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Article : Encyclique Fides et ratio --- Auteur : Jean-Michel Maldamé op

    3. Les ruptures

La conséquence de la théologie de la toute-puissance qui exclut la rectification du vouloir de Dieu par sa sagesse, a mené (et mène encore) à une séparation de la foi et de la raison.

C’est dans ce contexte que l’on a assisté à l’émergence d’un sens nouveau du mot philosophie. Jusqu’alors, la philosophie n’était en rien indépendante de la tradition théologique. A partir de la Renaissance, elle devient non seulement autonome, mais elle se sépare de la tradition théologique et refuse de lui être non seulement soumise mais même associée. C’est le célèbre «conflit des Facultés» selon le titre d’un ouvrage de Kant, qui caractérise ainsi l’esprit des Lumières.

La philosophie se définit sans rapport avec la pensée religieuse. Les deux domaines sont parfaitement distincts.

Parallèlement, se développe dans le monde chrétien la conception que l’on appelle fidéisme. Le fidéisme est une adhésion fondée sur le coeur et donc hors des sentiers de la raison. Non plus fides quaerens intellectum ou mais cor quaerens fidem, selon l’expression célèbre de Bautain. Dans le fidéisme, on insiste sur le fait que la foi ne voit pas ce qu’elle croit et donc qu’il y a dans la foi un point aveugle qui ne saurait être supprimé.


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