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Article : Encyclique Fides et ratio --- Auteur : Fr. Jean-Michel Maldamé op

    1. La désuétude

La désuétude est usure, désintérêt, désinvestissement. Pour la plupart, la religion chrétienne s’en va. Les jeunes n’ont plus à s’y opposer ou à la quitter, cela glisse dans l’insignifiance.

La désuétude est un mal plus redoutable que la contestation ou la critique. Celles-ci demeurent face de ce qu’elles attaquent et témoignent de sa présence. La désuétude indique que c’est fini et que l’on est passé ailleurs. C’est-à-delà des crises, des constations, des règlements de compte, c’est sans ressentiment.

Cela est tombé, comme les feuilles mortes. Les arguments sont vains ; les explications inutiles. L’usure envahit tout : les pratiques, les doctrines, les rites, les mouvements, les communautés. L’interprétation chrétienne de l’existence n’éclaire plus personne. Il reste une vague morale.

Le désuet n’est pas l’archaïque. L’archaïque est lointain, on en est séparé. L’occidental se passionne pour l’histoire et pour l’antiquité - Egyptomania oblige. Mais visiter les temples égyptiens ne fait pas revivre l’antique religion. Le christianisme est encore là ; il n’est pas intéressant. Les programmes d’enseignement secondaire qui traitent de religion sont plus aisés à faire quand il s’agit de l’Egypte ou de Rome que quand il s’agit de la chrétienté.

La désuétude n’est pas seulement un phénomène ecclésial. Ce que vivent les communautés chrétiennes rassemble la grande crise que vit l’Occident. Quelque chose émerge qui laisse derrière lui une manière de vivre qui est l’objet d’une nostalgie.


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