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Jean-Baptiste ECHIVARD
diacre permanent, professeur de philosophie
La paternité humaine
2002


4) Paroles objectivantes du père

Cette présence paternelle auprès de l'enfant prend différents aspects selon les âges, et évoluent selon les âges.

Au début, c'est à dire jusqu'à l'âge de l'adolescence, le père a sans doute une présence plus extérieure. Il favorise les dispositions qui vont permettre la relation de la mère avec l'enfant : par la voix, par le geste, par le regard, il est présent, mais une présence extérieure, mais non moins réelle et effective.

Notre expérience professionnelle nous le rend manifeste : le grand défaut des pères, aujourd'hui, c'est l'absence, le manque de parole, et la distance qui s'établit au fil des jours entre son coeur et celui de ses enfants. Cela n'indique-t-il pas, a contrario, que la paternité est, pour l'homme, une oeuvre de parole :

    "assumer d'être père est, en revanche, incontestablement un acte de parole." 34

Si la mère est présence par elle-même, et le premier berceau, la sécurité intérieure du coeur...le père parle ; de même que la semence sort de lui et féconde l'ovule à l'intérieur du ventre de la femme, d'une certaine manière la parole sort de lui. Elle vient de lui ; avec la parole, il y a la voix, les gestes, le regard, la présence corporelle. La parole exprime ce qu'il est, elle est le reflet extérieur de son coeur, de sa pensée, de ses amours, de ce qu'il veut, de ce qu'il éprouve. Dans la voix qui porte la parole, il y a une affectivité, un souci, un état intérieur, c'est à dire, en définitive, un climat spirituel habituel qui, en même temps que ce qui est dit, va nourrir l'intelligence le coeur, la volonté de l'enfant. Cette parole est, d'une certaine manière, une parole "objectivante" car elle est une parole qui va permettre à l'enfant une première confirmation de la vérité de ce qu'il fait, pense.

Paroles paternelles qui révèlent à l'enfant comme son père voit le monde, paroles qui disent à l'enfant ce qu'est pour lui son épouse, paroles qui racontent à l'enfant, l'enfant qu'il a été, paroles qui avertissent aussi, qui éclairent, paroles qui réprimandent aussi tout en éclairant et en disant pourquoi elles réprimandent...paroles badines, sans but apparent, paroles gratuites des échanges simples sur un film vu ensemble, ou au cours d'une promenade, d'une marche, paroles pendant lesquelles on ne se dit apparemment rien, mais qui soulignent le temps qu'on "brûle" ensemble parce que l'on s'aime et que l'on aime le jeu, la fête, la détente ensemble...paroles profondes qui sont des réponses à des interrogations sérieuses : Dieu, l'amour, la mort, la souffrance. À ce propos, rien de plus éloquent que l'image d'un père et de son enfant marchant main dans la main, jouant au football ou se bataillant comme les cow-boys et les indiens35. L'enfant a besoin de cette présence réelle qui parle, qui se révèle, qui le tient fermement et se tient fermement à ses côtés pour lui permettre de découvrir qu'au delà de sa mère, il y un monde objectif qu'il faut connaître et dans lequel il doit apprendre à exister, vivre, marcher36. Cette présence réelle du père signifiée par la parole peut aussi être une parole confirmante : un adolescent a besoin de savoir ce qui est bien, ce qui est mal ; il a besoin d'une certaine manière qu'il puisse voir confirmés ses choix, ses décisions, ses pensées même ; il est important pour lui de savoir "ce que pense papa...".

Au moment de l'adolescence, l'enfant aura besoin effectivement de cette parole, de cette présence accompagnante, vigilante, peut-être parfois complice37 : le père est là, il se révèle à l'enfant, il raconte ce qu'il a été, la façon dont il a aimé sa mère. Ces paroles seront peut-être les premières références que l'enfant aura. Par elles, d'une certaine manière, il verra le monde. Il verra d'abord le monde comme son père le voit, puis progressivement rencontrera sa propre expérience, ses sentiments, ses opinions...mais toujours accompagné par son père. Cette parole peut se faire écoute attentive aux besoins, aux souffrances, aux difficultés, aux questions, aux doutes de l'enfant.

