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A partir de ce moment le ton de lencyclique change. Les chapitres précédents faisaient un panégyrique de la pensée chrétienne en citant les grands auteurs. Le pape nignore pas que le rôle du Magistère na pas toujours été clair et quil est intervenu pour condamner - et ceci massivement au cours du dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle. La lettre consacre un chapitre à la justification de ces interventions. Le chapitre commence par une phrase qui atténue le caractère drastique de lattitude commune dans les décennies précédant le concile Vatican II. La lettre pose en principe que : «LEglise ne propose pas sa propre philosophie ni ne canonise une quelconque philosophie particulière au détriment des autres.» (§ 49, p. 79). La raison qui est donnée est que la philosophie est oeuvre de raison et donc serait dénaturée si elle sinféodait à la discipline ecclésiastique. Mais pour autant les interventions du Magistère en matière de philosophie ont été justifiées. En effet : «Ce nest ni la tâche ni la compétence du magistère dintervenir pour combler les lacunes dun discours philosophique déficient. Il est de son devoir au contraire de réagir de manière claire et forte lorsque des thèses philosophiques discutables menacent la juste compréhension du donné révélé et quand on diffuse des théories fausses et partisanes qui répandent de graves erreurs, troublant la simplicité de la foi du peuple de Dieu» (§ 49, p. 80). Cette tâche est nécessaire aujourdhui. Elle poursuit une tradition qui sest longuement développée au cours du XIXe siècle. Cette tâche en matière de discipline de la pensée vaut aussi pour la théologie, qui est menacée par le rationalisme et le fidéisme. De manière positive lencyclique rappelle la décision de Léon XIII de proposer saint Thomas dAquin comme le docteur commun à lEglise catholique. Le chapitre suivant (chap. VI) examine les domaines de lenseignement et de la formation ecclésiastique. Sont relevés les domaines principaux des études théologiques et philosophiques et sont données des orientations pour une formation à la fois traditionnelle et ouverte (en particulier sur les cultures non-européennes) avec un rappel constant de la nécessaire rigueur intellectuelle. |