fait les frontières de la foi et de la pratique religieuse.
3. Près de la moitié des pratiquants n'ont jamais vécu d'expérience de ce type.
les catholiques et l'expérience intérieure intense
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Autres religions (bouddhistes, églises orientales,
etc.) :
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45% répondent positivement
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Protestants :
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43% répondent positivement
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Juifs :
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29% répondent positivement
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Sans religion :
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29% répondent positivement
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Catholiques :
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24% répondent positivement
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La moyenne des réponses positives obtenues par Greeley pour l'ensemble de la population américaine étant de 35%, les catholiques arrivent bons derniers, nettement sous la moyenne et derrière les «sans religion», ce qui amenait un collègue de Greeley à commenter malicieusement : «Si vous disposez du droit canon et d'un pape infaillible, peut-être que vous n'avez pas besoin de l'expérience mystique ».
c. Expérience intérieure et psychologie |
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Toujours suivant le travail de J.L. HETU, nous disposons d'une description assez détaillée du fonctionnement psychologique des personnes interrogées et nous pouvons faire quelques hypothèses sur le genre de fonctionnement psychologique qui fait obstacle à l'expérience religieuse intense.
Deux grands traits ressortent avec force : l'influence des préjugés et la recherche de sécurité.
Les préjugés sont chose courante. Chacun a les siens, dans la mesure où il est porté à penser comme les gens qui l'entourent, et à percevoir les étrangers ou les gens différents d'une façon stéréotypée.
Mais il arrive que les préjugés soient reliés à la structure même de la personnalité. Dans de tels cas, tout se passe comme si le moi du sujet n'était pas suffisamment fort pour faire face aux pressions internes (désirs, besoins, émotions) et aux pressions de l'environnement social (relations interpersonnelles, rôles familiaux et professionnels...), on trouve alors les traits de personnalité suivants :
- répression des conflits personnels en relation avec l'agressivité, la sexualité, la culpabilité etc.
- ambivalence face aux parents qui sont à la fois l'autorité qu'il faut aimer, et l'autorité détestée à cause de ses erreurs et de ses abus ;
- moralisme, c'est à dire une attitude de rigidité par rapport à ceux qui enfreignent les normes (criminels, grévistes, homosexuels, divorcés...) ; autant le sujet a de la peine à se situer par rapport à ses propres impulsions, autant il devient rigide par rapport à ceux qui dévient des normes sociales, réprimant chez les autres ce qu'il ne peut tolérer en lui-même ;
- tendance à diviser les gens en bons et mauvais, forts et faibles, femmes pures et « putains », bons citoyens et criminels. La difficulté des sujets enclins aux préjugés à assumer les zones de gris dans leur propre personnalité les amène ainsi à accentuer les contrastes chez les autres, ne retenant que leurs bons ou leurs mauvais côtés ;
- besoin de compréhension, découlant de la même difficulté à tolérer l'ambiguïté de sa propre personnalité, et qui amène à imposer de l'ordre là où il n'y en a pas, à retenir les solutions simplistes pour des problèmes complexes, et à préférer le familier à la nouveauté ;
- "externalisation", c'est à dire tendance à penser que les problèmes et les solutions se situent en dehors de soi, et donc tendance aussi bien à dénoncer des boucs émissaires (communistes, féministes, athées, francs-maçons, juifs...) qu'à acclamer des sauveurs (le candidat qui va ramener la femme au foyer, qui va imposer l'ordre, la loi...) ;
- centralisation sur les institutions : parce qu'elle a grandement besoin d'ordre dans sa propre personnalité mais qu'elle ne veut pas (et souvent ne peut pas) reconnaître ce fait, la personnalité sujette aux préjugés est portée à sur-valoriser l'ordre social, symbolisé par l'état, la religion, la famille; elle se montre donc très attachée à ces institutions, qui représentent des îlots de sécurité dans sa dérive personnelle.
- Tendance à recourir à l'autorité, encore ici dans le but d'éviter de devoir prendre ses propres décisions, ce qui impliquerait un contact menaçant avec sa propre réalité.
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