Cette parole, bien évidemment, doit procéder d'une présence toujours disponible : "je suis avec toi, je suis pour toi, les moments que je brûle avec toi, je les brûle parce que je t'aime et que tu es ma seule vraie richesse, mon "oeuvre" principale, l'objet principal, premier de ma vigilance et j'ai à te conduire jusqu'à l'âge des vrais choix, des orientations décisives." Il faut toujours qu'un homme se pose régulièrement cette question : mes enfants sont-ils vraiment pour moi un bien premier, un but, l'objet premier de mon désir, de mon amour38 ? Parce que l'amour de l'oeuvre à accomplir, du travail bien fait, de la réalisation de soi dans le travail peut, sans doute, prendre parfois la première place39.

Cette parole du père doit procéder du réalisme de l'homme. On devient père quand découvrant le poids et le prix d'une vie, les limites, les lentes éclosions des désirs...le prix de la fatigue, des échecs, de l'inquiétude et de la lassitude, néanmoins on demeure dans l'espérance. Vient un moment où l'homme a perçu la fragilité de ses limites, mais sans s'y résigner, où il se heurte au monde social, aux réalités du travail et où, par son métier aussi, et par l'accompagnement de la croissance de ses enfants, il se construit.

Ainsi, l'homme apprend, "paulatim et gradatim"40 , la maîtrise de soi qui ne peut provenir que de l'amour : je travaille pour les aimés, pour leur donner un toit, des habits, une éducation et les moyens matériels de l'exercice de la vie familiale. Maîtrise de soi qui provient aussi d'un désir d'attention aux aimés, à la réalité de leur personne, de leur évolution, de leurs besoins affectifs, intellectuels, moraux, spirituels. Cette maîtrise de soi doit lui apprendre, entre autre, que malgré les soucis et la fatigue, il faut se rendre disponible, écoutant, attentif, heureux, souriant. Non, les soucis professionnels, les fatigues du travail ne peuvent jamais être un prétexte à un isolement face à l'enfant : car si nous avons pris la responsabilité de mettre au monde, nous avons aussi pris celle d'accompagner en priorité ceux que nous avons mis au monde...

Bref, l'homme porte en lui le poids du réel humain, social dont il a l'expérience, mais aussi le prix de l'existence objective des êtres aimés qui lui sont confiés en priorité : poids et prix qui ne devraient pas l'enfermer dans sa fatigue ou ses soucis, mais qui construit sa maturité humaine personnelle pour que celle-ci nourrisse sa paternité. Cette maîtrise de soi que nous évoquons ne supprime pas la reconnaissance de ses propres imperfections, sans s'y résigner, mais en les reconnaissant de manière à ne pas écraser l'enfant devant un idéal pur, une forme pure d'équilibre humain, de maturité masculine sûre d'elle-même, de responsabilité, de capacité parfaite d'initiative, de capacités relationnelles et conviviales indépassables...

C'est ainsi que le père devient médiateur pour l'enfant ; il le conduit devant la réalité objective, sociale :

    "Le père va aider l'enfant dans la constitution d'une structure interne. Plus spécifiquement, sa présence va permettre au jeune enfant, et particulièrement au jeune mâle, l'accès à l'agressivité (affirmation de soi et capacité de se défendre), l'accès à la sexualité, au sens de l'exploration, ainsi qu'au logos, entendu comme une aptitude à l'abstraction et à l'objectivation." 41

Et encore :

    " Avoir été aimé de façon non ambivalente par le père signifie qu'il s'est montré attentionné, qu'il s'est réellement intéressé à nos projets, tout en prenant la peine de poser lui-même certaines limites, créant ainsi le cadre sécurisant indispensable à notre développement harmonieux." 42

