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- Cours anciens -
Cours de théologie morale : la Charité --- Auteur : P. Michel LABOURDETTE op


    C - Le vocabulaire français

Le français ne possède pas toutes ces nuances. Le même mot aimer traduit aussi bien “ agapè - diligere ” que “ philein - amare ”. Chérir exprimait assez bien ce deuxième terme, mais son étymologie le rapproche de charité qui se rattache au premier groupe : il a d'ailleurs pris à l'usage quelque chose d'un peu mièvre qui limite notablement son emploi à des cas de particulière tendresse. Affectionner, qui n'est pas très beau, reste faible.

[4] Le mot charité lui-même, en dehors de la langue théologique (si peu française encore !) s'est dévalué et n'évoque pour bien des auditeurs que l'idée d'aumône ou d'œuvres de bienfaisance et de philanthropie ; on ne comprend plus guère qu'elle s'adresse à Dieu ou qu'elle implique un sentiment ou un acte intérieur ; aussi a-t-on toujours besoin de rappeler que la charité est essentiellement un amour. Le mot le plus large reste aussi pour nous le plus expressif ; nous ne disons pas : la charité de Dieu ou la dilection de Dieu, mais l'amour de Dieu et du prochain. Ce n'est pas sans possibilité d'équivoques pour certaines oreilles ; mais la tradition en est bien établie. Quant à amitié, ou bien il a un sens trop faible, ou bien il est restreint au cas particulier de l'amitié élective dont le propre est de ne pouvoir être largement partagée.


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