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Article : Encyclique Fides et ratio --- Auteur : Fr. Jean-Michel Maldamé op

    1. La notion de philosophie

Dans le paragraphe 4, l’encyclique relève que «derrière un mot unique se cachent des sens différents» (p. 7). Le pape se propose donc de définir la philosophie au sens le plus général. C’est une démarche de tout homme : «Poussé par le désir de découvrir la vérité dernière de l’existence, l’homme cherche à acquérir les connaissances universelles qui lui permettent de mieux se comprendre et de progresser dans la réalisation de lui-même». Dans les réalisations diverses des systèmes philosophiques, le pape reconnaît «un noyau de notions philosophiques dont la présence est constante dans l’histoire de la pensée [...] principes de non contradictions, de finalité, de causalité et même la conception de la personne comme sujet libre et intelligent et sa capacité à connaître Dieu, la vérité, le bien» (p. 8). Cette conception très classique de la philosophie ne se contente pas d’une énumération, elle rassemble les éléments en un seul reconnaissant que «la raison réussit à saisir et à formuler les principes premiers et universels de l’être et à faire découler d’eux des conclusions cohérentes d’ordre logique ou moral». C’est en pleine consonance avec la philosophie de saint Thomas.

C’est en ce sens que l’encyclique de Jean-Paul II ne cesse de parler de métaphysique. Le terme est employé dans les deux sens : le sens originaire qui est de dire ce qui vient après les sciences de la nature, mais aussi dans le sens plus technique d’un savoir sur l’être et sur Dieu cause de l’être. Les nombreuses occurrence du terme métaphysique le prouvent :

    «Les deux exigences que l’on vient d’évoquer en comportent une troisième : la nécessité d’une philosophie de portée authentiquement métaphysique, c’est-à-dire apte à transcender les données empiriques pour parvenir, dans sa recherche de la vérité, à quelque chose d’absolu, d’ultime et de fondateur. [...] Je souhaite affirmer la capacité que possède l’homme de connaître cette dimension transcendante et métaphysique d’une manière véridique et certaine, même si elle est imparfaite et analogique. [...] Partout où l’homme constate un appel à l’absolu et à la transcendance, il lui est donné d’entrevoir la dimension métaphysique du réel ; dans le vrai, dans le beau, dans les valeurs morales, dans la personne d’autrui, dans l’être même, en Dieu [...] Une pensée philosophique qui refuserait toute ouverture métaphysique serait donc radicalement inadéquate pour remplir une fonction de médiation dans l’intelligence de la Révélation. [...] Une théologie dépourvue de perspective métaphysique ne pourrait aller au-delà de l’analyse de l’expérience religieuse, et elle ne permettrait pas à l’intellectus fidei d’exprimer de manière cohérente la valeur universelle et transcendante de la vérité révélée.» ( § 83, p. 130-131).


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