Il ne faut pas sous-estimer ou évacuer comme secondaire l'école de réalisme qu'est le travail et tout ce que l'homme peut y apprendre. D'une certaine manière, l'homme s'y affronte au réalisme de la matière, aux résistances de toute nature, aux limites des réalisations, à la pesanteur des routines et des habitudes, aux défauts des hommes avec qui il travaille, à leurs passions, à leurs mesquineries. Il découvre aussi les générosités, les amitiés ou la convivialité professionnelle, peut-être aussi la dimension communautaire de l'existence en participant à une oeuvre commune dans laquelle chacun oeuvre à son niveau et selon son ordre propre, et pour laquelle tous sont utiles, tous apportent leur pierre à l'édifice ; ils peuvent parfois avec émerveillement découvrir les grandeurs de toute nature de tout un chacun !

Et en même temps, le travail est une école qui contribue à construire une personnalité, parce que celle-ci se réalise dans la tâche qu'elle accomplit. Le travail, sous un certain rapport, construit un homme en l'aidant à son unification intérieure. Il lui permet, en agissant, de s'extérioriser, de développer certaines de ses potentialités. Un homme heureux dans son travail est un homme qui peut s'unifier, parce qu'il se réalise à travers les responsabilités choisies, décidées, assumées. L'homme peut y acquérir une compétence, une expérience qui le forment et qu'il pourra transmettre à ses enfants.

Un homme unifié intérieurement est un homme beaucoup plus libre intérieurement, et donc beaucoup plus attentif, disponible à autrui. Par le fait même plus "donné" à ces premiers "autrui" que sont sa femme et ses enfants43.

Ainsi, l'homme est pour son enfant porteur de certitudes, de réalisme, de capacité de décision et de sens : par la direction qu'il a voulue donner à sa vie et à chacun de ses actes, par la cohérence entre ses intentions, ses actes et son travail, il apporte à l'enfant une sécurité et lui indique le sens que peut avoir le monde, la réalité humaine et sociale ; il lui ouvre un chemin, des possibilités futures d'initiative :

    "Dès la petite enfance, et longtemps après, ce qui compte du "père",'plus que sa foi, c'est sa "voix", et c'est sa "main". C'est ce qui le distingue de la "mère". La force de la voix du "père" signifie biologiquement que du "père" est attendu l'établissement d'une certitude ; la force de la main du "père" signifie biologiquement que du "père" est attendu l'établissement d'un chemin, d'une direction, et la conduite dans cette direction. Par sa capacité à établir des certitudes, à révéler l'existence d'un sens, et à entraîner au courage et à la nécessité des choix, le vrai "père" est roc, rempart, et tuteur pour la petite plante qui s'enroule et qui s'appuie sur lui de l'extérieur. Et ainsi "l'enfant" mûrit, c'est à dire est amené à désirer, à espérer, à chercher, à découvrir sa propre direction, son propre sens, sa propre vocation, à accomplir, malgré le "père", s'il le faut, ses propres choix.. C'est au "père", à sa qualité humaine et paternelle, qu'il revient de manifester à "l'enfant" que la vie n'est pas sable mouvant, mais chemin." 44

Cela suppose que toute la vie du père est orientée autour d'un but : quel sens a ma vie ? Qu'est-ce qui pour moi est essentiel ? Où est l'essentiel ? Qu'est-ce que la vérité de l'homme et du monde ? Par quoi l'homme est-il le plus lui-même ? Qu'est-ce qui comble le mieux le coeur d'un homme ? Questions métaphysiques implicites que nous portons tous en nous d'une manière implicite la plupart du temps mais que nos actes, de toute façon, révèlent45 . Ce sens alimente notre intimité, irradie sur notre intériorité et imprègne nos actes qui l'expriment à l'extérieur. Ce sens ne peut pas ne pas transparaître dans la parole du père. Et l'enfant s'en nourrit. Ce sont ses premières nourritures spirituelles humaines, parce qu'elles alimentent son esprit, son coeur profond et y installe les premières orientations, les premières habitudes. Ce sont ses premières références, ses premiers points d'appui, un peu comme une fusée porteuse qui lancerait sur orbite la fusée en lui permettant à un moment donné de se détacher et de partir d'elle-même.

