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Article : Encyclique Fides et ratio --- Auteur : Jean-Michel Maldamé op

    4. Sagesse révélée et sagesse païenne

Le chapitre suivant (chap. II) est consacré à l’explicitation d’un adage bien connu qui remonte à Saint Augustin : «Croire pour comprendre - Credo ut intelligam - je crois pour comprendre»

La foi n’est pas ennemie de la raison ni de l’intelligence ; elle est source d’intelligence. La lettre développe ce que saint Paul dit de la sagesse révélée. Elle est une sagesse, c’est-à-dire ici une vision du monde, une conception de l’homme et de ses capacités spirituelles et aussi une lumière sur l’existence et la nature de Dieu.

La foi est source de sagesse. Elle donne de connaître le plan de Dieu. Elle est donc supérieure à la raison naturelle et donne de connaître ce que la raison naturelle ne saurait connaître à elle seule. Un mot apparaît, celui de mystère : «Par sa réflexion, Israël a su ouvrir à la raison la voie vers le mystère. Dans la révélation de Dieu, il a pu sonder en profondeur tout ce qu’il cherchait à atteindre par la raison sans y réussir» ( § 18, p. 32). De même «la connaissance, pour l’Ancien Testament, ne se fonde pas seulement sur une observation attentive de l’homme, du monde et de l’histoire. Elle suppose nécessairement un rapport avec la foi et avec le contenu de la Révélation» (§ 21, p. 35).

Cette irréductible supériorité de la révélation sur la raison naturelle se voit dans la rupture opérée par la manifestation de Jésus-Christ : «La profondeur de la sagesse révélée rompt le cercle de nos schémas habituels de réflexion, qui ne sont pas du tout en mesure de l’exprimer de manière appropriée» (§ 23, p. 38). La croix de Jésus est selon les paroles de saint Paul, folie pour les grecs, scandale pour les sémites : «La sagesse de la croix dépasse donc toutes les limites culturelles que l’on veut lui imposer et nous oblige à nous ouvrir à l’universalité de la vérité dont elle est porteuse» (§ 23, p. 39).

Après cette manifestation du rôle irremplaçable de la révélation pour connaître la vérité, le chapitre suivant (chap. III) manifeste le chemin inverse sous le titre qui reprend une expression traditionnelle Intelligo ut credam, je comprends pour croire. Le texte emblématique qui est ici cité est le discours de Paul à Athènes qui est le modèle de la prédication aux Gentils dans les Actes des apôtres (chap. 17). Paul fait état de la recherche de vérité qui mène à connaître Dieu et qui exprime le désir d’une vérité absolue.

Cette attitude est universelle : «Une personne a l’âge adulte peut discerne par ses propres moyens ce qui est vrai de ce qui est faux, en se formant un jugement sur la réalité objective des choses» ( § 25, p. 43). C’est ce qui se fait dans les sciences, dans la morale, dans la question du sens de la vie. Tout homme oriente sa propre vie. Il cherche la vérité de sa vie.

La lettre relève que cette orientation repose sur une décision qui relève nécessairement d’une croyance. «L’homme, être qui cherche la vérité, est donc aussi celui qui vit de croyance» (§ 31, p. 50).

Ainsi lorsque la grâce est donnée à l’homme, elle ne lui fait aucune violence, elle couronne. «La foi chrétienne lui vient en aide en lui donnant la possibilité concrète de voir aboutir cette recherche. Dépassant le stade de la simple croyance, en effet, elle introduit l’homme dans l’ordre de la grâce qui lui permet de participer au mystère du Christ, dans lequel lui est offerte la connaissance vraie et cohérente du Dieu Un et Trine. Ainsi, en Jésus-Christ, qui est la vérité, la foi reconnaît l’ultime appel adressé à l’humanité, pour qu’elle puisse accomplir ce qu’elle éprouve comme désir et comme nostalgie» (§ 33, p. 54).


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