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Lintroduction introduit une dimension universelle. Pour cette raison, elle utilise le terme de philosophie au sens le plus large possible : est appelée philosophie la démarche de lesprit humain qui cherche à comprendre aux questions qui le concerne : «Qui suis-je ? Doù viens-je et où vais-je ? Pourquoi la présence du mal ? Quy aura-t-il après cette vie ?» Ces questions peuvent être qualifiées dexistentielles, au sens habituel du terme. La lettre relève que ces questions sont universelles ; elles ne sont pas limitées à la Grèce antique, mais valent pour les textes bibliques, les écrits de Confucius et de Lao Tseu, de Bouddha, donc pour toutes les grandes cultures ayant laissé des traces écrites claires (§ 1, p. 4). Lhumanité est en quête de vérité. LEglise est apte à répondre à cette quête. La lettre lappelle ce service dun terme technique de la théologie : la diaconie de la vérité. Cest la mission de lEglise. «Cette mission fait participer la communauté des croyants à leffort communique lhumanité accomplit pour atteindre la vérité, et dautre part elle loblige à prendre en charge lannonce des certitudes acquises, tout en sachant que toute vérité atteinte nest jamais quune étape vers la pleine vérité qui se manifestera dans la révélation ultime de Dieu» ( § 2, p. 5). Le mot philosophie est donc entendu dans son sens de dynamisme intellectuel, au sens premier du terme grec qui signifie, amour de la sagesse. Amour et donc désir et mouvement vers. Le § 4 utilise lautre sens du mot philosophie. Une philosophie est un corps de doctrine ou une vision du monde ou encore une attitude morale. La lettre reconnaît quil y a en la matière une grande diversité. Elle se propose alors de trouver un noyau commun à tous les systèmes de pensée : «Il est possible de reconnaître malgré les changements au cours du temps, un noyau de notions philosophiques dont la présence est constante dans lhistoire de la pensée». La lettre donne comme exemple quelques principes et notions de base : le principe de non-contradiction, la finalité, la causalité, la notion de personne comme sujet libre et intelligent, les normes morales universellement partagées exprimée dans les Droits de lhomme. Le texte dit : «Une sorte de patrimoine spirituel de lhumanité» ( § 4, p. 8). Sur cette base, la lettre reconnaît la spécificité de la démarche chrétienne : la quête de lhomme est un mouvement pour aller à Dieu. Un élément critique apparaît alors : lintérêt pour lhomme a détourné lesprit de lattention à Dieu, doù lagnosticisme, lathéisme, le relativisme, le scepticisme,... Un procès commence à être instruit . Le délit est le suivant : «On a vu apparaître chez lhomme contemporain, et pas seulement chez quelques philosophes, des attitudes de défiance assez répandues à légard de ressources cognitives de lêtre humain» (§ 5 p. 11). Aussi il faudra voir quelle est la pertinence de lencyclique dans ce débat. Cest face à cette situation que les évêques sont invités à réagir pour manifester la vérité et libérer de la sorte la conscience moderne prisonnière delle-même et enfermée dans un horizon borné ( § 6 p. 12). Pour Jean-Paul II, la vérité plénière vient de la foi et donc il sagit de monter comment la foi sauve la quête de vérité non seulement en donnant des réponses à croire, mais en sauvant la raison elle-même de sa timidité ou de son égarement. «Je voudrais concentrer lattention sur le thème même de la vérité et sur son fondement par rapport à la foi» ( § 6, p. 13). Le projet est «la philosophie doit retrouver sa vocation originelle», cest-à-dire faire connaître Dieu. |