Si la parole du père est une parole objectivante, c'est aussi une parole pardonnante et bonne.

34 in D. Dumas, op. cit. p.42

35 À vrai dire cette image est plutôt celle d'un père et de son fils, mais il faut transposer en imaginant le père et la fille, marchant ensemble main dans la main....Nous n'irions pas jusqu'à dire que le père jouerait à la poupée...comme il peut jouer au cow-boy et aux indiens. Disons qu'on lui accorde une partie de cache-cache !

36 "Le premier investissement d'objet, la première identification, pour tout enfant, s'effectue sur sa mère. Or, pour devenir "homme", le jeune mâle doit passer de cette identification primaire à la mère à l'identification au père. Ce transfert d'identification est délicat et périlleux, à tel point que les sociétés tribales le marquaient par des "rites" initiatiques". Ceux-ci avaient pour fonction d'aider les adolescents à commencer leur vie d'homme adulte, à y être initiés. L'initiation des adolescents mâles est l'un des rites les plus structurés et les plus répandus à travers le monde ; les rites concernant les adolescentes, bien qu'existant, sont moins universels et souvent moins élaborés. En effet, en ce qui se rapporte à l'identité sexuelle, nous pourrions dire que si la femme "est", l'homme, lui, doit être "fait". En d'autres mots, les menstuations, qui ouvrent à l'adolescente la possibilité d'avoir des enfants, fondent son identité féminine ; il s'agit, pour ainsi dire, d'une initiation naturelle qui la fait passer de l'état de fille à celui de femme ; par contre, chez l'homme, un processus éducatif doit prendre la relève de la nature afin de briser l'identification première avec la mère. Le rite initiatique avait pour but de rendre officielle la séparation d'avec la mère et de faire passer l'adolescent au rang d'homme." in G.Corneau, Père manquant, fils manqué, Québec, Les éditions de l'homme, 1989, p.20. Cf. également l'interwiew de T. Anatrella dans Famille chrétienne n°1066 du 18 juin 1998 ; en particulier ces paroles : "La fonction paternelle, c'est tout ce qui représente la différence, et qui fait loi. La mère, elle, incarne le don : l'enfant qui est seul face à sa mère peut facilement s'imaginer qu'il va disposer de sa mère. Le père est celui qui dit non : il nomme l'interdit et désigne les limites du possible. Ce faisant, il balise la route. Par exemple, quand le père symbolise l'interdit incestueux, il dit à l'enfant que la fin de sa relation n'est pas sa mère. Le père évite l'enfermement totalitaire de la mère et de l'enfant....Le père libère du sentiment de toute-puissance : il permet de relativiser le pouvoir que l'enfant prête à sa mère, comme celui que l'enfant s'imagine avoir. Enfin, le père représente la différence des sexes : il introduit l'enfant à l'altérité. En effet, le petit garçon comme la petite fille ont tendance à s'identifier au sexe de la mère. Le père permet au garçon d'être confirmé dans sa virilité et à la fille d'être révélée dans sa féminité. D'où le risque de l'homosexualité pour un garçon qui s'est identifié à sa mère ; il recherchera "l'autre sexe" dans son semblable."

37 La complicité n'est pas la démagogie, mais le rappel à l'enfant qu'un adulte a été jeune, qu'il n'est pas parfait, et qu'il a connu, sous d'autres formes, ce que lui-même a connu. Il est très utile qu'un père sorte de son armoire certains bulletins de notes de son passé scolaire : les notes de mathématiques qu'il avait obtenues par exemple...

38 Nous avons souvent remarqué qu'il ne s'agit pas d'une présence "horaire" : il y a des pères qui sont absents de la maison souvent à cause de leur métire, mais sont vraiment présents, disponibles, écoutants quand ils sont présents, et d'autres qui sont souvent chez eux, mais intérieurement absents. Les enfants sont intelligents et savent bien reconnaître la différence entre une présence intérieure réelle, d'une présence seulement extérieure, trop encombrée de son propre poids !

