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Le Christianisme est enveloppé par une nostalgie. Car au coeur du processus apparaît quelque chose doriginal : la situation est liée au succès même du christianisme. Ce nest pas linsuccès qui est cause dun décalage avec la culture, mais son succès lui-même. Cest acquis ! Le combat a été gagné et les valeurs les plus hautes sont devenues partie-prenante de la culture : la liberté, le droit des gens, le respect de la conscience, la valorisation de lamour, lidéal de fraternité,... Tout est acquis. Aussi la source semble devenue lointaine, ancienne, et donc inutile désormais. Les hôpitaux font mieux que les hôtels-Dieu ; les travailleurs sociaux mieux que les oeuvres caritatives ; les éducateurs mieux que les abbés qui animaient les patronages,... Aussi le christianisme est-il le lieu dune nostalgie. Le maître-mot dune partie des jeunes clercs est celui de restauration. Nous sommes dans un esprit de restauration ; celui qui a fait le néo-gothique et tout ce qui dans lEglise porte le nom de néo-. Lhistoire du christianisme récent est hélas celle dune marginalisation de tous ceux qui ont ouvert des voies nouvelles : en philosophie M. Blondel, ou encore en science Teilhard de Chardin, en théologie, les grands théologiens réduits au silence (de Lubac, Chenu, Congar,...). Tout cela au nom de la permanence des énoncés dogmatiques. La restauration et la nostalgie ne font que souligner le caractère caduc du christianisme qui est une chose du passé qui mérite de durer comme témoignage. Les agences de tourisme veulent des religieux en habit pour faire visiter et donner vie aux vieux monuments médiévaux et ne pas sortir de ce cadre. Ainsi au Mont Saint Michel, on a demandé à des religieux de venir chanter loffice. On met du grégorien comme bruit de fond dans les églises que lon visite. Linsistance sur la présence de la jeunesse dans des rassemblements atteste cette nostalgie. |