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Article : Encyclique Fides et ratio --- Auteur : Jean-Michel Maldamé op

    2. L’introduction

L’introduction introduit une dimension universelle. Pour cette raison, elle utilise le terme de philosophie au sens le plus large possible : est appelée philosophie la démarche de l’esprit humain qui cherche à comprendre aux questions qui le concerne : «Qui suis-je ? D’où viens-je et où vais-je ? Pourquoi la présence du mal ? Qu’y aura-t-il après cette vie ?» Ces questions peuvent être qualifiées d’existentielles, au sens habituel du terme. La lettre relève que ces questions sont universelles ; elles ne sont pas limitées à la Grèce antique, mais valent pour les textes bibliques, les écrits de Confucius et de Lao Tseu, de Bouddha, donc pour toutes les grandes cultures ayant laissé des traces écrites claires (§ 1, p. 4).

L’humanité est en quête de vérité. L’Eglise est apte à répondre à cette quête. La lettre l’appelle ce service d’un terme technique de la théologie : la diaconie de la vérité. C’est la mission de l’Eglise. «Cette mission fait participer la communauté des croyants à l’effort communique l’humanité accomplit pour atteindre la vérité, et d’autre part elle l’oblige à prendre en charge l’annonce des certitudes acquises, tout en sachant que toute vérité atteinte n’est jamais qu’une étape vers la pleine vérité qui se manifestera dans la révélation ultime de Dieu» ( § 2, p. 5). Le mot philosophie est donc entendu dans son sens de dynamisme intellectuel, au sens premier du terme grec qui signifie, amour de la sagesse. Amour et donc désir et mouvement vers.

Le § 4 utilise l’autre sens du mot philosophie. Une philosophie est un corps de doctrine ou une vision du monde ou encore une attitude morale. La lettre reconnaît qu’il y a en la matière une grande diversité. Elle se propose alors de trouver un noyau commun à tous les systèmes de pensée : «Il est possible de reconnaître malgré les changements au cours du temps, un noyau de notions philosophiques dont la présence est constante dans l’histoire de la pensée». La lettre donne comme exemple quelques principes et notions de base : le principe de non-contradiction, la finalité, la causalité, la notion de personne comme sujet libre et intelligent, les normes morales universellement partagées exprimée dans les Droits de l’homme. Le texte dit : «Une sorte de patrimoine spirituel de l’humanité» ( § 4, p. 8). Sur cette base, la lettre reconnaît la spécificité de la démarche chrétienne : la quête de l’homme est un mouvement pour aller à Dieu.

Un élément critique apparaît alors : l’intérêt pour l’homme a détourné l’esprit de l’attention à Dieu, d’où l’agnosticisme, l’athéisme, le relativisme, le scepticisme,... Un procès commence à être instruit . Le délit est le suivant : «On a vu apparaître chez l’homme contemporain, et pas seulement chez quelques philosophes, des attitudes de défiance assez répandues à l’égard de ressources cognitives de l’être humain» (§ 5 p. 11). Aussi il faudra voir quelle est la pertinence de l’encyclique dans ce débat. C’est face à cette situation que les évêques sont invités à réagir pour manifester la vérité et libérer de la sorte la conscience moderne prisonnière d’elle-même et enfermée dans un horizon borné ( § 6 p. 12). Pour Jean-Paul II, la vérité plénière vient de la foi et donc il s’agit de monter comment la foi sauve la quête de vérité non seulement en donnant des réponses à croire, mais en sauvant la raison elle-même de sa timidité ou de son égarement. «Je voudrais concentrer l’attention sur le thème même de la vérité et sur son fondement par rapport à la foi» ( § 6, p. 13). Le projet est «la philosophie doit retrouver sa vocation originelle», c’est-à-dire faire connaître Dieu.


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