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10 - Le chrétien et le juif jouissent-ils dun statut spécial dans la cité musulmane ?
Oui : ils font partie des « Gens de lEcriture ».
Durant tout le moyen-âge, la Loi prévoyait pour eux un statut spécial de protégé. Ils devaient payer un impôt spécial de protégé ; ils devaient occuper une place de second rang, avec parfois des discriminations dordre vestimentaire (couleurs) ou social (interdiction de monter à cheval).
Les états modernes ont supprimé ces discriminations et proclamé légalité entre les citoyens. Les anciens habitants du pays devenus minorités religieuses naspirent quà une égalité réelle entre tous les citoyens. Ils veulent légalité, et non pas être lobjet de tolérance dans leur propre pays. Malgré les protestations officielles, légalité réelle a du mal à sétablir ; doù les émigrations.
Cest un problème très délicat qui se retrouve dans tous les pays du monde entre les groupes sociaux qui ont le pouvoir et ceux qui ne lont pas. Il serait injuste dattribuer à lIslam seul ce qui relève dun problème sociologique de minorité. Le tout se complique dune incertitude de statistiques ; si les chiffres très forts de population donnés par les minorités étaient exacts, la proportion des postes qui leur sont accordés serait bien basse, mais ces chiffres sont contestés par les autorités musulmanes, par exemple en Egypte, où le gouvernement donne une proportion de 7% de coptes, alors que ces derniers se disent 15 ou 20%.
Mais, quoi quil en soit, la loi musulmane nétait pas pour légalité réelle entre tous les citoyens. Si les courants fondamentalistes qui veulent aujourdhui rétablir la loi musulmane dans son intégrisme médiéval arrivaient au pouvoir, cette loi traditionnelle risque de remettre en vigueur des discriminations en grande partie oubliées.
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