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Dans le paragraphe 4, lencyclique relève que «derrière un mot unique se cachent des sens différents» (p. 7). Le pape se propose donc de définir la philosophie au sens le plus général. Cest une démarche de tout homme : «Poussé par le désir de découvrir la vérité dernière de lexistence, lhomme cherche à acquérir les connaissances universelles qui lui permettent de mieux se comprendre et de progresser dans la réalisation de lui-même». Dans les réalisations diverses des systèmes philosophiques, le pape reconnaît «un noyau de notions philosophiques dont la présence est constante dans lhistoire de la pensée [...] principes de non contradictions, de finalité, de causalité et même la conception de la personne comme sujet libre et intelligent et sa capacité à connaître Dieu, la vérité, le bien» (p. 8). Cette conception très classique de la philosophie ne se contente pas dune énumération, elle rassemble les éléments en un seul reconnaissant que «la raison réussit à saisir et à formuler les principes premiers et universels de lêtre et à faire découler deux des conclusions cohérentes dordre logique ou moral». Cest en pleine consonance avec la philosophie de saint Thomas. Cest en ce sens que lencyclique de Jean-Paul II ne cesse de parler de métaphysique. Le terme est employé dans les deux sens : le sens originaire qui est de dire ce qui vient après les sciences de la nature, mais aussi dans le sens plus technique dun savoir sur lêtre et sur Dieu cause de lêtre. Les nombreuses occurrence du terme métaphysique le prouvent : «Les deux exigences que lon vient dévoquer en comportent une troisième : la nécessité dune philosophie de portée authentiquement métaphysique, cest-à-dire apte à transcender les données empiriques pour parvenir, dans sa recherche de la vérité, à quelque chose dabsolu, dultime et de fondateur. [...] Je souhaite affirmer la capacité que possède lhomme de connaître cette dimension transcendante et métaphysique dune manière véridique et certaine, même si elle est imparfaite et analogique. [...] Partout où lhomme constate un appel à labsolu et à la transcendance, il lui est donné dentrevoir la dimension métaphysique du réel ; dans le vrai, dans le beau, dans les valeurs morales, dans la personne dautrui, dans lêtre même, en Dieu [...] Une pensée philosophique qui refuserait toute ouverture métaphysique serait donc radicalement inadéquate pour remplir une fonction de médiation dans lintelligence de la Révélation. [...] Une théologie dépourvue de perspective métaphysique ne pourrait aller au-delà de lanalyse de lexpérience religieuse, et elle ne permettrait pas à lintellectus fidei dexprimer de manière cohérente la valeur universelle et transcendante de la vérité révélée.» ( § 83, p. 130-131). |