39 Nous avons à ce propos souvent remarqué que les crises scolaires sont des appels au secours : l'enfant, par elles, attend que son père (et son père assez exclusivement) soit disponible, existe un petit peu avec lui, sinon pour lui. Combien de fois avons-nous conseillé au père de prendre du temps avec son enfant pour parler. Je connais même un père qui, prenant au mot ce conseil, fit avec son fils une promenade à vélo de quinze jours !

40 Insistons encore une fois sur cette loi anthropologique, métaphysique même, que saint Thomas d'Aquin, à la suite d'Aristote, a si bien mis en valeur ; cf. par exemple : Respondeo dicendum quod intellectus humanus necesse habet intelligere componendo et dividendo. Cum enim intellectus humanus exeat de potentia in actum, similitudinem quandam habet cum rebus generabilibus, ou encore :...humanae rationi naturale esse videtur ut gradatim ab imperfecto ad perfectum perveniat. Unde videmus in scientiis speculativis quod qui primo philosophati sunt, quaedam imperfecta tradiderunt, quae postmodum per posteriores sunt magis perfecta. Ita etiam est in operabilibus. Nam primi qui intenderunt invenire aliquid utile communitatis hominum, non valentes omnia ex seipsis considerare, instituerunt quaedam imperfecta in multis deficientia ; quae posteriores mutaverunt, instituentes aliqua quae in paucioribus deficere possent a communi utilitate. IaIIae q.97, a.1, c. Dans notre connaissance, il y a un passage incessant d'une connaissance imparfaite à une connaissance plus parfaite, dans chacune de nos opérations, il y a aussi ce même mouvement de progression, de développement, de passage de l'imparfait au parfait : nous sommes des êtres en puissance et jamais nous n'atteignons immédiatement notre perfection propre, et ceci dans tous les domaines : il faut du temps pour apprendre à aimer, pour comprendre, pour construire une oeuvre, pour bâtir, pour élaborer un travail, pour grandir en un mot..À cette potentialité naturelle de tout, ajoutons les limites donnés par le péché, les ralentissements de tous ordres imposés par la multiplication des causes qui interfèrent...etc.

41 G. Corneau, op. cit. p.23

42 ibid.

43 Il faudrait ici citer (et commenter) l'admirable texte-prohemium de Jean-Paul II introductif à son encyclique Laborem exercens (1981) : "C'est par le travail que l'homme doit se procurer le pain quotidien et contribuer au progrès continuel des sciences et de la technique, et surtout à l'élévation constante, culturelle et morale, de la société dans laquelle il vit en communauté avec ses frères....Fait à l'image, à la ressemblance de Dieu lui-même dans l'univers visible et établi dans celui-ci pour dominer la terre, l'homme est donc, dès le commencement, appelé au travail. Le travail est l'une des caractéristiques qui distinguent l'homme du reste des créatures dont l'activité, liée à la subsistance, ne peut être appelée travail ; seul l'homme est capable de travail, seul l'homme l'accomplit et par le fait même remplit de son travail son existence sur la terre. Ainsi, le travail porte la marque particulière de l'homme et de l'humanité, la marque d'une personne qui agit dans une communauté de personnes ; et cette marque détermine sa qualification intérieure, elle constitue en un certain sens sa nature même" Laborem exercens, p.15-16 (éd. Le Centurion)

44 In N. Echivard, op. cit.p.216.

45 Il est évident que dire que la vie n'a aucun sens (et le croire), c'est orienter sa vie, ses actes d'une certaine manière : "la vie n'a aucun sens", donc je vais vivre selon cette formule ; mes actes vont trouver par elle une signification et donc un sens...puisqu'ils seront en cohérence avec cette affirmation crue : une absence générale de sens. C'est à dire qu'on ne peut échapper au sens, c'est à dire à la question de la finalité.


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