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Article : Mieux dire le péché originel grâce aux sciences de la nature
Auteur : Fr. Jean-Michel Maldamé op

    3. La nature et le péché

Le terme de péché doit donc être entendu au sens strict. Il est ce qui s’oppose à la volonté de Dieu et qui provient de la décision libre de l’homme prise en toute liberté.

Le terme de péché doit être entendu en ce sens. Il ne doit pas être confondu avec la condition humaine. Les études scientifiques qui font mieux connaître l’émergence de l’homme montrent que la condition humaine manifeste une nature qui ne saurait s'entendre naïvement selon une philosophie essentialiste qui ignore l'histoire. La notion de nature ne saurait ignorer ce qui est appris par l'histoire et les connaissances anthropologiques qui étendent les connaissances bien au-delà de ce qui était connu jusqu’au siècle précédent.

La distinction entre le péché et la nature humaine permet d’éviter la confusion entre finitude et nature qui est hélas commune22.

La nature humaine est finie ; elle est inscrite dans un monde où les événements sont contingents. Cette situation n’est en rien mauvaise, elle est particulière. La reconnaître brise avec un rêve de toute-puissance. La réflexion sur la possibilité du péché le manifeste.

Il reste que tout acte humain libre place devant une énigme que la raison ne peut pas saisir. Les psychologues parlent de passage à l’acte à propos du mal commis. Cela place devant l’abîme de la perversion et du délire qui est traduit dans le langage du mythe en terme de possession. Au plan de l’analyse métaphysique, il convient de relever que le péché de l’homme ouvre sur l’énigme du mal qui ne se réduit pas à être un simple défaut. Pour être fidèle au souci de ne pas diviser la vérité, il convient de savoir user de la richesse de sens du terme péché et de ne plus identifier naïvement péché originel et premier péché, évitant ainsi de fantasmer sur la vie spirituelle de l’homo erectus ou des néandertaliens, et de tomber dans la naïveté du mythe.

22 La confusion entre finitude et péché nous sépare de la thèse de Gustave MARTELET, Libre réponse à un scandale. La faute originelle, la souffrance et la mort, «Théologie», Paris, édit. du Cerf, 1986.


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