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Une encyclique nest jamais parfaitement unifiée. On trouve cependant dans Fides et ratio un discours particulièrement bien articulé à partir dune vision de la valeur de lhomme. Lencyclique donne un vision optimiste des rapports entre la foi et la raison. Trop peut-être - comme me la fait remarqué un scientifique naturaliste, car le spectacle de la nature ne suscite pas seulement lémerveillement, il pose lénigmatique question du mal dans la nature. La vision optimiste est liée à la capacité de la raison naturelle de connaître la vérité et par là daccéder à son fondement. La révélation suscite une ouverture de lintelligence qui est heureuse de senrichir des richesses intellectuelles de la philosophie. Cet optimisme nest pas séparé dune perspective plus polémique dans la souci de sauver lintelligence de toute fermeture sur elle-même. Pour ne pas faire de contresens, il faut cependant relever deux thèmes qui structurent la pensée de Jean-Paul II. Ils apparaissent dès le début de la lettre. Le premier est que la rencontre de la vérité révélée et de la philosophie grecque est le fruit de la Mission de lEglise, mission qui lui a été confiée par Jésus-Christ. Dans cette perspective, lencyclique ouvre sur la mission dans le vaste monde, en référence aux Indes en particulier (§ 72). Le second est la conviction que la vérité révélée vient sauver la vérité qui est captive à cause des limites que la raison ne peut franchir delle-même et des conséquences du péché. Le rôle de la foi est de sauver la raison de lémiettement : «Je désire exprimer avec force la conviction que lhomme est capable de parvenir à une conception unifiée et organique du savoir. Cest là lune des tâche dont la pensée chrétienne devra se charger au cours du prochain millénaire de lère chrétienne» (§ 85, p. 134). |