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La lecture chrétienne des Ecritures est caractérisée par la méthode mise en oeuvre par Paul. Celui-ci considère Adam comme une figure messianique, pour lui Adam est la figure du Christ Jésus. La typologie fonctionne selon une règle fondamentale : Un parallélisme et une opposition. Adam et le Christ ont ceci de commun : leur action a un retentissement universel ; mais ils sopposent en ce que lun donne une vie mortelle, lautre une vie qui participe à limmortalité de Dieu. Pour cette raison, Jésus est dit être le nouvel Adam. Cette typologie apparaît pour la première fois dans l'Epître aux Corinthiens (I Cor 15), à propos de la résurrection : le premier Adam a donné à ses descendants une nature mortelle ; le nouvel Adam les introduit dans lunivers des ressuscités. Lun et lautre sont principes, mais lun pour une «vie psychique», lautre pour une «vie pneumatique». Cette typologie est reprise dans l'Epître aux Romains. Paul ne s'attache pas à dire la qualité de la vie, mais lorigine du mal. Il considère ce qui s'est passé au commencement. La figure d'Adam permet à Paul de dire l'universalité du salut. Il établit un parallèle strict entre Adam et Jésus pour dire le lien entre tous et un seul17. Le premier Adam, principe de mort, soppose par parallélisme antithétique au nouvel Adam, principe de vie. Le texte établit également un lien entre le péché et la mort ; il précise le passage de la mort (et non du péché) de générations en générations (Rom 5, 19), ouvrant ainsi sur une considération sur le passage de la vie éternelle «de la foi à la foi». La dimension christologique de la Genèse se retrouve dans l'Epître aux Ephésiens, à propos du mariage. Pour Paul, la relation damour de lhomme et de la femme a pour archétype l'union du Christ et de l'Eglise, laquelle est annoncée de manière figurative dans la création de l'humanité mâle et femelle appelée à ne faire quune seule chair (Gn 1, 27-28). Pour Paul, le sens figuratif des textes de la Genèse est le sens fondamental. Les Ecritures annoncent la nouvelle et éternelle alliance. Pour cette raison, la notion de péché dAdam est très importante dans la tradition chrétienne. Il nest pas possible dévoquer ici toute la tradition. Nous nous contenterons des aspects qui concernent notre question, le lien avec les connaissances scientifiques avérées. 17 Cf. Stanislas LYONNET, «Le péché originel et l'exégèse de Rom 5, 12-14», Recherches de Science Religieuse, 44, 1956, p. 63-84 : Pierre GRELOT, «Péché originel et rédemption dans l'épître aux Romains», Nouvelle Revue Théologique, 90, 1968, p. 3337-362, 449-478, 598-621 ; ID., Péché originel et rédemption examinés à partir de l'épître aux Romains, Paris, 1993 ; ID., « Pour une lecture de Romains 5, 12-21», Nouvelle Revue théologique, 1994, n° 4, p. 495-512. |