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Article : Encyclique Fides et ratio --- Auteur : Jean-Michel Maldamé op

    3. La révélation

La démarche de la lettre n’est pas philosophique au sens où elle prendrait le temps de suivre un itinéraire de découverte de la vérité. Elle part de l’affirmation de la foi : Dieu s’est révélé. Le terme est employé au sens propre : une vérité était inconnue, cachée, voilée. Cette vérité est dévoilée ; quand le voile est ôté, il y a révélation, dévoilement, apocalyspsis dit le grec biblique.

La connaissance que propose l’Eglise et le pape ne vient pas «de la spéculation, fut-ce la plus élevée, mais du fait d’avoir accueilli la parole de Dieu dans la foi» (§ 7, p. 15). Tout vient de Dieu qui a l’initiative de dire ce que sans lui nul ne pourrait savoir.

Plus loin, la lettre dit : «La foi est donc d’un ordre différent que celui de la connaissance philosophique. Celle-ci, en effet, s’appuie sur la perception des sens, sur l’expérience, et elle se développe à la lumière de la seule intelligence. La philosophie et les sciences évoluent dans l’ordre de la raison naturelle, tandis que la foi, éclairée et guidée par l’Esprit, reconnaît dans le message du salut la plénitude de grâce et de vérité que Dieu a voulu révéler dans l’histoire et de manière définitive par son Fils Jésus-Christ.» ( §9, p. 17).

La révélation est autre que la démarche philosophique. Pour cette raison, les philosophes lecteurs de la lettre ont considéré qu’il n’y avait pas là de la philosophie, mais de la théologie. Il s’agit pour Jean-Paul II de manifester la place de la raison dans la lumière de la révélation qui est irréductible à la quête de la vérité. L’encyclique pose donc cela comme un point certain. «La vérité que Dieu a confiée à l’homme sur lui-même et sur sa vie s’inscrit dans le temps et dans l’histoire.... Il est certain qu”elle a été prononcée une fois pour toutes dans le mystère de Jésus de Nazareth.» ( § 11, p. 19).

La foi est affirmée dans son irréductible supériorité : «Il ne faudra pas oublier que la révélation demeure empreinte de mystère [...]. Seule la foi permet de pénétrer le mystère, dont elle favorise une compréhension cohérente» (§ 13, p. 21). Cette supériorité est appuyée sur des textes conciliaires en particulier ceux de Vatican I et Vatican II. C’est une parole à des évêques et pas à des philosophes.

La foi n’est cependant pas présentée comme une violence faite à la raison. Mais la raison ne trouve pour y adhérer que des signes (§ 13, p. 23) ; la foi laisse ainsi un espace pour la raison (§ 14, p.25).

«Une première conclusion s’impose : la vérité que la Révélation nous fait connaître n’est pas le fruit mûr ou le point culminant d’une pensée élaborée par la raison. Elle se présente au contraire avec la caractéristique de la gratuité, elle engendre une réflexion et elle demande à être accueillie comme expression d’amour» (§ 15, p. 27-28).


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