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Le chapitre suivant pointe quelques points particuliers qui caractérisent la situation actuelle. Ils demandent donc une attention toute particulière de la part des évêques dans lexercice de leur charge pastorale. Lencyclique ne se contente pas de relever quelques points ; elle développe le fondement de ce que lon pourrait appeler une crise qui caractérise la modernité. Le point source de la difficulté est le divorce entre la raison et la foi. La raison a voulu se libérer de toute influence de la lumière venue de la révélation. Le résultat a été un conflit entre foi et raison - ce qui fonde lathéisme - ou plus banalement la séparation entre les deux éléments qui pour cette raison se sont affaiblies. La foi a perdu sa force, la raison a perdu sa rigueur. Elle sest étiolée ; elle sest refermée sur un horizon qui ne correspond pas à la grandeur de lhomme. Pour cette raison, lencyclique est un plaidoyer qui invite à valoriser et la foi et la raison, lune et lautre ensemble. «Le rapport actuel entre foi et raison demande un effort attentif de discernement, parce que la raison et la foi se sont toutes deux appauvries lune en face de lautre. La raison, privée de lapport de la Révélation, a pris des sentiers latéraux qui risquent de lui faire perdre de vue son but final. La foi, privée de la raison, a mis laccent sur le sentiment et lexpérience, en courant le risque de ne plus être une proposition universelle. Il est illusoire de penser que la foi, face à une raison faible, puisse avoir une force plus grande; au contraire, elle tombe dans le grand danger dêtre réduite à un mythe ou à une superstition. De la même manière, une raison qui na plus une foi adulte en face delle nest pas incitée à sintéresser à la nouveauté et à la radicalité de lêtre. On ne doit donc pas considérer comme hors de propos que je lance un appel fort et pressant pour que la foi et la philosophie retrouvent lunité profonde qui les rend capables dêtre en harmonie avec leur nature dans le respect de leur autonomie réciproque. A la parrhèsia de la foi doit correspondre laudace de la raison.» Le premier point est la crise du sens (§81) ; il en découle la nécessité pour la philosophie de retrouver une «dimension sapientielle de recherche du sens ultime et global du sens de la vie» (p. 128). La philosophie doit être explicitement métaphysique , «cest-à-dire apte à transcender les données empiriques pour parvenir, dans sa recherche de la vérité, à quelque chose dabsolu, dultime et de fondateur» (§ 83, p. 130). Au nom de la métaphysique, la lettre dénonce léclectisme (§ 86), lhistoricisme (§ 87), le scientisme (§ 88), le pragmatisme (§ 89), le nihilisme (§ 90). Dans ce contexte, il résulte des conséquences pour la théologie. Elle doit expliciter le mystère de Dieu dans un langage qui soit fort et clair, empli de raison et liée à une philosophie de lêtre et donc à la métaphysique qui voit le monde et la vie selon un ordre rationnel. «La philosophie de lêtre, dans le cadre de la tradition métaphysique chrétienne, est une philosophie dynamique, qui voit la réalité dans ses structures ontologiques, causales et relationnelles» (§ 97, p. 151). Les conséquences seront heureuses pour la catéchèse et lenseignement : «La réflexion philosophique peut beaucoup contribuer à la clarification des rapports entre la vérité et la vie, entre lévénement et la vérité doctrinale, et surtout la relation entre la vérité transcendante et le langage humainement intelligible» (§ 99, p. 154). La conclusion est un appel à mettre en oeuvre la perspective pratique ainsi dégagée. |