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Article : Encyclique Fides et ratio --- Auteur : Fr. Jean-Michel Maldamé op

    2. Une exigence de démonstration

La conception de la connaissance et de la nature fonde une métaphysique. Le terme provient de la tradition aristotélicienne. Un des ouvrages majeurs d’Aristote est un traité de physique - c’est à dire une philosophie de la nature. Aristote ne se contente pas de décrire les phénomènes, il veut les expliquer en s’interrogeant sur les concepts impliqués dans l’étude de ces phénomènes. Il s’interroge sur les notions qui sont encore aujourd’hui le lieu de la quête de vérité : la matière, la forme, le mouvement, la mesure, le temps, l’espace,... Un terme reçoit une importance majeure dans l’explication rationnelle, celui de cause. Puis Aristote reprend ces notions dans une réflexion qui vient après dans l’édition faite ultérieurement - d’où le nom de méta-physique (littéralement après-la-physique). Les concepts sont alors ouverts vers une considération plus générale. Aristote bâtit ainsi ce qu’il appelle une «philosophie première», ou métaphysique. Cette science remonte à un principe premier, qui est Dieu, cause des causes, cause non causée.

Saint Thomas reprend cette perspective en tenant que la raison naturelle peut accéder avec certitude à la connaissance de Dieu. Le chemin suivi est une démonstration.

Cette démonstration repose sur la conviction que l’esprit ayant accès à l’être, la causalité est un dévoilement des connexions réelles qu’il y a entre les êtres. Etre causé, c’est être par un autre. Causer, c’est donner de l’être. La philosophie de saint Thomas est ainsi une pensée où la raison joue un rôle central.


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