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On appelle Pères de lEglise ceux qui ont donné au message chrétien un enracinement culturel éminent dans le monde gréco-latin. ce monde étant marqué par une culture développée, ils ont créé un langage et une conceptualité qui disent le contenu de la foi. La richesse de sens du terme de foi est développé dans le sens qui réponde à lattente de la pensée hellénistique, marquée par un fort désir de connaissance. Les Pères vont montrer que la foi est une connaissance qui, venue de Dieu, répond à la quête des sages. Le terme de foi prend une extension nouvelle. La foi est comprise comme source dune parfaite connaissance (gnosis). Cette connaissance est une anticipation de la vision de Dieu dans la gloire qui sera la source du bonheur éternel. La foi est donc un accomplissement de la quête de sagesse des païens. Corrélativement à cette dimension intellectuelle, le discours chrétien se développe en ayant le souci de montrer combien la foi est raisonnable. Il y a dans la lumière de la foi des éléments qui la justifient : Ce que lapologétique appelle des motifs de crédibilité. Ce sont laccomplissement des prophéties, les miracles, le développement du christianisme et le rayonnement de la sainteté. Corrélativement à laccent mis sur laspect intellectuel de la démarche dadhésion, le mot foi (pistis) prend le sens de doctrine. La foi a pour objet des articles qui sont mis dans le symbole qui sert à une confession de foi. Saint Augustin rend classique la dimension de la foi en trois attitudes : credere Deum, credere Deo, credere in Deum : croire Dieu, croire à Dieu, croire en Dieu. Les chrétiens sont ceux qui croient en Dieu, mais beaucoup se contentent de croire à Dieu. Dans le symbole des apôtres on distingue bien les nuances : croire en et croire à. La traduction du symbole de Nicée -Constantinople est sur ce point une catastrophe : on a tout traduit en croire en. Le texte latin dit «Credo in unum Deum Patrem, ... In Jesum Christum Filium,... In Spiritum Sanctum ,...», puis «et unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam» ; la traduction fait de lEglise une quatrième personne divine !!! |