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Article : Mieux dire le péché originel grâce aux sciences de la nature
Auteur : Fr. Jean-Michel Maldamé op

    2. Anthropologie culturelle

L'apparition de l'homme ne se limite pas au seul plan biologique, elle a une dimension culturelle5. L'homme ne devient humain qu'en humanité. Ceci est lié au fait que l'homme naît immature. Il n'a pas en lui de manière innée les éléments de la survie. Il doit les acquérir, cela par apprentissage. L'apprentissage se fait dans la communauté humaine. Il y a donc une société qui forme des individus par ses choix.

Le critère déterminant est le langage. Biologiquement, le langage est possible grâce au larynx. Le larynx de l'homme est en position basse (en face des 4°, 5°, 6°, 7° vertèbres). Il permet d'avaler et de respirer en même temps. Il n'en va pas de même chez les autres mammifères et chez les nourrissons, avant l'âge de 18 mois.

Le langage est un puissant agent d'évolution du cerveau. Il permet la mémoire, le raisonnement, le calcul, la prévision,...). C'est la condition de possibilité de l'intelligence. Le langage est créateur de ce qui a rapport avec l'esprit.

Au plan économique, enfin, le mode d'exercice de la vie sociale est liée aux conditions économiques de vie. Les dates de l'hominisation sont ponctuées par celles des évolutions techniques : outils, maîtrise du feu, chasse, agriculture,... Un élément joue un rôle majeur dans l'hominisation : le stockage des aliments qui permet de surmonter les défis climatique (saison froide ou sèche) et de définir des exigences d'organisation et de défense du territoire et des ressources gardés.

Ces faits physiques, sociaux et culturels se placent dans une très longue histoire. Elle remonte à des centaines de milliers d'années. Elle échappe donc à toute transmission mémorisée qui puisse être source d'un savoir assuré. On ne peut aujourd'hui reprendre la philosophie qui a été développée au début du XIX° selon laquelle l'humanité aurait gardé la mémoire de ses origines. Cette conception de la tradition privilégie le temps primitif pour relever qu'il y avait à l'origine une langue unique et la paix entre les hommes. Le cours du temps aurait été la cause d'une déchéance. Une telle présentation est sans fondement. Pour accéder aux premier pas de l’hominisation, il faut employer une méthode scientifique, c'est-à-dire recueillir les traces et explorer les restes paléontologiques accessibles. Cette méthode peut être couplée avec ce que nous apprend la biologie et la génétique des populations pour remonter vers le passé. Même si les résultats sont modestes, on ne peut pas ne pas les prendre en compte.

Une telle méthode peut-elle s'appliquer avec fruit aux textes bibliques ? Ne permettraient-ils pas de remonter à l'origine de l'humanité, grâce à une tradition orale sûre ?

5 L’ouvrage d’Edgar MORIN, Le Paradigme perdu, Paris, édit. du Seuil, 1970, garde toute sa pertinence au plan de l’anthropologie fondamentale. Cf. Jean CHALINE, Une Famille peu ordinaire. Du singe à l’homme, «Science ouverte», Paris, édit. du Seuil, 1994, Les discussions techniques sur les rapports entre les rameaux de l’arbre évolutif des hominidés n’enlèvent rien à sa réflexion. Sur le dossier technique on lira avec profit les derniers livres parus, en particulier, Henri de LUMLEY, L’Homme premier. Préhistoire, évolution, culture, Paris, édit. Odile Jacob, 1998.


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