- Cours anciens -
Cours de théologie morale : la Charité --- Auteur : P. Michel LABOURDETTE op
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Annotation L'article reprend un raisonnement que nous connaissons déjà et qui, après les explications données, ne fait pas, je crois, de difficulté spéciale : les vertus théologales. sont supérieures aux vertus morales, parce qu'elles atteignent Dieu lui-même comme Objet : parmi les théologales, la charité a cette prééminence qu'elle se porte à Dieu à raison de Dieu et pour Dieu même, alors que la foi en attend la connaissance du vrai et l'espérance la possession de la béatitude. Notez seulement l'ad lm. Il explique pourquoi aimer Dieu vaut mieux que le connaître, encore qu'il faille déjà le connaître pour pouvoir l'aimer et que l'amour incline à la mieux connaître. C'est que la connaissance s'accomplit au niveau de celui qui connaît, l'amour au niveau de ce qu'on aime. Cajetan fait remarquer qu'au ciel les conditions seront changées et la raison ici donnée ne vaudra plus. Par un privilège singulier de la vision béatifique, la connaissance se fera au niveau de Dieu même, à sa propre lumière, et sans donner à l'essence divine aucun être intentionnel et supplétif dans notre esprit : ni comme espèce impresse, ni comme verbe. Il n'y aura pas d'autre verbe que le Verbe de Dieu, pas d'autre terme auquel l'intelligence s'assimile que l'essence divine. Nous ne l'abaisserons pas à nous pour la connaître à notre manière, elle nous élèvera pleinement à elle. La connaissance alors reprendra sa primauté, elle sera plus unissante que l'amour. « Intellige hoc de cognitione et intellectione viae, ubi dilectio ad Deum in seipso, cognitio autem Deum in nobis per speciem attingit. In patria autem secus est, ubi tam visio quam dilectio Deum secundum se attingit ». [49] |