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Article : Encyclique Fides et ratio --- Auteur : Jean-Michel Maldamé op

    6. L’autorité de l’Eglise en matière de philosophie

A partir de ce moment le ton de l’encyclique change. Les chapitres précédents faisaient un panégyrique de la pensée chrétienne en citant les grands auteurs. Le pape n’ignore pas que le rôle du Magistère n’a pas toujours été clair et qu’il est intervenu pour condamner - et ceci massivement au cours du dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle. La lettre consacre un chapitre à la justification de ces interventions.

Le chapitre commence par une phrase qui atténue le caractère drastique de l’attitude commune dans les décennies précédant le concile Vatican II. La lettre pose en principe que : «L’Eglise ne propose pas sa propre philosophie ni ne canonise une quelconque philosophie particulière au détriment des autres.» (§ 49, p. 79). La raison qui est donnée est que la philosophie est oeuvre de raison et donc serait dénaturée si elle s’inféodait à la discipline ecclésiastique.

Mais pour autant les interventions du Magistère en matière de philosophie ont été justifiées. En effet : «Ce n’est ni la tâche ni la compétence du magistère d’intervenir pour combler les lacunes d’un discours philosophique déficient. Il est de son devoir au contraire de réagir de manière claire et forte lorsque des thèses philosophiques discutables menacent la juste compréhension du donné révélé et quand on diffuse des théories fausses et partisanes qui répandent de graves erreurs, troublant la simplicité de la foi du peuple de Dieu» (§ 49, p. 80).

Cette tâche est nécessaire aujourd’hui. Elle poursuit une tradition qui s’est longuement développée au cours du XIXe siècle.

Cette tâche en matière de discipline de la pensée vaut aussi pour la théologie, qui est menacée par le rationalisme et le fidéisme.

De manière positive l’encyclique rappelle la décision de Léon XIII de proposer saint Thomas d’Aquin comme le docteur commun à l’Eglise catholique.

Le chapitre suivant (chap. VI) examine les domaines de l’enseignement et de la formation ecclésiastique. Sont relevés les domaines principaux des études théologiques et philosophiques et sont données des orientations pour une formation à la fois traditionnelle et ouverte (en particulier sur les cultures non-européennes) avec un rappel constant de la nécessaire rigueur intellectuelle.


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