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Le prologue donne le ton. Limage de la foi et de la raison comme deux ailes pour aller à Dieu est très classique. Elle est ici reprise pour faire image au début dune analyse qui nen restera pas au seul plan symbolique. Limage des ailes renoue avec une tradition ancienne qui parle délévation de lesprit. Linscription de la vie intellectuelle dans cet horizon marque la différence avec la manière dont procèdent les sciences de la nature qui soccupent du sensible et du matériel, lici-bas. Lesprit est invité à la vie contemplative.«...deux ailes qui permettent à lesprit humain de sélever vers la contemplation de la vérité» dit le texte du prologue. Le terme de vie contemplative est très ancien. Il marque la pensée grecque. Pour les grands philosophes grecs, éminemment Platon et Aristote, le but de la vie est la contemplation. Sarracher au multiple, au matériel, au répétitif pour accéder à ce qui est lumière et intelligence dans lunité de lesprit. Lobjet de la vie contemplative est ici défini comme vérité. Cest le maître mot de la lettre. Or tout de suite lintroduction affirme que la vérité, cest Dieu. Lintroduction distingue entre Dieu et la vérité, disant que de la vérité acquise par le labeur de lhomme mû par le désir de savoir est une quête de Dieu. Comment, pourquoi ? Tel est lenjeu de la réponse à cette question. «Dieu a mis au coeur de lhomme le désir de connaître la vérité, et, au terme, de Le connaître lui-même, afin que Le connaissant et Laimant, il puisse atteindre la pleine vérité sur lui-même». Les premières lignes articulent ainsi trois termes : Dieu, homme, vérité. Lordre importe pour lintelligence de la pensée de Jean-Paul II et pour manifester loriginalité du texte. Dieu a mis au coeur de lhomme le désir de connaître la vérité qui permet de le connaître. La connaissance de Dieu permet ensuite la connaissance de lhomme. Ce chemin est original. Pensons en effet aux programmes des cours de philosophie du baccalauréat tels quils étaient écrits jusquaux années 70 où le programme mentionnait comme objet de la classe de philosophie, Dieu, lhomme et le monde, selon la division classique de lenseignement héritée des pères Jésuites ; on commençait par le monde (les sciences de la nature), puis lhomme (la psychologie) et ensuite venait, plus abstraite la métaphysique. Pour cette raison des philosophes ont reconnu que lencyclique nentrait pas dans la démarche philosophique. Par exemple dans le Figaro, André Comte-Sponville a noté que le propos du pape ne le concernait pas, car lui philosophe cherchait la vérité, tandis que le pape partait du principe quil la possédait par don de Dieu. La démarche de lencyclique serait impertinente si elle ne sadressait pas aux évêques. Quelle est la démarche ? Elle est dite par lintroduction qui permet de saisir lensemble de la démarche de la lettre. |