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Lexpérience des apôtres suppose une déchirure dans leur propre attente. Ils étaient en effet habités par une espérance messianique. Ils savaient en lisant les Ecritures quelque chose de loeuvre du Messie. Ils attendaient un Roi, victorieux et glorieux. Ils ont suivis Jésus dans la certitude quil ferait advenir ce Règne de paix et de justice. Quand Jésus est entré dans sa Passion, ils ont perdu foi en lui, car il leur semblait quil sétait trompé. Cette entrée dans la faiblesse et lhumiliation de la mort contredisait lidée quil se faisait du Messie. Ceci explique de manière noble la trahison de Judas et les reniements de Pierre. Ce fut aussi le lieu de la conversion de Paul : Il a reconnu en Jésus le crucifié le Messie promis - objet de scandale pour lesprit sémite qui le demeure dans le judaïsme et lislam. Il en va de même pour la rencontre avec le monde grec. La sagesse est un discours unifié qui élève lesprit tant par la beauté que par la rigueur de lexpression, de la conceptualisation et du raisonnement. La passion et le pâtir sont perçus comme des faiblesses qui écartent de lélite intellectuelle. Leur présence dans la vie de Jésus et comprise comme dérision. Cette déception est présente chez saint Augustin qui sest tenu éloigné du christianisme tant les textes bibliques lui paraissaient indignes de la grandeur littéraire à laquelle il aspirait. Cette épreuve est celle de tous les chrétiens qui doivent reconnaître que la croix du Christ est un événement du salut. Elle nest pas un mauvais pas qui serait corrigé par lacte suivant. Elle est source du salut. Elle fait partie de ce que Jésus devait faire pour être le Messie, devenu «fils de Dieu avec puissance», selon lancienne confession de foi rapportée par Paul au début de lépître aux Romains. Cette conclusion est au coeur du Nouveau Testament. Mais si on ladmet alors paraît ce quil faut appeler une sagesse, car elle dévoile une intention et un projet qui se sont réalisés progressivement au cours du temps. |