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Article : Mieux dire le péché originel grâce aux sciences de la nature
Auteur : Fr. Jean-Michel Maldamé op

    1. Anthropologie physique

La question de l'émergence de l'homme est aujourd’hui devenue une question scientifique. Elle relève des méthodes de la science et se renouvelle avec elle. La recherche s'inscrit dans des procédures d’observation et de mesure qui prennent en compte des facteurs qui définissent les conditions de vie : géographie, climat, écosystème, alimentation, biologie et médecine. L'apparition du genre homo est inscrite dans l'histoire générale de la vie.

Jusqu’au dix-neuvième siècle, l’historien pouvait inscrire un événement dans une chronologie tirée de la Bible. Quelque quatre mille ans avant Jésus-Christ, le premier homme et la première femme ont désobéi à Dieu. Ils ont été chassés du premier jardin devenu depuis lors inaccessible. Leur faute a blessé la nature qui a été transmise aux générations issues d'eux. La désobéissance a eu lieu aussitôt après la création. Elle avait été précédée par un état de vie où la mort n'existait pas. La mort est venue ensuite, en conséquence du péché et comme retentissement sur toute la création où le conflit est devenu la règle. Il apparaît aujourd'hui que cette chronologie est fausse. D'une part, l'histoire de la terre s'étend sur quatre milliards et demi d'années ! D'autre part, la vie est apparue dans ses formes élémentaires voici quelque trois milliards d'années et, dans ses formes les plus évoluées, voici plusieurs millions d'années. Or la vie implique la mortalité, car il ne saurait y avoir d'espèce sans processus d’élimination de ses membres malades ou âgés. De plus, le nombre des espèces vivantes est considérablement plus grand que celui que les Anciens avaient imaginé et la notion de système biologique (biosphère ou écosystème) implique une complémentarité des espèces. Celles-ci ont besoin des autres pour vivre et s'en nourrissent. La mort fait partie de la vie. La mort est une fonction biologique qui ne saurait être la conséquence d'une faute commise trois milliards d’années après. Ce que l’on sait de l’histoire de la vie montre que la mort biologique n'est pas apparue avec le péché de l’homme. Ceci vaut aussi dans le genre homo. Les primates ont connu la mort avant que l’humanité puisse avoir une vie spirituelle où la notion de péché prend sens.

Si les facteurs étudiés par la biologie, de l’écologie et de la génétique sont importants pour comprendre l’évolution de l’humanité, il ne suffisent pas, car l’évolution humaine est liée à des facteurs culturels.


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