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Depuis Galilée en matière de cosmologie, mais surtout depuis le développement de la théorie de lévolution appliquées à létude de lhominisation, l'exégèse moderne a été éveillée à la critique par les résultats des sciences de la nature. Il est clair que la Bible ne transmet pas un savoir intemporel, car les textes ont été écrits par des auteurs qui ont utilisé les connaissances disponibles de leur temps - ils n'ont pas été écrits sous la dictée de Dieu un texte qui contiendrait infailliblement toute vérité possible au plan historique et au plan scientifique, comme le reconnaît la Commission biblique pontificale dans la déclaration davril 1993. Le sens littéral est le sens que lécrivain biblique avait lintention dexprimer. Il sinsère dans une tradition plus vaste et sinscrit à un moment donné de la culture. Les premiers chapitres du livre de la Genèse sont le reflet de la situation et de la pensée qui était reçue au moment où ils ont été écrits dans une intention qui se reconnaît au genre littéraire. Le chapitre premier de la Genèse est sacerdotal ; il fonde l'ordre des observances religieuses qui expriment la foi d'Israël et le respect de l'Alliance. Les deux chapitres suivants relèvent du genre sapientiel. Ils rendent raison, par un récit étiologique, de la situation réelle du genre humain confronté difficultés de l'existence, malgré la Loi qui donne connaissance du bien et du mal. Ils répondent ainsi aux questions posées par les croyants : pourquoi l'homme et la femme, pourquoi la sexualité et l'amour, pourquoi le travail, pourquoi la difficulté de produire la nourriture, pourquoi la guerre entre les hommes et les animaux, pourquoi le serpent rusé et mortel ? A ces interrogations, le texte donne une réponse qui utilise une représentation du monde fondée sur une observation intelligente, mais prise dans le cadre de la pensée du temps. Adam a cependant une place particulière. Il est le père de tous les hommes. Aussi cette figure est nécessaire à lauteur dont lintention est dexprimer l'universalité du plan de Dieu pour sa gloire et le salut du monde. Cest donc légitimement que Paul a repris ces textes comme figure, dautant que la notion de salut est dans le récit de la Genèse messianique, selon la richesse de sens du texte appelé ensuite protévangile. |