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Article : Encyclique Fides et ratio --- Auteur : Jean-Michel Maldamé op

    II - La vie de la foi

A la suite de l’encyclique, le terme de foi demande donc à être revisité. Il faut pour cela expliciter le sens du mot foi.

Le mot foi caractérise une activité de connaissance. Croire, c’est tenir pour assurée une proposition ou plus simplement une affirmation. En ce sens, la foi et la science sont d’accord pour une affirmation de vérité qui ait part à la certitude. La science et la foi s’opposent à l’opinion qui est un assentiment probable et incertain - incertitude qui peut provenir de la nature des faits ou de l’insuffisance de connaissance. La science et la foi sont une connaissance certaine. Par exemple, dire «Jésus est le Messie attendu par le peuple élu» est tenu pour vrai et pour certain par le croyant.

La foi et la science se distinguent cependant à cause de la source de la vérité ; la science repose sur l’évidence ou sur l’expérience sensible ; elle est le fruit d’une interaction entre la théorie et l’expérience où l’on vérifie ce qui est affirmé. Au contraire, la foi repose sur le savoir d’un autre. Ce savoir repose sur la confiance qui lui est faite. On le tient pour vrai parce qu’on a confiance dans son savoir, dans son expérience, dans son métier. Ainsi les petits enfants croient ce que leur apprennent leurs parents car ils ont confiance en eux - et dans la société une part importante de nos convictions reposent sur la confiance que nous faisons à celui qui nous donne une information : par exemple, la prescription pharmaceutique si elle est faite par un bon médecin et réalisé par un bon laboratoire.

Aussi dans la foi ou dans l’acte de croire jouent deux éléments. L’un est lié à la confiance en un autre qui la mérite. Cet élément est dans le rapport inter personnel. L’autre est le contenu de la vérité à croire.

On peut prendre des exemples simples : je demande un renseignement à la gare sur l’heure de départ du train, je fais confiance à l’employé et ne doute pas de l’heure du départ du train, malgré la grève. Je fais confiance dans mon boucher pour la viande qu’il propose et que je suis certain de ne pas provenir d’une vache folle. etc.....

Ces deux aspects sont inséparables. Selon les lieux et les auteurs on privilégie un aspect plutôt qu’un autre. La manière de les articuler est différente selon les écoles et les traditions spirituelles. Il importe de le voir, pour mieux vivre notre foi.


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