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Cours de théologie morale : la Charité --- Auteur : P. Michel LABOURDETTE op
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Le latin de la Vulgate traduit exactement la différence entre philein et agapan en rendant le premier par amare, le second par diligere. C'est la même nuance qui existe entre l'affection éprouvée, ressentie, et le choix. Cicéron écrit par exemple : Ut scias illum a me non solum diligi, verum etiam amari - je ne l'aime pas seulement, je le chéris (Epist. famil., XIII, 47). C'est un amour ressenti, je suis pris par lui. Quant au substantif agapè, ce n'est pas dilectio qui va le traduire le plus souvent, c'est un mot d'une autre venue et qui sera son équivalent dans la langue latine chrétienne : caritas. Au contraire de ce que nous disions pour le grec, c'était ici un mot déjà courant. Il vient de carus , cher, en tous les sens que nous donnons à ce mot, car caritas a donné aussi bien cherté (caritas annonae : la cherté des vivres) que charité. Dans le latin profane, caritas avait un sens plus noble qu'amor. Cicéron : Quand nous parlons des dieux ou des parents, de la patrie, des hommes éminents, nous employons de préférence le mot caritas ; s'il s'agit des époux, des enfants, des frères et de nos familiers, c'est amor qui convient le mieux (Partitiones orat. 88). Dans la langue chrétienne, caritas va se charger de tous les sens de l'agapè biblique et en devenir l'exact équivalent, comme gratia traduit charis. Il garde néanmoins de son étymologie (carus) une nuance plus marquée d'affection, d'appréciation à un grand prix. Nous verrons comment S. Thomas compare et distingue, dans la langue théologique, amor, dilectio, caritas et amicitia. |