Conclusion
La question du péché originel parce qu'elle est celle de l'origine reste inaccessible ; le mythe ne saurait devenir transparent à la raison. Aussi le langage du péché originel relève du symbole. Il doit être lu avec profondeur dans cette perspective. Il dit quelque chose qui ne pourrait être bien dit autrement.
La notion théologique de péché originel relève de plusieurs traités de la théologie. Elle y joue des rôles spécifiques. En morale, elle justifie le malheur du monde et la difficulté de conversion des justes. En christologie, elle sert à montrer la nécessité du salut et l'universalité du salut. En théologie, elle introduit une vision chrétienne de l'histoire. En anthropologie, elle fonde l'importance du libre arbitre. Il n'est pas une maladie génétique qui aurait introduit une déficience dans l'espèce humaine. En ecclésiologie, elle justifie la nécessité du baptême pour les nouveau-nés. L'expression de péché originel met en jeu un ensemble de prises de positions globales. Parce qu'elle touche à l'origine, elle engage la question de l'identité, comme le montre notre étude à partir des sciences. Celles-ci ont apporté des éléments nouveaux dont il faut tenir compte.
Le terme qui relève d'un récit mythologique, ne laisse pas d'être imparfait aux yeux d'une théologie rationnelle. Au sens strict la notion de péché originel désigne ce qui est originel dans le péché ou l'horizon originel du péché. L'expression a un sens spécifique qui ne se confond pas avec les notions de péché d'Adam ni de péché du monde, même si ces expressions se recoupent largement. Il faut placer ces notions dans leur spécificité et leur différence sans vouloir les réduire dans une même rationalité. Plus encore leurs différences invitent à sortir du plan où elle se recoupent, pour aller vers un au-delà de ce que la raison humaine peut saisir : un Dieu saint qui se révèle en son Fils et habite l'intime du coeur par son Esprit.
Dernière mise à jour le 4 octobre 1997