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Le chapitre suivant (chap. II) est consacré à lexplicitation dun adage bien connu qui remonte à Saint Augustin : «Croire pour comprendre - Credo ut intelligam - je crois pour comprendre» La foi nest pas ennemie de la raison ni de lintelligence ; elle est source dintelligence. La lettre développe ce que saint Paul dit de la sagesse révélée. Elle est une sagesse, cest-à-dire ici une vision du monde, une conception de lhomme et de ses capacités spirituelles et aussi une lumière sur lexistence et la nature de Dieu. La foi est source de sagesse. Elle donne de connaître le plan de Dieu. Elle est donc supérieure à la raison naturelle et donne de connaître ce que la raison naturelle ne saurait connaître à elle seule. Un mot apparaît, celui de mystère : «Par sa réflexion, Israël a su ouvrir à la raison la voie vers le mystère. Dans la révélation de Dieu, il a pu sonder en profondeur tout ce quil cherchait à atteindre par la raison sans y réussir» ( § 18, p. 32). De même «la connaissance, pour lAncien Testament, ne se fonde pas seulement sur une observation attentive de lhomme, du monde et de lhistoire. Elle suppose nécessairement un rapport avec la foi et avec le contenu de la Révélation» (§ 21, p. 35). Cette irréductible supériorité de la révélation sur la raison naturelle se voit dans la rupture opérée par la manifestation de Jésus-Christ : «La profondeur de la sagesse révélée rompt le cercle de nos schémas habituels de réflexion, qui ne sont pas du tout en mesure de lexprimer de manière appropriée» (§ 23, p. 38). La croix de Jésus est selon les paroles de saint Paul, folie pour les grecs, scandale pour les sémites : «La sagesse de la croix dépasse donc toutes les limites culturelles que lon veut lui imposer et nous oblige à nous ouvrir à luniversalité de la vérité dont elle est porteuse» (§ 23, p. 39). Après cette manifestation du rôle irremplaçable de la révélation pour connaître la vérité, le chapitre suivant (chap. III) manifeste le chemin inverse sous le titre qui reprend une expression traditionnelle Intelligo ut credam, je comprends pour croire. Le texte emblématique qui est ici cité est le discours de Paul à Athènes qui est le modèle de la prédication aux Gentils dans les Actes des apôtres (chap. 17). Paul fait état de la recherche de vérité qui mène à connaître Dieu et qui exprime le désir dune vérité absolue. Cette attitude est universelle : «Une personne a lâge adulte peut discerne par ses propres moyens ce qui est vrai de ce qui est faux, en se formant un jugement sur la réalité objective des choses» ( § 25, p. 43). Cest ce qui se fait dans les sciences, dans la morale, dans la question du sens de la vie. Tout homme oriente sa propre vie. Il cherche la vérité de sa vie. La lettre relève que cette orientation repose sur une décision qui relève nécessairement dune croyance. «Lhomme, être qui cherche la vérité, est donc aussi celui qui vit de croyance» (§ 31, p. 50). Ainsi lorsque la grâce est donnée à lhomme, elle ne lui fait aucune violence, elle couronne. «La foi chrétienne lui vient en aide en lui donnant la possibilité concrète de voir aboutir cette recherche. Dépassant le stade de la simple croyance, en effet, elle introduit lhomme dans lordre de la grâce qui lui permet de participer au mystère du Christ, dans lequel lui est offerte la connaissance vraie et cohérente du Dieu Un et Trine. Ainsi, en Jésus-Christ, qui est la vérité, la foi reconnaît lultime appel adressé à lhumanité, pour quelle puisse accomplir ce quelle éprouve comme désir et comme nostalgie» (§ 33, p. 54). |