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Article : Encyclique Fides et ratio --- Auteur : Jean-Michel Maldamé op

    2. La théologie médiévale

La théologie médiévale correspond à un développement du rationalisme inscrit dans la démarche intellectuelle des Pères qui étaient davantage des rhéteurs que des logiciens. Avec l’institution d’un système scolaire en Occident, la foi sera comprise comme une source de connaissances. L’expression latine qui l’exprime est fides quaerens intellectum : la foi cherche l’intelligence. Il faut trouver à l’intérieur de la foi des raisons de croire qui soient persuasives au plan rationnel.

L’attitude n’est pas alors apologétique. Elle relève d’une démarche d’approfondissement de la foi elle-même. La réflexion se développe dans un milieu contemplatif : le désir de connaître Dieu est premier, dans les écoles monastiques et les universités dirigées par les clercs.

La conception théologique de la foi est liée à une rationalisation ; celle-ci a donné au terme de foi un sens plus restreint. Le terme de foi désigne seulement ce qui concerne l’intelligence, tandis que la charité est placée dans l’affectivité. La théologie médiévale distingue donc trois vertus, dites théologales car elles ont Dieu pour objet direct. La première est la foi qui est dans l’intelligence ; la seconde est l’espérance qui est dans le désir ; la troisième est la foi qui est dans l’affection. Cette séparation correspond mal à ce qui est écrit dans la Bible, qui n’ignore aucun de ces termes.

La théologie suppose une très haute idée de la raison qui sert à définir l’homme. La raison est alors étroitement liée à la foi, même si dans le contexte de la pensée augustinienne, la raison sans la foi est de peu d’importance, car fragilisée par le péché des origines.

La valeur accordée à la foi dans la vie chrétienne est cependant partagée au treizième siècle entre les courants de type franciscain où l’on privilégie l’amour et la tradition de type dominicain où on souligne l’aspect intellectuel. Pour saint Thomas d’Aquin, la foi est l’assentiment à des vérités attestées et garanties par Dieu même.

La foi est comprise par Thomas d’Aquin comme une adhésion à la vérité de Dieu ; elle est dans l’intelligence comme la perfection de l’intelligence. Le croyant sait ce que l’incroyant ne sait pas ; le contenu de la foi porte sur Dieu et sur l’histoire et le monde vus à la lumière de Dieu. La foi accomplit la dimension contemplative de la vie humaine qui veut savoir le pourquoi des choses et voir dans l’unité ce qui est donné par Dieu.

La foi est aussi une adhésion à Dieu ; elle est un assentiment libre et donc un acte de la volonté qui est source du salut.

Le maître-mot de cette théologie est celui de sagesse : la sagesse est l’unité de l’esprit qui sait et possède toute chose dans l’ordre. Est sage celui qui connaît non seulement beaucoup mais qui est apte à bien les connaître.

Cet équilibre est rompu à la fin du Moyen-Âge où la perspective de sagesse fut renversée par la théologie qui privilégie la volonté et donc d’une certaine manière l’arbitraire des décisions de Dieu. On insiste sur la toute-puissance de Dieu et sur l’absolu de sa liberté. Dieu n’est lié par rien. L’oeuvre de Dieu est soumise à l’arbitraire ; il faut donc croire aveuglément. La foi est seule capable d’éclairer. La raison est faible et incapable de comprendre quelque chose de Dieu. La confiance en Dieu est sans motif de crédibilité. Croire dépasse la raison et la contredit même. La théologie réformée s’est engagé dans cette voie de manière radicale.

Au printemps, le novice modèle plante le manche de son balai et l’arrose tous l’été si le père-maître le lui demande au nom de Dieu - on va même raconter le miracle du balai qui fleurit le jour de la fête du saint patron du novice. Le bêtisier est en la matière immense. L’objection de conscience est alors crime de lèse-majesté.


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