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Article : Encyclique Fides et ratio --- Auteur : Fr. Jean-Michel Maldamé op

    1. L’idée de nature

Ce que nous avons dit de la reconnaissance de la valeur de la raison mène à reconnaître la valeur du terme de nature. Saint Thomas reprend le terme de nature à sa source grecque. Pour lui, la nature est la naissance ; l’identité se manifeste dans le devenir et les transformations au cours du temps.

La nature d’une chose c’est ce qu’elle est en elle-même. Les natures sont définies par elles-mêmes et donc autonomes ; elles ne se confondent pas les unes les autres et ne se mêlent pas.

La nature définit le principe propre de l’opération d’un être. Les êtres sont saisis dans le dynamisme de leur rayonnement et de leur action. Chaque nature est limitée ou particulière, mais elle existe pour elle-même dans son autonomie. Ainsi l’homme est-il caractérisé par l’intelligence ; il est défini dans sa nature humaine qui est universelle et inaliénable, fondatrice de droits et de devoirs qui valent pour toute l’humanité.

L’idée de nature, enracinée dans le fait de la naissance et du devenir, est étendue à tout être, même à Dieu, pour dire ce qui spécifie un être et qui, une fois connu, permet de comprendre son action. L’idéal de la science est en effet d’accéder à la connaissance du principe pour comprendre les effets ; connaître la nature, c’est comprendre le pourquoi de ce qui arrive au cours du temps. Ainsi comprendre que l’homme est un être de nature raisonnable, doué d’intelligence, fonde les attitudes morales et politiques qui régissent l’humanité.

Reconnaître la valeur de la nature, c’est corrélativement honorer la force de la raison naturelle qui peut accéder à la vérité.


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