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Cours de théologie morale : la Charité --- Auteur : P. Michel LABOURDETTE op
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Annotation Ce qui embrouille passablement le problème que nous étudions, c'est qu'aux difficultés réelles s'ajoutent les difficultés d'un vocabulaire subtil, un peu flottant, et le fait que S. Thomas, comme il fait souvent, s'efforce de garder au maximum les expressions de S. Augustin, alors même qu'il propose de sérieux correctifs à sa pensée, ou du moins lui apporte de notables précisions. Au plan du vocabulaire, il s'agit de l'attribution du mot vertu et de la portée qu'il faut donner à l'expression « vraie vertu » ; au plan de l'histoire, on voudrait garder le langage de S. Augustin tout en montrant que la nature reste capable d'un vrai bien moral et pas seulement de vertus [51] apparentes ; au plan du réel, il s'agit de savoir jusqu'où peut atteindre une réussite morale humaine sans la charité. Je crois que si l'on discerne ces diverses incidences, on trouve chez S. Thomas une position parfaitement nette et qui rejoint facilement celle qu'il a maintes fois exposée dans des textes parallèles, mais pas toujours avec autant de nuances, de sorte qu'à les considérer à part on pourrait le faire pencher tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre. Ajoutons que le débat ne pouvait manquer d'être repris dans la tradition thomiste et que nous le recevons des commentateurs en des termes plus évolués, ou qui en tout cas veulent être plus précis, et dont il faut bien comprendre le sens. On aurait beau vouloir les mettre entre parenthèses, leurs expressions se sont incorporées au problème et on est bien obligé d'en tenir compte. C'est ce qui va nous obliger à consacrer une première partie à des précisions de vocabulaire et de notions où nous devons reprendre toute la technique scolastique du traité des habitus et des vertus ; j'hésite d'autant moins à le faire, d'ailleurs brièvement, que la question suivante nous reportera au même traité et demandera plus de précisions encore. |