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On relève habituellement que s. Thomas refuse de parler de corruption de la nature et présente une vision plus optimiste de lhumanité. Il reste cependant dans le cadre de lhéritage augustinien du récit canonique du péché originel ; il souligne que les dons de Dieu allaient au-delà de la nature et donc que leur perte n'entraîne pas une destruction de la nature humaine. La nature humaine est blessée parce qu'en perdant ce qui la surpassait et l'accomplissait, elle n'est pas restée à l'état premier de la création. Elle a été blessée - «vulneratus in naturalibus, spoliatus in gratuitis». Cette blessure a introduit un désordre et non une corruption radicale. Sans la Révélation, l'homme pourrait donc faire le bien, s'il agissait droitement selon sa conscience. Saint Thomas précise également que le péché n'est pas lié à la sexualité. La transmission du péché n'est pas liée à ce que lon a considéré comme un désordre de la sexualité, dans la mesure où elle échappe à la maîtrise de la raison. Saint Thomas reste au plan métaphysique, et raisonne en terme de nature. La génération transmet la même nature qui est commune aux parents et aux enfants. Depuis la faute d'Adam, de génération en génération se transmet une nature blessée et désorientée. La finitude et la non maîtrise absolue de la raison sur la sexualité, ne sont pas par nature du péché. S. Thomas récuse la notion augustinienne de concupiscence. Pour Augustin, le terme de concupiscence désigne le mouvement de l'appétit et du désir. Pour Thomas, le désir et l'appétit sont un donné qui ne devient un mal que si la volonté y consent en connaissance de cause et s'y engage librement. Mais en ce débat lapport de saint Thomas nous semble être le souci de traiter la question de lorigine du mal par une considération métaphysique. Il raisonne en terme de nature ce qui lui permet de prendre ses distances vis-à-vis dune lecture trop immédiate du récit du Péché originel. |