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1. La notion de péché du monde relève l'unité de l'humanité dans le bien et dans le mal. Elle est corrélative d'une théologie de la communion des saints. Elle exprime la solidarité des hommes entre eux, non seulement dans les institutions construites par l'homme, mais comme un donné premier dans une universalité et une profondeur plus vaste. Elle nest pas remise en cause par les découvertes scientifiques. Au contraire, celles-ci montrent lunité de lhumanité et souligne que l'homme devient humain en humanité. Le petit d'homme venant au monde reçoit en héritage le meilleur et le pire. Il profite de ce qui est bon ; mais il doit assumer ce qui est mauvais. Il fait ainsi partie de l'éducation de trier entre les bonnes et les mauvaises influences. A cette tâche la sainteté chrétienne a manifesté sa lucidité et sa générosité, dans le combat pour la dignité de lhomme. La notion de péché du monde est aussi liée à une perspective eschatologique. C'est à la lumière de ce qui est à venir que se juge le présent. Le péché du monde est manifesté par le salut en Jésus-Christ. C'est dans le pardon que le péché est révélé. C'est dans l'avènement du monde nouveau commencé en Jésus-Christ que se comprend le péché du monde. C'est à partir de l'achèvement que se comprend le manque. Aussi la notion de péché du monde vient-elle au terme d'une longue histoire où peu à peu la conscience du bien s'est affinée, au point de rendre le mal intolérable. C'est quand Jésus détruit le péché du monde que celui-ci apparaît pour ce qu'il est. 2. La notion de péché d'Adam se réfère à la théologie biblique, selon laquelle Adam est le patriarche de l'humanité. Elle est remise en cause par les résultats scientifiques. Les textes bibliques ne nous disent rien qui puisse compléter l'arbre généalogique de l'humanité. Ils ne nomment pas un être qui pourrait trouver place dans le phylum qui a abouti à l'homme moderne. La Bible ne décrit pas un point de bifurcation entre deux lignées d'hominidés. Tout concordisme est vain. Est-ce que la non historicité des textes de la Genèse implique que toutes les références faites à ce texte doivent être écartées ? Non, parce que, comme nous lavons montré plus haut, la lecture chrétienne des premiers chapitres est fondamentalement typologique. Or le rapport entre le type et l'antitype (entre la figure et la réalité) nimpose pas une même qualité d'existence entre les réalités qui se correspondent. La signification du texte prime sur lhistoricité de son contenu. On peut donc lire le texte de l'épître aux Romains et lui donner la plénitude de son sens théologique, même si la référence à Adam ne peut être entendue aujourdhui comme l'attestation de l'existence historique d'un individu réel. Ainsi la lecture spécifiquement chrétienne qui lit les premiers chapitres de la Genèse comme une prophétie du Christ doit être valorisée et privilégiée. La nécessaire réserve sur laspect historique d'Adam n'enlève rien à la typologie. Pour cette raison, le déplacement dû aux connaissances paléontologiques n'enlève rien à la valeur fondatrice du texte de Paul. La confrontation avec les sciences invite simplement à reconnaître que la théologie de Paul puise dans une culture qui n'est plus la nôtre. L'histoire est plus ample que ce qu'il pouvait imaginer.
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