|
La désuétude est usure, désintérêt, désinvestissement. Pour la plupart, la religion chrétienne sen va. Les jeunes nont plus à sy opposer ou à la quitter, cela glisse dans linsignifiance. La désuétude est un mal plus redoutable que la contestation ou la critique. Celles-ci demeurent face de ce quelles attaquent et témoignent de sa présence. La désuétude indique que cest fini et que lon est passé ailleurs. Cest-à-delà des crises, des constations, des règlements de compte, cest sans ressentiment. Cela est tombé, comme les feuilles mortes. Les arguments sont vains ; les explications inutiles. Lusure envahit tout : les pratiques, les doctrines, les rites, les mouvements, les communautés. Linterprétation chrétienne de lexistence néclaire plus personne. Il reste une vague morale. Le désuet nest pas larchaïque. Larchaïque est lointain, on en est séparé. Loccidental se passionne pour lhistoire et pour lantiquité - Egyptomania oblige. Mais visiter les temples égyptiens ne fait pas revivre lantique religion. Le christianisme est encore là ; il nest pas intéressant. Les programmes denseignement secondaire qui traitent de religion sont plus aisés à faire quand il sagit de lEgypte ou de Rome que quand il sagit de la chrétienté. La désuétude nest pas seulement un phénomène ecclésial. Ce que vivent les communautés chrétiennes rassemble la grande crise que vit lOccident. Quelque chose émerge qui laisse derrière lui une manière de vivre qui est lobjet dune nostalgie. |