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La théologie médiévale correspond à un développement du rationalisme inscrit dans la démarche intellectuelle des Pères qui étaient davantage des rhéteurs que des logiciens. Avec linstitution dun système scolaire en Occident, la foi sera comprise comme une source de connaissances. Lexpression latine qui lexprime est fides quaerens intellectum : la foi cherche lintelligence. Il faut trouver à lintérieur de la foi des raisons de croire qui soient persuasives au plan rationnel. Lattitude nest pas alors apologétique. Elle relève dune démarche dapprofondissement de la foi elle-même. La réflexion se développe dans un milieu contemplatif : le désir de connaître Dieu est premier, dans les écoles monastiques et les universités dirigées par les clercs. La conception théologique de la foi est liée à une rationalisation ; celle-ci a donné au terme de foi un sens plus restreint. Le terme de foi désigne seulement ce qui concerne lintelligence, tandis que la charité est placée dans laffectivité. La théologie médiévale distingue donc trois vertus, dites théologales car elles ont Dieu pour objet direct. La première est la foi qui est dans lintelligence ; la seconde est lespérance qui est dans le désir ; la troisième est la foi qui est dans laffection. Cette séparation correspond mal à ce qui est écrit dans la Bible, qui nignore aucun de ces termes. La théologie suppose une très haute idée de la raison qui sert à définir lhomme. La raison est alors étroitement liée à la foi, même si dans le contexte de la pensée augustinienne, la raison sans la foi est de peu dimportance, car fragilisée par le péché des origines. La valeur accordée à la foi dans la vie chrétienne est cependant partagée au treizième siècle entre les courants de type franciscain où lon privilégie lamour et la tradition de type dominicain où on souligne laspect intellectuel. Pour saint Thomas dAquin, la foi est lassentiment à des vérités attestées et garanties par Dieu même. La foi est comprise par Thomas dAquin comme une adhésion à la vérité de Dieu ; elle est dans lintelligence comme la perfection de lintelligence. Le croyant sait ce que lincroyant ne sait pas ; le contenu de la foi porte sur Dieu et sur lhistoire et le monde vus à la lumière de Dieu. La foi accomplit la dimension contemplative de la vie humaine qui veut savoir le pourquoi des choses et voir dans lunité ce qui est donné par Dieu. La foi est aussi une adhésion à Dieu ; elle est un assentiment libre et donc un acte de la volonté qui est source du salut. Le maître-mot de cette théologie est celui de sagesse : la sagesse est lunité de lesprit qui sait et possède toute chose dans lordre. Est sage celui qui connaît non seulement beaucoup mais qui est apte à bien les connaître. Cet équilibre est rompu à la fin du Moyen-Âge où la perspective de sagesse fut renversée par la théologie qui privilégie la volonté et donc dune certaine manière larbitraire des décisions de Dieu. On insiste sur la toute-puissance de Dieu et sur labsolu de sa liberté. Dieu nest lié par rien. Loeuvre de Dieu est soumise à larbitraire ; il faut donc croire aveuglément. La foi est seule capable déclairer. La raison est faible et incapable de comprendre quelque chose de Dieu. La confiance en Dieu est sans motif de crédibilité. Croire dépasse la raison et la contredit même. La théologie réformée sest engagé dans cette voie de manière radicale. Au printemps, le novice modèle plante le manche de son balai et larrose tous lété si le père-maître le lui demande au nom de Dieu - on va même raconter le miracle du balai qui fleurit le jour de la fête du saint patron du novice. Le bêtisier est en la matière immense. Lobjection de conscience est alors crime de lèse-majesté. |