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Article : Mieux dire le péché originel grâce aux sciences de la nature
Auteur : Fr. Jean-Michel Maldamé op

    2. Une expression au singulier

1. L'expression est au singulier pour désigner le monde. L'expression considère l'humanité comme un tout. Le monde mondain est compris comme une totalité organisée où les péchés des hommes s'inscrivent dans un réseau de solidarité où le mal des uns est relié au mal des autres. La notion de péché du monde radicalise ce que les moralistes expriment aujourd’hui en terme de péché collectif. Grâce à la sociologie, les théologiens ont donné une importance à cette notion. Elle permet en effet de rendre raison de la solidarité des hommes dans le mal. Il y a une solidarité entre les membres d'un même corps social. Cette solidarité est sans limite, car l’humanité vit non seulement dans le même espace et le même temps, mais les cultures ne cesse de s’interpénétrer au fil des générations, pour le meilleur et pour le pire.

Le sens de l’évangile est plus radical encore, dans la mesure où la notion de péché n’est pas seulement sociologique, elle est le refus d’une alliance et d’une révélation.

2. L’expression johannique emploie aussi le singulier pour dire le péché. Quel péché ? Les exégètes ont montré que pour Jean, le péché est le refus de connaître Dieu15. Le terme de monde désigne une collectivité qui se construit dans le refus de Dieu. Le monde ne connaît pas Dieu. L’expression de l’évangile de Jean étend donc à l’humanité entière l’expérience biblique du peuple élu, peuple pécheur qui a refusé de recevoir la parole de salut.

15 Cf. Marie-Emile BOISMARD et Arnaud LAMOUILLE, l’Evangile de Jean, Paris, édit. du Cerf, 1997, p. 91.


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